Le Parti Québécois a fait une étonnante sortie hier pour reprocher au gouvernement Carney de se rapprocher de Pékin au détriment de nos relations avec Washington. Une telle position relève de la lucidité géopolitique en tenant compte des intérêts économiques et stratégiques du Québec et du Canada.
Le député Pascal Paradis a publié une lettre ouverte dans le Journal de Québec, qui dénonce le rapprochement du Canada avec la Chine au détriment de la relation avec son plus important partenaire économique, les États-Unis. Une déclaration lucide qui survient au même moment que la parade diplomatique en Chine du premier ministre du Canada, Mark Carney.
Mais cette déclaration risque d’être mal reçue par le public. Pourquoi ?
Parce que l’ensemble de la sphère médiatique du Québec s’inscrit contre le président Trump depuis 10 ans. L’effet de ce positionnement a percolé dans la conscience du peuple et quelconque élément favorable aux États-Unis est devenu une hérésie.
Il n’y a rien de rationnel dans cette position. Les médias conditionnent le peuple comme on dresse un chien: méchant Trump, on grogne, gentil Carney, on fait le beau. Je caricature, mais ce n’est pas loin de la vérité.
Or, Paradis rappelle quelque chose que plusieurs politiciens ou acteurs médiatiques semblent avoir oublié: la Chine est une dictature communiste alliée à la Russie. Ce sont des ennemis géostratégiques des États-Unis. Dire qu’il ne faut pas se rapprocher des Chinois au détriment de notre relation avec les Américains devrait être une évidence.
Mais pour Mark Carney, cela ne semble pas tout à fait le cas, lui qui a reçu un prêt d’environ 276 M$ de la Banque centrale de Chine pour le compte de Brookfield Asset Management, alors qu’il en était le vice-président en 2024, afin d’investir dans l’immobilier à Shanghai.
Le député de Jean-Talon souligne d’ailleurs que la Commission Hogue sur l’ingérence étrangère a déterminé que la Chine constitue « la menace la plus active et la plus sophistiquée […] pour le Canada ». Il rappelle aussi les scandales d’espionnage industriel et la proximité de la Chine avec la Fondation Trudeau.
Pascal Paradis n’est pas le seul à s’inquiéter, nos alliés américains sont préoccupés par la présence de la Chine au Canada et la corruption que cela a engendrée. Même des ex-agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) mettent en garde la population.
Naturellement, on ne saisit pas l’entièreté ni toute la gravité de cette situation si l’on ne comprend pas à quel point le Canada est une terre promise pour les organisations criminelles transnationales, dont les triades chinoises qui fonctionnent, entre autres, avec le Parti communiste chinois.
Le député de Jean-Talon ne peut pas être plus clair: « alors qu’il a des opportunités dans plusieurs régions du monde, prioriser la Chine en ce moment pourrait nuire à nos intérêts immédiats en Amérique ».
Alors que les États-Unis veulent s’accaparer le Groenland, alors qu’ils kidnappent le président du Venezuela, alors qu’ils désirent faire du Canada le 51e État, un rapprochement économique et sécuritaire avec la Chine ne ferait qu’accélérer le processus d’annexion. Les Américains n’accepteront pas une menace géopolitique au nord de leur frontière. Comme le dit si bien Paradis, « on devrait plutôt craindre les risques que nous fait encourir le gouvernement fédéral ».











