La famille – Pastel et fusain de Victor Prouve (1856-1943) Crédit photo: Agence-France Presse
Le taux de fécondité des Québécoises a poursuivi sa dégringolade en 2024 et se retrouve à un creux historique depuis 1970, soit bien en dessous du seuil vital de régénération d’un peuple.
Le nombre de naissance par femme se situe à 1,33, alors que le taux de remplacement des générations est de 2,1 enfants par femme, soit le taux minimal pour maintenir la population stable d’une génération à l’autre. En fait, selon l’édition 2025 du bilan démographique du Québec, « depuis 2013 (88 900 naissances) le nombre de naissances tend généralement à diminuer ».
Un score d’autant plus inquiétant que, pour la première fois de l’histoire du Québec, le nombre de décès en 2024 (78 800) a dépassé le nombre de naissance (77 400), ce qui donne un accroissement naturel négatif de la population de 1400 personnes. La société québécoise se meurt au sens propre du terme.
L’accès au logement : un facteur déterminant
Parmi les facteurs qui expliquent cette baisse de la fécondité, on compte le report de la fondation d’une famille à des âges plus avancés à cause de « l’allongement de la durée des études, le développement de la carrière et l’accès parfois difficile à la propriété », précise le document de l’Institut de la statistique du Québec.
Le mode de vie à l’Occidental favorise la procréation tardive, c’est ce qu’on observe dans les statistiques, où le taux de fécondité le plus important est répertorié chez les femmes entre 30 et 34 ans. Mais des chercheurs du Center for Economic Policy Research ont cependant démontré que l’accès au logement avait un impact significatif sur la probabilité d’avoir des enfants plus tôt, dans la vingtaine.
Une étude a été menée au Brésil sur un bassin de 1,5 million d’habitants à travers un système de loterie, où il est possible de gagner des crédits pour le logement. Ce système est appelé le Consórcios et les participants y cotisent mensuellement.
Or, les chercheurs ont découvert que « pour les adultes âgés de 20 à 25 ans, l’obtention aléatoire d’un logement augmente la probabilité d’avoir des enfants de 32 % et le nombre d’enfants de 33 % ».
L’étude constate trois facteurs déterminants en matière de fertilité. Les participants qui gagnent à la loterie entre 25-35 ans sont plus susceptibles de déménager dans de meilleurs quartiers avec un logement plus spacieux pour élever une famille. D’autres choisiront d’acheter une propriété, ce qui a un impact majeur sur la fertilité du fait de la stabilité inhérente que cela procure. Et finalement, les foyers où la femme participe moins au revenu familial (comme chez les gagnants de la loterie) connaissent un regain de la fécondité.
En fait, les conditions socio-économiques sont déterminantes pour la fécondité, tout comme l’accès au logement et à la propriété. Ce qui est une préoccupation à l’heure actuelle au Canada qui traverse une période économique moribonde, avec un faible PIB per capita et une crise du logement.
Perception et idéologie
« Le projet d’avoir un enfant est également façonné par l’évolution de la valorisation de la parentalité dans la société, le contexte économique et la confiance en l’avenir », mentionne aussi le bilan démographique 2025.
En clair, cela signifie que les idéologies woke et féministe qui endoctrinent les jeunes dans la dénégation des valeurs traditionnelles de la société – comme celles liées à la natalité qui implique les rôles biologiques d’un homme et d’une femme – ou encore l’inflation galopante qui fait bondir le coût de la vie sont deux facteurs qui nuisent aux personnes en âge de procréer, lesquelles font moins d’enfants pour des raisons idéologiques et économiques évidentes.
Toutes les sociétés occidentales subissent un déclin de la natalité, mais le Québec obtient un meilleur score que le Canada, l’Italie, l’Espagne et le Japon, mais fait moins bien que la France et les États-Unis.











