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L’Australie, comme le canari dans la mine de l’Occident pour la liberté d’expression

L’Australie est en voie d’adopter une loi sur le contrôle de l’Internet digne d’un pays totalitaire, croit Michael Shellenberger, un des journalistes de la saga des Twitter files, en promulguant un texte qui va agir comme un instrument de censure politique sous prétexte de protéger les enfants de contenus inappropriés. 

La Loi sur l’obligation numérique de bienveillance (Digital Duty of Care) qui a été introduite au parlement australien jeudi dernier a été qualifiée par Shellenberger de totalitaire et antinomique aux valeurs occidentales. 

Essentiellement, la loi va faire reposer sur les épaules des plateformes l’obligation de contrôler les contenus en ligne afin d’introduire des standards de sécurité définis par le législateur. Elle laisse cependant des termes bien définis à la discrétion de l’interprétation de l’eSafety Commissioner, notamment en ce qui a trait au matériel présentant des menaces sérieuses (serious harmful material). La section 25D de la loi énumère ce qui constitue une conduite ou du matériel pouvant présenter une menace sérieuse, comme les violences sexuelles ou du contenu qui incite à la violence, mais certains points sont plus délicats quant aux pouvoirs discrétionnaires.

Premièrement, « du matériel ou des comportements encourageant, promouvant, incitant à la violence fondée sur le genre ou donnant des instructions à ce sujet », et deuxièmement, « du matériel ou des comportements raisonnablement susceptibles de causer un préjudice grave en menaçant ou en harcelant une personne ». Or, comme Shellenberger l’a mentionné dans l’article du journal The Australian, cela constitue une volonté de s’approprier ce qui peut être dit en ligne de manière arbitraire. « Ce qui est le plus choquant, c’est l’immense tentative d’accaparement du pouvoir visant à définir ce qui constitue un préjudice grave. »

Le texte de loi ne définit pas spécifiquement le préjudice grave, il laisse une marge de manœuvre à l’interprétation de la Commission, d’où le risque d’instrumentalisation. 

Cela fait dire à Shellenberger, « qu’il n’y a pas de raisons pour cette proposition », mais que le gouvernement essaie plutôt de contrôler l’environnement informationnel parce qu’il « n’aime pas comment se comportent les électeurs ».

Cette loi ressemble au projet de loi canadien C-34, qui est lui aussi reconnu pour vouloir protéger les enfants en ligne, tout en créant la Commission canadienne de la sécurité numérique. Et tant la loi canadienne que la loi australienne octroient des pouvoirs discrétionnaires sur la régulation des discours en ligne à une commission dont les dirigeants sont nommés par les gouvernements.

Mais il y a plus. Le projet de loi australien prévoit d’octroyer le droit à la eSafety Commissioner d’utiliser de faux comptes, de fausses identités en ligne (sock puppet identities) pour exercer ses fonctions. Cela signifie qu’une commission de l’État australien pourra disposer de robots sur le web pour engager le dialogue avec les citoyens. Il semblerait que l’intention derrière de tels agissements soit de contrôler les plateformes de manière anonyme afin de voir si elles respectent les conditions de la loi, mais aussi à « soutenir, encourager, mener, accréditer et évaluer les programmes éducatifs, promotionnels et de sensibilisation communautaire pertinents en matière de sécurité en ligne pour les Australiens ». 

Donc, pour quelqu’un qui sait lire entre les lignes, ça veut carrément dire utiliser des « bots » pour mener des activités de propagande par l’entremise d’une commission gouvernementale. 

Et dans le domaine du contrôle du web et des lois liberticides, l’Australie a une longueur d’avance sur les autres pays de l’Occident. Elle est le canari dans la mine qui signale aux populations des pays avec à leur tête des dirigeants qui appartiennent à la classe globaliste leur propre avenir.

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À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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