Le gouvernement Carney a artificiellement gonflé les prix des denrées alimentaires en imposant des contre-tarifs sur les biens d’importation américains, entre les mois de mars et septembre, alors que plus de 25 % de la population canadienne vit de l’insécurité alimentaire.
Banques alimentaires Canada a récemment publié un bulletin de la pauvreté, accordant la note D au pays en cette matière. Ce bulletin comporte une multitude d’indicateurs, dont le taux d’insécurité alimentaire de la population canadienne, qui a atteint 25,5 % depuis 2024, soit une augmentation de 38 % en deux ans. Au Québec, le taux est un peu plus faible et se situe à 20 %.
Or, c’est dans ce contexte que le gouvernement libéral de Mark Carney a décidé d’imposer des contre-tarifs sur les biens d’importation américains, y compris ceux qui sont inclus dans l’Accord États-Unis Canada Mexique (AEUCM), comme Indocile Média l’a déjà noté antérieurement.
Le problème avec la stratégie de la réplique tarifaire face au géant américain, c’est que le Canada ne fait pas le poids, du moins certainement pas sa population qui est déjà mise à mal par une économie amorphe et un dollar dépérissant. C’est d’autant plus vrai pour le panier d’épicerie où le consommateur y a sévèrement goûté.
Le Food Professor
Sylvain Charlebois est professeur à l’Université Dalhousie, où il est le directeur du Agri-Food Analytics Lab. Il tient aussi régulièrement une chronique dans La Presse. Tout cela est très bien, mais les choses deviennent particulièrement intéressantes lorsque M. Charlebois se met à écrire sur Substack et pénètre ainsi la sphère des médias indépendants. Il s’approprie une liberté d’expression qu’il n’avait peut-être pas ailleurs.
Dans un récent papier, il a souligné que «depuis le début de l’année 2025, l’inflation alimentaire a dépassé l’inflation globale pour chaque mois». Elle a atteint en moyenne 3,5 %, soit 1,6 point de plus que l’inflation générale. Et le Food Professor n’hésite pas à le dire, les contre-tarifs ont «artificiellement gonflé les prix».
«Dans certaines catégories, les distorsions sont flagrantes : le café et le thé ont bondi de 22,4 %, les noix de 14,2 %, le sucre de 5,4 %, les fruits de mer de 4,5 % et les biscuits et craquelins de 4,4 %. À l’exception de la viande, ces hausses ont été directement alimentées par les contre-tarifs, qui ont finalement pris fin le 1er septembre», a écrit Charlebois sur son blogue Substack.
Alors que l’inflation alimentaire culminait à 4 % au Canada en avril, les ménages américains se satisfaisaient d’un taux avoisinant les 2 %, ce qui fait dire à Charlebois que: «Les familles canadiennes absorbent le coût des expériences politiques dont leurs homologues américaines ont été épargnées».
Gageons qu’aucun média traditionnel ne vous avait informé que le Canada imposait des tarifs sur les denrées alimentaires en provenance des États-Unis, et que malgré les tarifs sur les biens canadiens, l’administration Trump n’avait pas imposé ça à la population américaine. Et ce, répétons-le, alors même que 25 % des ménages canadiens vivent de l’insécurité alimentaire. Elbow up: quand les médias subventionnés par Ottawa évitent les nouvelles déplaisantes pour blâmer le méchant monsieur orange!
Une tendance jusqu’à la fin de l’année
Dans un échange de courriels avec Indocile Média, M. Charlebois a indiqué que les prix à la consommation ne seront pas ajustés à court terme, bien que les barrières tarifaires soient tombées. Ce qui veut dire que l’impact des contre-tarifs continuera de se faire ressentir sur le prix du panier d’épicerie.
Le Food Professor l’explique par plusieurs facteurs: «les contrats d’approvisionnement entre détaillants et fournisseurs sont souvent signés pour plusieurs mois, les marges absorbées pendant la période de tarifs peuvent avoir modifié les stratégies de prix, et les effets de change, des coûts énergétiques élevés et la fiscalité comme la taxe carbone continuent de peser sur les coûts de production et de distribution».
Selon lui, d’ici la fin de l’année, «la variation annuelle du panier d’épicerie tournera autour de 2 à 3 %».











