Une famille de migrants arrive à pied à la frontière canadienne au chemin Roxham. Crédit photo: Archive de l’Agence France-Presse.
L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a établi que la croissance démographique du Canada issue de l’immigration de masse a affecté la productivité et provoqué un recul du PIB per capita, en plus d’engendrer une crise du logement.
Dans un rapport publié à la fin du mois de mai, l’OCDE a brossé un portrait inquiétant de l’économie canadienne sur fond de guerre tarifaire avec les États-Unis. Elle affirme « que les défis structurels se sont intensifiés, particulièrement la faible croissance de la productivité ».
Or, si le produit intérieur brut (PIB) ne s’en tire pas si mal, ce n’est pas tout à fait le cas du PIB par habitant qui se classe bien en dessous de la moyenne des 38 pays de l’OCDE, loin derrière les États-Unis et la zone euro.
« La forte croissance démographique de l’après-pandémie a stimulé l’offre de main-d’œuvre, mais n’a pas été accompagnée des investissements nécessaires pour améliorer la productivité », peut-on lire dans le rapport.
Non seulement il y a un manque d’investissement, mais la main-d’œuvre immigrante est de piètre qualité. « La baisse de la croissance du PIB par habitant reflète également la baisse de productivité des immigrants récents, dont de nombreux résidents non permanents peu qualifiés », stipule le rapport.
Graphique tiré du rapport de l’OCDE
La majorité de l’immigration que le Canada a reçue depuis 2022 est constituée de résidents temporaires et d’étudiants étrangers. L’immigration économique qui faisait autrefois la force de ce pays et attirait des travailleurs de haut niveau semble avoir été relayée au second plan.
S’il y a une pression sur le marché du travail sans que des investissements significatifs soient effectués pour contre balancer la croissance démographique, cela signifie qu’il y a une plus forte concurrence pour dénicher un emploi. Ainsi, selon statistique Canada, le taux de chômage au Canada était de 7% en mai 2025, contre 4,2% aux États-Unis. Mais là où le bât blesse, c’est le taux de chômage des 15-24 ans qui lui s’élève à 15,6%. Ce sont les jeunes qui souffrent de la présence accrue de travailleurs non qualifiés sur le marché du travail.
Qu’est-ce que ça signifie concrètement ? Que le niveau de vie des Canadiens a diminué à cause de l’immigration massive. Sans compter que les étrangers ont droit à de généreux programmes sociaux du fédéral et du provincial, alors que les deux paliers de gouvernement cumulent des déficits budgétaires.
En fait, le Canada est le pays de l’OCDE qui a reçu le plus d’immigrants proportionnellement à sa population, environ un million par année depuis 2022. « La population canadienne a connu une croissance rapide, de près de 3,0 % en 2023 et 2024. Ce taux est bien plus élevé que dans d’autres pays de l’OCDE, comme les États-Unis ou les pays européens », précise le rapport.
Crise du logement
Le rapport affirme que le prix des maisons et des loyers a augmenté plus fortement au Canada que dans la plupart des pays de l’OCDE. Le manque d’offre sur le marché joue un rôle significatif, mais la croissance rapide de la demande, quant à elle, s’avère déterminante. « La forte immigration récente a amplifié ces problèmes de logement », mentionne le rapport de l’OCDE.
Il y a aussi des enjeux d’hyper-réglementation pour obtenir des permis de construction auprès des administrations municipales.











