Le rapport annuel du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) 2024, qui a été rendu public à la mi-juin, soulève la question de la compatibilité du multiculturalisme et de la réalité sécuritaire de l’État au 21ème siècle, alors que la géopolitique de blocs refait surface.
L’alliance sécuritaire dont le Canada est partie prenante relève du bloc occidental, soit les pays qui constituent l’OTAN, le NORAD et les Five Eyes en matière de renseignement. Les vis-à-vis du bloc occidental que sont les BRICS – une alliance de pays qui tentent de renverser l’hégémonie de l’Empire américain en le délogeant du moment unipolaire dont il tirait avantage depuis la chute du mur de Berlin – sont en voie de ramener le système de la géopolitique internationale dans un moment multipolaire.
Or, dans un système géopolitique en transition, les points de frictions entre les forces en puissance sont susceptibles de se multiplier, d’une part, et de provoquer une escalade des tensions, d’autre part. Dans ce contexte, le multiculturalisme du Canada s’avère probablement plus une faiblesse qu’une force. Pourquoi? Parce que les ressortissants étrangers qui acquièrent la nationalité risquent bien plus de collaborer avec les services de renseignement de leur pays d’origine que ne le ferait un Canadien d’origine. Analysons d’un peu plus près la menace de certains pays des BRICS.
Chine
Au premier plan de la menace en matière d’espionnage, on retrouve les services de renseignement de la République populaire de Chine (RPC). Le rapport du SCRS mentionne qu’ils ont des techniques d’infiltration pernicieuse. Notamment, en forçant des membres de la diaspora chinoise à l’étranger, comme par exemple au Canada, à devenir des agents de renseignements. Comment? En menaçant la famille qu’ils ont laissée derrière eux, en Chine. En fait, une source au sein de l’appareil d’État fédéral nous a informés que certains ressortissants chinois recevaient des vidéos de membres de leur famille avec un révolver sur la tempe.
Le SCRS soutient aussi que la Chine s’attaque à tous les niveaux de gouvernements et aux institutions de la société civile. « En plus de ses activités diplomatiques normales, la RPC déploie des moyens trompeurs et clandestins pour essayer d’influencer l’élaboration de politiques au Canada dans tous les ordres de gouvernement (municipal, provincial, fédéral et autochtone) et la société́ civile au sens large, qui inclut entre autres les organisations non gouvernementales, les médias et le milieu universitaire. » Autrement dit, elle tire sur tout ce qui bouge.
Une autre tactique mérite d’être soulignée. La RPC recrute légalement des personnes qui représentent une plus-value pour ses activités. Le rapport souligne qu’en 2023-24, elle avait engagé d’anciens pilotes des Forces armées canadiennes pour la Test Flying Academy of South Africa, où les « les tactiques, les techniques et les procédures de combat des pilotes de chasse du Canada et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) » étaient enseignés.
En matière de cybersécurité, le rapport stipule que la Chine mène des activités de cyber-espionnage « à grande échelle contre un large éventail de secteurs et de cibles au Canada ». Elle utilise des réseaux zombies, comme le Raptor Train employé par la compagnie chinoise Integrity Technology Group, qui avaient compromis des appareils connectés à Internet en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Australie.
D’ailleurs, le SCRS est très clair sur la collaboration avec des compagnies chinoises en matière de sécurité de l’information : « les entreprises canadiennes qui s’associent à de telles entités, et les Canadiens qui travaillent pour eux, risquent de renforcer indirectement les cybercapacités de la RPC sur le plan de la défense et du renseignement, et ce, au détriment possible des intérêts du Canada et de ses alliés en matière de sécurité. »
Ceci étant dit, le premier ministre du Canada, Mark Carney, qui était jusqu’à tout récemment le PDG de Brookfield (une firme d’investissement qui vaut 900 milliards $), et qui a encore des actifs dans cette compagnie, entretient un conflit d’intérêts d’envergure internationale. Il a lui-même obtenu, en 2024, un prêt de 276 M$ de la Banque centrale de Chine pour l’entreprise Brookfield, qui détient toujours un investissement de trois-milliards de dollars sur le marché immobilier et énergétique chinois. Il va de soi que nous ne pensons pas du tout que Pékin puisse faire pression sur le PM du Canada.
