Le nombre de citoyens canadiens qui émigrent dans l’espoir de trouver un avenir meilleur à l’étranger est en constante augmentation depuis 10 ans. L’exode s’est accéléré depuis la fin de la pandémie de COVID-19, pour atteindre des scores de plus de 100 000 personnes par année.
Les données de Statistique Canada ne mentent pas, de plus en plus de Canadiens quittent le « meilleur pays au monde ». En 2015, 68 945 personnes ont définitivement quitté le pays. Dix ans plus tard, ce nombre a augmenté à 106 134 citoyens qui sont allés voir si l’herbe était plus verte ailleurs. En fait, dès 2016, c’est-à-dire seulement un an après l’arrivée au pouvoir des libéraux, on comptait déjà 97 473 émigrants.
Le phénomène d’exode avait naturellement ralenti durant la pandémie, en 2020-2021, à cause des interdictions et des complications de voyager. Mais dès 2022, les départs ont repris : 101 265 émigrants en 2022, 103 057 émigrants en 2023 et 106 134 en 2024.
Près de 50 % de la cohorte d’émigrants de 2024 habitaient en Ontario, alors qu’environ 13 % provenaient du Québec. 38 % des émigrants quittent le Canada pour les États-Unis.
Causes multiples
Le site Immigration News Canada a répertorié les 10 raisons les plus fréquemment évoquées lorsqu’il s’agit d’aller refaire sa vie à l’étranger. Nous ne retiendrons que celles qui relèvent de la conjoncture macroéconomique.
De prime à bord, il y a les opportunités d’emploi. Les récentes données du chômage au Canada ne sont pas très enivrantes : 7 % en moyenne toutes catégories confondues et 15 % chez les 15-24 ans.
Le coût de la vie s’avère aussi un facteur déterminant, particulièrement depuis la pandémie de COVID-19, où l’inflation a explosé à cause de l’impression d’argent de la Banque du Canada. Plus d’unité monétaire dans le système financier constitue une diminution de la valeur de chacune de ces unités.
L’accès à la propriété est de plus en plus difficile partout au Canada. L’inflation incontrôlée et l’immigration massive des dernières années ont créé une pression à la hausse sur le prix des maisons et des loyers, de sorte que l’accès à la propriété pour les jeunes est une réalité de moins en moins tangible.
Finalement, les politiques fiscales du gouvernement fédéral ont de quoi décourager les professionnels qui font de gros salaires à rester au Canada. Comme Indocile Média l’a expliqué, 20 % des foyers canadiens paient près des deux tiers de tout l’impôt sur le revenu des particuliers.











