En octobre 2024, la GRC avait démantelé le plus gros et le plus sophistiqué laboratoire de production de fentanyl, à Falkland, en Colombie-Britannique.
Lors d’une entrevue accordée au podcast de Shawn Ryan, Szulc, qui est reconnue pour ses contacts au sein du crime organisé, a mentionné qu’elle a physiquement eu accès à des laboratoires de production de fentanyl au Canada.
Elle décrit ce commerce illicite comme étant un triumvirat. Il y a les triades chinoises, qui permettent l’importation des substances chimiques à la base de la fabrication de cette drogue depuis la Chine, jusqu’au port de Vancouver. Les cartels mexicains qui gèrent la vente aux États-Unis et les groupes criminels canadiens, tels que les Hells Angels, qui sont aussi impliqués.
Les opérations illicites au Canada auraient commencé lors du premier mandat de Donald Trump à la présidence des États-Unis, puisque la sécurisation de la frontière sud rendait la vie dure aux cartels mexicains.
« Il est important de garder à l’esprit que les forces de l’ordre canadiennes savent que cela se produit. Elles en sont très conscientes. Elles sont au courant depuis environ 2017 », a affirmé Katarina Szulc.
Pourtant, juste avant les dernières élections canadiennes, lorsque Mélanie Joly, qui était ministre des Affaires internationales, affirmait partout dans les médias, en réponse aux tarifs de l’administration Trump, que seul 1% du fentanyl était fabriqué au Canada pour la vente à nos voisins du sud.
Le plus inquiétant dans tout ça, c’est qu’alors que ces activités criminelles prenaient leur essor au Canada à la fin des années 2010, le gouvernement Trudeau avait décidé de retirer l’obligation aux ressortissants mexicains d’obtenir un visa pour entrer sur le territoire canadien, en décembre 2016.
Intrication des triades au Canada
Comme l’a démontré le journaliste canadien, Sam Cooper, dans son livre Wilful Blindness, les intrications des triades chinoises au Canada remontent aux années 1990, lorsque les Big Circles Boys ont mis les pieds à Vancouver. Ils se sont créé un réseau bancaire souterrain et les casinos de la Colombie-Britannique servent pour le blanchiment d’argent à grande échelle.
Le travail du diplomate canadien, Brian McAdam, en collaboration avec l’agent spécial de la GRC, Garry Clement, a montré que la Commission canadienne à Hong Kong (aujourd’hui appelé Consulat général du Canada à Hong Kong) avait collaboré dans un réseau d’immigration frauduleuse.
Or, des réseaux de la sorte existe encore aujourd’hui, et, comme Indocile Média l’a traité dans l’affaire du lanceur d’alerte de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Luc Sabourin, la corruption remontre jusqu’aux sphères politiques et implique la nomination d’hommes de paille à la tête d’institution comme l’ASFC.
Cartels mexicains
Il est difficile de comprendre pourquoi, dans ce contexte d’implantation des cartels au Canada en 2017, le gouvernement Trudeau avait choisi de faciliter la venue des ressortissants du Mexique au pays en les soustrayant à l’obtention d’un visa. Cette obligation a été réinstaurée en 2024, ce qui est trop peu trop tard, diront certains experts.
Sans l’ombre d’un doute, une telle mesure aura permis aux cartels de prendre racine plus facilement au Canada. Sans compter que les lacunes pour filtrer les individus qui mettent les pieds au pays sont déjà très importantes, ce qui met en péril notre sécurité nationale et celle des États-Unis.
D’ailleurs le directeur du FBI, Kash Patel, a ouvertement appelé le Canada à en faire davantage pour lutter contre le narcotrafic et pour sécuriser la frontière.











