Indocile Média est née de l’idée que la probité dans la sphère publique doit prévaloir pour que la démocratie puisse recouvrer ses lettres de noblesse. Le philosophe Jürden Habermas considère que la sphère publique doit être accessible, transparente et rationnelle pour être en adéquation avec l’éthos de la démocratie libérale. Or, aujourd’hui il n’en est rien. Les lois fédérale et provinciale d’accès à l’information sont dysfonctionnelles et les médias bénéficient des largesses fiscales de l’État (crédits d’impôt, subventions). Qui plus est, les gouvernements divulguent rarement les informations névralgiques et les médias subventionnés endossent un rôle de chien de garde à géométrie variable. Pour la transparence, on repassera.
Sur le plan de la rationalité, là aussi, les médias comme les gouvernements agissent de manière intéressée. Les premiers font la promotion d’une construction narrative idéologique et souvent alignée avec les intérêts globalistes. Au Québec surtout, en matière d’information internationale, les médias sont dans une logique « top-down ». On regarde ce qui s’écrit dans le New York Times et le Washington Post, on constate où se situe la tendance de la « bonne ligne narrative » à suivre avec les agences de presse mondialiste, et on n’en déroge pas. L’époque est inepte et insipide. Les temps sont loin où un Gil Courtemanche osait brasser la cage de sa plume acerbe.
En sommes, on prend le citoyen québécois pour un pauvre cave apathique, pouvant être gavé au petit lait de la propagande quotidienne. Plus qu’un roi et moins qu’un homme, disait Tocqueville, nous ne saurions être plus en accord avec lui sur ce point. Mais le monde n’est pas si dupe, puisque 61% de la population canadienne ne fait pas confiance aux médias traditionnels, selon le « Digital News Report 2024 ». Indocile Média propose de déconstruire ce récit médiatique néfaste.
Et les gouvernements, quant à eux, sont le relai d’intérêts divergents à celui de la nation. Immigration de masse, inflation galopante qui écrase les perspectives de la jeunesse, une crise du logement partout au pays, système de santé en décrépitude au Québec, ingérence étrangère sur le territoire canadien mettant en évidence des failles importantes pour notre sécurité (et probablement celle de nos alliés), décote de crédit de l’État canadien en 2020 (du moins selon Fitch, avec une cote AA+) et de celui du Québec en 2025, sans compter tous les scandales de dépenses publiques, tant au provincial qu’au fédéral, et pour lesquels personne n’est tenu responsable. Nous ne saurions les énumérer exhaustivement ici tant leur nombre est élevé. De tels résultats ne peuvent être uniquement le fruit de l’incompétence. Sans nul doute, la corruption afflige nos gouvernements.
La seule composante de la sphère publique qui s’est améliorée, c’est l’accessibilité. Non pas parce que les médias traditionnels offrent une tribune élargie à leurs auditoires pour entretenir un dialogue public, mais parce que les réseaux sociaux permettent de les contourner pour s’adresser au peuple. Naturellement, il y a toujours des risques de censure, laquelle n’est autre que le corolaire de la propagande, mais, depuis le rachat de Twitter par Musk pour le transformer en X, il y a un effet catalyseur de libération de la parole, qui avait été réprimée durant la pandémie de COVID-19, de 2020 à 2022.
À l’évidence, nous n’entendons pas faire de la nouvelle comme l’ensemble de la classe médiatique du Québec, qui est assez beige, convenue et souvent délirante, tellement elle s’éloigne de la réalité. Comme lorsqu’elle croit que le premier ministre du Canada, Marc Carney, sort vainqueur d’une rencontre avec le président Trump à la Maison-Blanche, alors qu’il lui a dit, en pleine face et à la face même du monde entier, qu’il n’y avait rien qu’il pouvait faire pour changer l’état des choses concernant les tarifs douaniers imposés sur les produits canadiens! Durant cette rencontre de presse, Carney a parlé trois minutes et Trump près de 30 minutes. Une victoire, un sauveur, un homme d’État qui en impose! « Elbows up, elbows down »! Tous ceux qui ont voté libéral pour choisir le banquier mondialiste avec un beau C.V. ont désormais une preuve irréfutable que le roi est nu.
Ainsi, Indocile Média n’a rien à voir avec la presse de grand chemin ou le média de l’État canadien et son style bon chic bon genre d’imbéciles heureux. Il opère dans un tout autre espace mental. Un espace qui sera parfois anticonformiste, parfois provocateur, peut-être même décapant, mais certainement et surtout, toujours critique.











