La polémique qui entoure Amnistie internationale, le PQ et Marie-Ève Cotton n’est rien d’autre que l’exemple patent du gauchisme structurel qui traverse la société québécoise et ses institutions à tous les niveaux. Ce cas pourrait même être considéré comme l’archétype par excellence du fonctionnement de ce système.
Le gauchisme structurel de la société québécoise doit être vu comme une matrice idéologique éparse, qui rassemble différentes factions du courant postmoderne, et qui se déploie de manière transversale dans la sphère publique, les institutions et la société civile par percolation, de proche en proche.
C’est le fonctionnement normal depuis longtemps au Québec (et du Canada institutionnel aussi), mais il s’est amplifié pour plusieurs raisons qui seraient trop longues à expliquer ici. Disons simplement que l’émergence du wokisme dans les années 2010 en est un facteur prépondérant.
Le PQ : l’ennemi à abattre
La psychiatre Cotton pratique sa profession de manière idéologique, étant fervente des théories du genre et du racisme systémique. Elle accepte difficilement qu’on puisse les questionner, les critiquer ou les remettre en question. Elle s’en fait la grande défenderesse sur les réseaux sociaux. Elle semble aussi enjouée de l’immigration excessive que le Québec a subi dans les dernières années. Comme le disait Freud, nous avons tous nos petites névroses. Mais peut-être est-ce plus profond dans son cas — sentant qu’attaquer certains préceptes sur lesquels repose sa pratique — ce serait comme attaquer ce qu’elle représente ? Allez savoir.
Elle a néanmoins publié sur les réseaux sociaux des centaines de messages qui critiquent le Parti Québécois, son chef et certains de ses partisans. Pour être tout à fait honnête, sa page Facebook ne sert pratiquement qu’à cela : ça semble obsessionnel. Il va de soi que la critique est normale en société démocratique, puisque la liberté d’expression est une valeur cardinale. Mais la docteure Cotton a un statut particulier et doit peser ses mots lorsqu’elle s’exprime. Elle est tenue par un code déontologique et elle ne peut dissocier ses prises de positions politiques à titre de citoyenne de son titre, qui revêt une forme d’autorité et qui a des implications médico-légales.
Ainsi, lorsqu’elle dit de Jean-François Lisée, ex-chef du PQ, qu’il doit faire « un gros travail psychologique » et qu’il souffre « d’insécurité personnelle », on est en droit de se demander si c’est la psy qui parle ou la citoyenne. Lorsqu’elle dit de PSPP qu’il est trop fragile mentalement pour gouverner le Québec, c’est assez ambigu pour des propos publics d’une psychiatre.
Bref, s’en est suivi une série de plaintes au Collège des médecins qui n’ont abouti à rien.
Gauchisme structurel
Lorsqu’on affirme que ce cas est un archétype, c’est parce qu’il présente l’ensemble des éléments stéréotypés qui cochent toutes les cases des critères du gauchisme structurel. Une psychiatre woke fait une obsession sur le PQ et relaie son vitriol sur les réseaux sociaux. D’où vient le wokisme ? Il émane de prime abord des universités. Il est un courant de pensée qui émerge sur la scène de l’histoire comme l’extension, la radicalisation et la spécialisation du postmodernisme. On peut dire de lui qu’il a investi l’ensemble des disciplines des sciences sociales. Gare à l’étudiant et au professeur universitaire qui ne seraient pas d’obédience gauchiste et qui n’endosseraient pas les pratiques et les idées wokes, car ils risquent sérieusement la cancellation et l’intimidation, voire des gestes violents à leur égard.
Il semblerait que la psychiatrie n’ait pas échappé à la redéfinition de sa pratique sous le prisme du wokisme, notamment avec la théorie du genre et du racisme systémique. C’est donc de l’université, institution phare de la détermination des idées qui circulent en société, que proviennent les concepts que Cotton met de l’avant dans sa critique du PQ. Des générations d’étudiants passent par l’université et sont contaminées aux théories gauchistes depuis longtemps. Ceux-ci intègrent ensuite le marché du travail avec le logiciel woke en tête, et, de proche en proche, les idées percolent socialement dans différentes sphères.
