François Legault laisse un piètre héritage politique derrière lui en tant que premier ministre du Québec. Son premier mandat (2018-2022) aura donné lieu au seul gouvernement autoritaire de l’histoire moderne du Québec durant la pandémie de COVID-19, et la législature en cours a été marquée par les flips-flops financiers des grands projets industriels et commerciaux, cumulant des pertes qui se chiffre en milliards.
François Legault a fondé la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2011, mais il faudra attendre le 1er octobre 2018 avant que sa formation politique ne prenne le pouvoir. Les Québécois sortaient de près de 15 ans de gouvernance libérale, avec un petit intermède péquiste de 2012 à 2014, et en avaient assez des scandales de l’ère Charest et du multiculturalisme de l’ère Couillard.
La CAQ s’était faite élire avec la promesse d’un renouveau nationaliste, mais aura tenté de ménager la chèvre et le chou, donnant des résultats mitigés. On pense à la Loi 9 sur la refonte de l’immigration, à la Loi 21 sur la laïcité de l’État ou encore à la Loi 96 sur la langue officielle du Québec.
La vérité, c’est qu’avec une majorité parlementaire, ce gouvernement aurait pu faire bien plus d’un point de vue nationaliste, mais n’a pas osé. C’est sous l’égide de la CAQ que le Québec a subi l’immigration de masse. Même si une partie de ce fiasco revient à Ottawa, la CAQ a été molle, voire peureuse, pour ne pas déplaire au patronat qui veut toujours plus de main-d’œuvre bon marché. Il y a des nuances à apporter en ce qui a trait à l’emploi des travailleurs agricoles en région, mais autrement, l’immigration n’a pas été bien gérée à Québec ni à Ottawa, depuis que la CAQ est au pouvoir.
Autoritarisme
Un des moments les plus déplorables de la gouvernance caquiste s’inscrit dans le déni démocratique durant la pandémie de COVID-19. Sans l’ombre d’un doute, ce gouvernement a versé dans l’autoritarisme sanitaire. Il importe de se remémorer que la CAQ a gouverné le Québec par décrets durant plus de deux ans, de mars 2020 à juin 2022, en renouvelant l’État d’urgence sanitaire aux 10 jours! Elle a littéralement court-circuité le processus démocratique et la reddition de compte en ne permettant pas à l’Assemblée nationale de siéger normalement.
Il faut également considérer le déni des droits : les interdictions de circuler d’une région à l’autre, les couvre-feux après 20 h, les interdictions de se réunir chez soi, même pendant les Fêtes, la fermeture forcée des commerces jugés non essentiels, ce qui a estropié l’économie du Québec sans pareil, la crise des CHSLD et tous les décès qu’elle a entrainés, ainsi que l’impossibilité de célébrer les rites funéraires et matrimoniaux de manière normale. La liste pourrait continuer comme ça longtemps. Plusieurs des politiques sanitaires mentionnées ci-haut contreviennent aux droits et libertés garantis par la Constitution de 1982. Ce à quoi on doit ajouter plusieurs milliards de dollars accordés en contrats sans appel d’offres pour de l’équipement médical!
On peut facilement assumer que c’est parce qu’il y a eu des pressions politiques venant du bas que la situation est revenue normale, c’est-à-dire les convois des camionneurs à Ottawa et Québec!
Flip-flops financier
Vient ensuite le second mandat majoritaire du gouvernement Legault, où les flips-flops financiers ne se comptent plus sur les doigts des deux mains. Cette période débute avec la 43e législature en novembre 2022 et elle est marquée par le retour de Pierre Fitzgibbon, lui qui avait été puni et démis de son poste de ministre pour conflit d’intérêts. Il revient comme ministre de l’Économie, mais les débâcles des grands projets de ce gouvernement s’enchaînent les uns après les autres, et il en porte autant le blâme que le premier ministre.
Les pertes se chiffre en centaine de millions: Northvolt entre 500-700M$, Recyclage Carbone Varennes environ 300M$, Lion Électrique environ 200M$, Taïga Motors environ 65M$, sans compter Enerkem pour les biocarburants qui est en difficulté, tout comme Lithion et Nemaska Lithium dans laquelle le gouvernement Legault a injecté près d’un milliard. Ce à quoi on doit ajouter les piètres résultats d’Investissement Québec, soit les pertes liées aux investissements de l’idéologie écologiste (environ un milliard) et le scandale SAAQclic avec 1,1 milliard de dollars, pour une infrastructure informatique.
Cette liste n’est pas exhaustive et il y a plusieurs autres projets de plus petites envergures qui se retrouvent dans la même situation que ceux mentionnés ci-haut. Ils doivent se chiffrer en dizaines de millions.
François Legault parlait de la moyenne au bâton lorsque vient le temps d’investir, on se demande s’il n’a jamais frappé un seul coup sûr en sept ans à la tête de l’État du Québec ?!











