Le Parti Québécois forme un gouvernement minoritaire avec 59 sièges et 28 % du suffrage parce qu’il n’a pas su lire adéquatement son électorat, qui relève strictement des régions. Cela présage une Assemblée nationale dysfonctionnelle et des élections dans 18 mois, sauf si les partis collaborent.
Le PQ avait besoin de cinq sièges pour sa majorité, mais le peuple québécois ne les lui aura pas donnés. Son électorat n’a rien à voir avec les enjeux qui préoccupent Montréal, fief des immigrants et du Parti libéral. Le PQ espérait probablement y ravir quelques circonscriptions à QS, mais ce parti est radical et déteste les péquistes. Alors, pourquoi avoir courtisé les électeurs de Québec solidaire avec des politiques de gauche ? Mauvais calcul! Les gains à gauche étaient marginaux, alors qu’à droite le PCQ a fait élire 19 députés.
La sortie sur le troisième en fin de campagne n’a pas dû aider le PQ à sécuriser des sièges dans la grande région de Québec. Encore un mauvais calcul. Cela lui a certainement fait perdre les circonscriptions de Pascal Paradis, d’Alex Boissonneault et de François Gariépy.
En fait, ce parti ne s’est renouvelé qu’à moitié et a essayé de jouer sur plusieurs tableaux à la fois : à droite avec l’immigration et la réduction de la bureaucratie, mais à gauche avec la sociale démocratie et l’environnementalisme. On assiste à la limite patente du « centrisme ».
L’image de premier ministre que PSPP a essayé de projeter en étant posé et mesuré, voire en étant tiède, lui a peut-être nui durant la campagne. Les temps ne sont plus au politiquement correct, mais au populisme. Le côté rêveur et idéaliste qui se dégage de son personnage politique ne fait pas très chef d’État non plus.
Étant minoritaire, le PQ devra s’entendre avec d’autres partis. On espère sincèrement que ce ne sera pas QS, un parti marginal avec des idées marginales. Cela ne ferait qu’entamer le capital de sympathie de PSPP dans la population.
Le PQ a deux options devant lui : établir un gouvernement de coalition avec le PCQ ou effectuer des alliances spontanées avec lui sur certains dossiers. Dans tous les cas, la transaction évidente entre les deux partis s’avère une réduction des flux migratoires contre des politiques de droite économiques. Tant le PQ et le PCQ y ont des gains à faire et pourraient projeter une image positive auprès de leur électorat respectif. C’est un deal gagnant-gagnant.
Parti conservateur du Québec
Le leader du PCQ, Éric Duhaime, a mené une campagne avec un vent de front médiatique et il a su répondre du tac au tac, récoltant environ 21 % du vote. Si la campagne avait duré deux semaines de plus, il aurait fait de plus gros gains parce qu’il avait le momentum. Il peut espérer prendre le pouvoir dans une élection ou deux.
Le vote du PCQ est un vote de protestation contre l’establishment politique, ni plus ni moins. Les gens de la région de Québec et de Chaudière-Appalaches n’en pouvaient plus. La CAQ les a pris pour des valises pendant des années. La grogne a été canalisée dans le vote conservateur.
L’entrée du PCQ à l’Assemblée nationale marque un changement fondamental dans la politique québécoise. Elle souligne la fracture générationnelle entre les boomers et les autres générations. Elle pourrait un jour mener à un gouvernement bien plus affirmé sur le plan de l’économie et de l’étatisme, c’est-à-dire la rupture avec le modèle québécois qui en est venu à étouffer la société, avec des taxes et impôts trop élevés pour une offre de services lacunaires.
Duhaime a prouvé qu’il avait du cran au ventre et qu’il était premier ministrable. Il ne pourra cependant pas jouer sur tous les tableaux pour élargir sa base, c’est-à-dire courtiser le vote des nationalistes et le vote des anglophones et des immigrants de Montréal. Ceux-ci ont des intérêts antinomiques. Il devra trancher, car nul ne peut avoir deux maîtres.
Et essayer de remplacer le PLQ sur son propre terrain, pour quelqu’un qui a voté Oui en 1995, comment dire… bonne chance! Duhaime pourra seulement récupérer l’électorat francophone des régions et remplacer le PQ après la troisième défaite référendaire.
En attendant, les plus gros gains pour le PCQ durant cette législature relèvent de la collaboration avec le PQ dans un marchandage serré d’une politique contre une autre. À moins que les deux partis s’entendent et que Duhaime hérite d’un ministère, où il aurait le champ libre. Pourquoi pas ? Ça éviterait qu’on retourne en élection dans 18 mois et ferait économiser des millions de dollars au trésor québécois.
L’effondrement le CAQ
La CAQ aura été un intermède dans l’histoire politique moderne du Québec, sans véritable identité. Elle aura essayé de nous faire croire qu’elle était une coalition, mais, dans les faits ce n’était qu’une petite clique qui gouvernait par sondage. Elle a été une catastrophe pour les finances publiques et sur l’enjeu de l’immigration massive aussi.
Il faut se souvenir de l’entrevue que François Legault — du haut de toute son arrogance — avait livrée à Dutrisac lors d’une des dernières émissions des Francs-tireurs. Il avait dit quelque chose comme on va gouverner comme on veut pendant trois ans et la quatrième année, on va se soucier de ce que le peuple pense. Eh bien, le peuple a parlé!
La CAQ aura eu beau changer de chef et de marque politique, ça n’a pas fonctionné et elle se retrouve avec 0 siège, malgré 13 % des suffrages. Elle est l’exemple même du dicton « on récolte ce que l’on sème ».
PLQ et QS
Le Parti libéral du Québec a été répudié par les Canadiens français (plus ou moins 10 % d’appui chez les francophones). Le voir obtenir 40 députés et être l’opposition officielle sans lever le petit doigt révèle la concentration du vote ethnique. Ce vote est canalisé vers le PLQ de manière soviétique, au point d’avoir délogé des députés de QS sur l’île de Montréal, ce que le PQ n’a pas réussi à faire.
Ce parti va progresser vers le pouvoir uniquement avec l’augmentation de l’immigration. Il est devenu une extension du Parti libéral du Canada et pourrait être le parti naturel du pouvoir d’ici 10 ans, si l’immigration de masse se poursuit. Cela signifierait la disparition de la nation historique du Québec. Son intérêt consiste à agrandir sa base électorale, donc à avoir plus d’immigrants pour voter pour lui, tout simplement.
Quant à QS, c’est décevant de voir qu’il n’a pas fait élire moins de députés. Les projections lui en donnaient 5-6, il en aura eu 9. Ce parti est rempli de marxistes, d’islamo-gauchistes et d’antifas. Le voir reculer est toujours bénéfique pour le Québec, car sous les sourires affables de Ruba se cache une base électorale radicale et doctrinaire.