Mentionnons cependant que la triade chinoise des Big circle boys qui a intégré le monde interlope au Canada dans les années 1990, qui blanchit des milliards dans les casinos de la Colombie-Britannique et qui entretient des liens avec le pouvoir politique à Pékin, tout comme avec le Parti libéral du Canada, est peut-être juste un petit peu problématique.
Sans compter que BC Ferries fera construire quatre navires par une entreprise chinoise, China Merchants Industry Weihai Shipyards, avec l’aide d’un prêt d’un milliard de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC). Mais soyons rassurés, il est évident qu’il n’y aura pas de technologie chinoise malveillante ou intrusive dans ces bateaux.
Ajoutons à cela qu’Indocile Média a déjà traité du rôle que deux scientifiques chinois, qui étaient en réalité des espions, ont joué dans la crise de la COVID-19 à partir du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg.
Russie
La Russie n’est pas une menace immédiate pour le Canada, comme l’est la Chine et son influence. Le rapport du SCRS parle d’actes de sabotage en Europe en 2024, mais ça n’implique pas directement le Canada. On parle aussi d’influence sur les réseaux sociaux pour déstabiliser les démocraties occidentales, mais sortez vos violons et versez une larme, parce qu’avec ce que l’on sait désormais sur la « Russia Hoax », il est difficile de ne pas y voir un geste de communication de la part du SCRS sur cet enjeu.
On peut cependant s’inquiéter des activités que mène la Russie dans l’Arctique. Mais encore là, soyons rassurés, car le rapport mentionne que « le SCRS s’est efforcé de trouver et de suivre des pistes de renseignement et a collaboré avec ses partenaires de l’Arctique, notamment des communautés autochtones, pour contrer les menaces que fait peser la Fédération de Russie sur la souveraineté du Canada dans l’Arctique. » Vous avez bien lu ce que vous venez de lire. Il n’y a rien à ajouter, sauf peut-être que la faillite sécuritaire du Canada préfigure effectivement son annexion par les États-Unis!
Inde
Le problème avec l’Inde, comme avec d’autres pays, c’est qu’elle transpose ses rivalités ethno-culturelles sur notre territoire. Ainsi, les séparatistes du Khalistan qui manifestent dans les rues de Vancouver ou vont se battre devant un temple indou en Ontario deviennent des cibles pour le gouvernement indien, qui mobiliserait des ressources pour neutraliser certains éléments, comme dans le cas du meurtre de Hardeep Singh Nijjar. À la suite de cet événement, le Canada a expulsé six diplomates soupçonnés d’avoir participé au complot ayant mené à cet assassinat.
Ajoutons aussi que l’immigration massive en provenance de l’Inde va nécessairement percoler jusque dans nos institutions étatiques, ce qui présente un danger potentiel de la même manière que pour les ressortissants chinois, c’est-à-dire qu’ils sont sujets aux pressions gouvernementales pour devenir des agents de renseignements de l’Inde.
Iran
Naturellement, l’Iran est un pays hostile aux intérêts occidentaux. En 2024, le gouvernement du Canada a officiellement établi en vertu du Code criminel que les Gardiens de la révolution islamique étaient une entité terroriste. Sachant cela, du 9 février 2023 au 30 novembre 2024, le Canada a octroyé 79 000 permis de résidents temporaires à des Iraniens.
Le rapport du SCRS mentionne aussi que les services de renseignement iranien utilisent des réseaux criminels pour commettre des assassinats à l’étranger, notamment avec des citoyens canadiens à l’endroit de dissidents du régime iranien aux États-Unis. Qu’est-ce que ça signifie? Que le Canada est utilisé par procuration par des puissances étrangères pour cibler nos voisins du sud. Pourquoi? Parce qu’il est incommensurablement plus facile d’entrer au Canada qu’aux États-Unis à partir de l’international, étant donné que le filtrage de sécurité est complètement déficient. Une fois au Canada, la frontière avec les États-Unis se traverse comme un jeu d’enfants.
Est-ce une bonne idée de favoriser l’immigration massive de personnes qui proviennent du bloc géopolitique adverse de l’Occident? Évidemment que non!
Il n’y a que les endoctrinés gnangnans de Radio-Canada, du Devoir, de La Presse et du Globe and Mail (ainsi que leurs auditoires) qui croient qu’aussitôt qu’un étranger met le pied au pays, il a la feuille d’érable ou la fleur de lys tatouée sur le cœur. Bien au contraire, les peuples restent fidèles à leur civilisation et, parfois aussi, à leur gouvernement.