C’est probablement une des raisons pour lesquelles le milieu journalistique peine à faire preuve d’objectivité aujourd’hui. Le wokisme est aussi un militantisme de tous les instants. Les idées cheminent et forment des réseaux entre leurs tenants. Ainsi, entre les universités wokes et les médias, il n’y a qu’un pas à franchir. Entre les syndicats et les antifas — nourrit au petit lait de tous les ismes de la terre — les accointances ne sont que le prolongement de leur fréquentation commune, tant intellectuelle que par percolation de leur personnel.
À cela, il faut ajouter les obligations gouvernementales et les impératifs institutionnels qui viennent avec toutes sortes de formations pour les travailleurs. C’est ce qu’on appelle les formations EDI (équité, diversité, inclusion). Mais sous ce vocable noble se cache en fait un processus d’endoctrinement des esprits au pur jus wokiste : biais inconscients, anti-racisme (qui n’est en fait rien d’autre que la culpabilité du soi-disant privilège blanc), milieu de travail inclusif, intersectionnalité, décolonisation, sensibilité à l’identité de genre, etc. Travailler en 2026 au Québec, ce n’est plus uniquement travailler. Ça vient avec un programme de rééducation mentale pour la fonction publique et parapublique; les grandes compagnies comme les banques, les cabinets, les entreprises de la tech; les organismes communautaires et les syndicats; les ordres professionnels; les cégeps et les universités; les médias et le monde de la culture, etc.
L’archétype
Si vous vouliez détruire une civilisation, un peuple ou une nation, vous n’auriez pas pu faire mieux. Ce à quoi nous assistons, c’est à une opération de reconfiguration du paradigme dominant de la pensée communément admise en société, par un processus intergénérationnel de détestation de soi pour la majorité blanche et hétérosexuelle, au profit de l’idolâtrie de toute catégorie de minorités, qu’elle soit sexuelle, de genre, ethnique, culturelle, etc. Le nationalisme et l’amour de la patrie sont vus comme des archaïsmes.
Ainsi, dans toute cette histoire entourant Marie-Ève Cotton, Amnistie internationale et le PQ, doit-on se surprendre de la réaction des personnes et des institutions déterminées par le gauchisme structurel ? Bien sûr que non, une psychiatre woke qui critique le PQ sur l’immigration et la théorie du genre, se plaint à un organisme woke qui émet un communiqué, lequel est repris par Le Devoir woke pour en faire un article. Cotton, Amnistie et Le Devoir partagent tous le même logiciel intellectuel (à des degrés différents) qui participe à cette structure de la gauchisation de la société québécoise.
Le timing de cette sortie est un réel coup de cochon à l’égard du PQ, soit dit en passant. Et la nature du communiqué d’Amnistie internationale qui soutient que le PQ est dans une dérive autoritaire s’avère tout simplement risible.
Amnistie n’avait même pas utilisé le mot autoritarisme durant la pandémie de COVID-19 pour qualifier la situation, alors que l’État d’urgence a été renouvelé aux dix jours pendant environ deux ans, alors que l’Assemblée nationale ne siégeait pas, alors que le peuple a été soumis à des couvre-feux (des mesures qu’on impose à des criminels généralement ou qu’on voit en temps de guerre), alors qu’on ne pouvait circuler d’une zone de couleur à l’autre — brimant le droit à la libre circulation des individus — et alors qu’on devait avoir un passeport vaccinal pour accéder à certains lieux publics. Ça, d’un point de vue de la science politique, ça se qualifie amplement dans la définition de l’autoritarisme. Amnistie internationale a perdu en crédibilité en défendant ainsi les dérives de Cotton.











