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Rubio à Athènes : l’Occident doit renouer avec la grandeur

Crédit photo : Substack du Département d’État américain

Le discours du Secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, devant l’Acropole à Athènes, n’est pas le symbole des vestiges de l’Occident, mais un appel à se remémorer qui nous sommes, pour permettre aux nations de s’extirper du marasme qui les accable et retrouver leur gloire de jadis.

Rubio s’est rendu en Grèce dans le cadre d’une tournée officielle auprès des alliés de l’OTAN, le 7 octobre. Son discours devant l’Acropole n’était autre qu’un véritable appel au retour des nations : un appel à ce colosse au pied d’argile qu’est l’Occident à se souvenir qui il est.

Ce discours s’inscrit clairement dans la dynamique géopolitique qui est la nôtre aujourd’hui : celle du réalisme contre le globalisme. Et le réalisme s’incarne justement par l’exercice de la souveraineté des États, par la projection de leur puissance et par la conservation de leur fondement, c’est-à-dire un nationalisme qui s’assume et qui embrasse pleinement sa tradition, sa culture et son peuple.

Autrement dit, Rubio rappelle la question de l’être dans le monde comme sujet politique d’un peuple qui appartient à une nation et plus largement à une civilisation. À cet égard, il s’oppose à l’hégémon du globalisme. 

« Le mot nationalisme est devenu un mot sale. Nous avons donc mis à bas nos monuments et condamné notre propre histoire. Et dans beaucoup trop d’endroits, nous avons enseigné à nos enfants à avoir honte des pays dont ils hériteront. Ce faisant, nous avons ouvert nos frontières, délocalisé notre industrie et laissé nos forces armées s’étioler et péricliter. Année après année, nous avons semblé déléguer une part croissante de notre souveraineté, transférant nos décisions à des bureaucraties mondiales hors de notre portée et de notre contrôle », a déclaré le Secrétaire d’État.

La Grèce : un rappel de la gloire occidentale

Un des éléments les plus significatifs du discours de Rubio s’inscrit dans ce rappel que la formation des États-Unis en tant que pays, en tant qu’État-nation, puise à même les racines de la Grèce antique. Il souligne, à juste titre, que l’auteur le plus cité du Fédéraliste est Plutarque. (The Federalist Papers est un recueil de 85 essais publiés en 1787-1788 par Alexander Hamilton, James Madison et John Jay pour défendre la ratification de la Constitution des États-Unis.)

L’Occident doit à la Grèce ses institutions, ses idées et ses mots. Athènes nous a donné la démocratie, nous dit-il, tout comme les idées de lois, de vertus, de citoyenneté, et de république ont été formées à même la cité-état grecque. 

Mais plus profondément, Rubio nous ramène encore et toujours à la question du sujet. « Qu’es-tu devenu, homme de l’Occident ? », tente-t-il de nous dire et redire. Car les idées et les institutions dont nous sommes porteurs sont révélatrices de notre caractère en tant que peuple, en tant que nation, en tant que sujet au monde appartenant à une civilisation. 

« Ces institutions et ces idées étaient l’expression extérieure de qualités plus fondamentales que l’on observe chez les anciens Grecs […]. Elles étaient les caractéristiques d’un peuple – exprimées dans ses traditions, ses récits, son imaginaire ; dans les qualités qu’il exigeait de ses citoyens ; dans les causes pour lesquelles il vivait, combattait et mourait », a-t-il expliqué, soulignant que les connaître, c’est se connaître soi-même. 

Ainsi, l’esprit de l’homme occidental est né en Grèce et s’est transmis à travers les siècles : les maths, la science, la médecine, la philosophie, l’éthique et même la religion, mentionne le Secrétaire d’État Rubio, puisque cela a permis de paver la voie aux Évangiles pour trouver un terreau fertile en Europe, où ils ont « fleuri dans l’empire de la Chrétienté ».

Ce miroir de notre passé millénaire que tend Rubio — qui était une influence directe et présente jusqu’à tout récemment dans l’histoire moderne — reflète d’autant plus la déformation et la perte de sens de notre époque. 

Un retour aux sources pour l’homme d’aujourd’hui

En posant les bases de la civilisation qui est la nôtre, les Grecs n’ont pas uniquement créé une culture, mais une anthropologie : « une vue commune de l’homme et de sa place dans l’univers ».

« Leurs descendants partageraient non seulement l’idée d’un ordre naturel, mais aussi une conception singulière de la vertu, du destin et de la fatalité, de la vérité, du bien et du beau, d’un code dictant la manière dont les hommes doivent vivre, ainsi que de normes objectives et d’idéaux vers lesquels tendre », a affirmé Rubio, devant ce décor bucolique de l’Acropole, car pour les Grecs, le beau, le bien et le juste ne faisaient qu’un.

Et précisément, le péril auquel les peuples de l’Occident font face aujourd’hui n’est nul autre que la perte de cette anthropologie millénaire qui s’est désagrégée en quelques décennies.

« De nos jours, nous avons trop souvent tendance à niveler par le bas. Nous concevons nos normes de manière à ce que personne ne soit perdant ; nous nous soucions davantage du confort des moins performants que du potentiel des meilleurs. Nous prenons en otage ce que nous avons de plus exceptionnel au nom du moyen, de l’ordinaire et du médiocre », a-t-il soutenu.

Et il a raison! Tout le courant woke en est le reflet ; nos systèmes de justice favorisent la réinsertion sociale, la remise en liberté et la diminution des peines au point où ils ne protègent plus adéquatement la société ; nos établissements d’enseignement nivèlent vers le bas pour accommoder les élèves les moins bons ; nos frontières ne sont plus protégées et n’importe qui peut les traverser comme cela leur semble ; notre système d’immigration est brisé et instrumentalisé, tout comme les demandes d’asile au Canada, où nous accueillons des tonnes de faux demandeurs qui doivent ensuite être pris en charge par le filet social et qui coûtent une fortune au trésor public. Et que dire de nos gouvernements, gangrénés qu’ils sont par des bureaucraties lourdes et ineffectives, où plus rien ne peut être accompli normalement. La liste est encore longue. 

Ce à quoi nous invite Rubio, c’est à un retour à l’excellence, un retour à la fierté de nos nations dans la tradition anthropologique de l’Occident sans réprobation pour notre culture, notre histoire, nos valeurs et nos mœurs. 

« Ensemble, nous devons désormais retrouver cet esprit. Nous nous trouvons à un tournant décisif – un tournant non seulement pour l’histoire de ma nation, mais pour notre civilisation tout entière. » 

Que fait le Secrétaire d’État américain avec cette phrase ? Il invite les nations de l’Occident à se détourner du globalisme et à redécouvrir et promouvoir le sujet politique de l’homme ancien pour en faire celui de nos contemporains. 

« Les intérêts nationaux ne se sont pas volatilisés face aux institutions internationales », a soutenu Marco Rubio, avant de tendre la main au monde. 

« Il nous faut donc reconstruire nos institutions et nos alliances pour affronter ensemble ces menaces, […] les nations n’ont pas besoin de renoncer à leur identité propre pour reconnaître leurs intérêts communs. »

 

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Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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