The Heritage Foundation soutient que la famille américaine a été mise à mal par l’État providence et le féminisme depuis des décennies, ce qui a engendré des foyers dysfonctionnels et créé des problèmes sociaux qui pourraient être résolus en valorisant la primauté du mariage et de la famille comme projet de société.
Une étude récemment publiée par le think tank emblématique du conservatisme américain, The Heritage Foundation, avance l’idée que la revitalisation de la société américaine devrait se faire par un retour au modèle traditionnel de la famille, fondement de la société s’il en est un, explique le document.
De l’importance de la famille
L’étude affirme que les enfants qui ont grandi dans une famille normale, composée d’un homme et d’une femme mariés, constituent un modèle supérieur à d’autres types de familles pour le développement des enfants issus de cette union, comme le soutiennent des décennies de recherches en sciences sociales.
Ainsi, des enfants élevés dans une famille traditionnelle fondée par un couple marié sont moins exposés à la pauvreté, sont susceptibles d’avoir de meilleurs résultats académiques et ont moins de chances de tomber dans la délinquance et la criminalité.
« [La famille] c’est le terreau de l’autogouvernance. Le foyer est l’endroit où pères, mères et enfants cultivent la vertu et pratiquent la coopération, la responsabilité, la gestion et l’autonomie. Sans familles, un pays ne peut créer un travail significatif ni la prospérité. Il manque un réservoir d’hommes forts et courageux pour se protéger des agresseurs hostiles à l’intérieur et à l’extérieur. Il manque même les ingrédients d’une citoyenneté responsable — sans lesquels aucune république n’est possible », soutient le papier de l’Heritage Foundation.
Ainsi, l’institution de la famille n’est pas uniquement importante sur le plan individuel pour le développement adéquat de chaque personne, mais elle est aussi le moule qui donne forme à la société.
« La famille est le fondement de la civilisation, et le mariage — l’union engagée d’un homme et d’une femme — en est la pierre angulaire », attestent les auteurs de l’étude.
La destruction de la famille
Entre 1950 et 1965, environ 75 % des foyers américains étaient constitués par un couple marié. Aujourd’hui cette proportion s’élève à 47 % aux États-Unis. Le constat est encore plus accablant au Québec, puisque jusqu’aux années 1980, 90 % des hommes et des femmes se mariaient, une statistique qui fait piètre figure aujourd’hui. En 2024, uniquement 25 % des hommes et 29 % des femmes se marieront au moins une fois avant leurs 50 ans. Aux États-Unis comme au Québec, on se marie beaucoup plus tard, soit respectivement vers la fin de la vingtaine et au début de la trentaine.
Et comment en sommes-nous arrivés là ?
Les auteurs de l’étude soutiennent que c’est l’avènement de l’État-providence qui est responsable du déclin de la famille traditionnelle comme fondement social, d’une part, et le féminisme, d’autre part.
Il faut remonter jusqu’à la guerre contre la pauvreté du président Lyndon Johnson pour comprendre ce phénomène, mais pour faire simple, l’État s’est substitué au rôle de pourvoyeur de l’homme rendant obsolète la présence des hommes au foyer, ce qui a eu des effets dévastateurs sur les familles à faible revenu. L’Heritage Foundation qualifie cela d’une guerre contre le mariage.
« À partir des années 1960, l’aide sociale a subventionné la monoparentalité et, au fil des décennies, est passée d’un symptôme d’instabilité familiale à l’une de ses causes principales. Elle a encouragé les naissances hors mariage, imposé des pénalités financières aux personnes à faible revenu qui se mariaient et découragé les personnes valides à travailler », souligne l’étude.
L’impact d’une telle politique a provoqué la diminution des familles de couples mariés et l’augmentation des naissances hors mariage, en plus de favoriser l’avortement.
Les auteurs avancent aussi qu’à partir des années 1960, les bouleversements culturels ont modifié « les normes sociales autour du sexe, de la sexualité, du mariage, des enfants et des rôles de genre ». Ce faisant, « le féminisme de la deuxième vague et la révolution sexuelle ont encouragé les femmes à voir les hommes comme des « oppresseurs », les enfants comme un fardeau et le foyer comme une prison ».
Il va sans dire que cela a eu un effet catastrophique sur les naissances. Aux États-Unis, le nombre d’enfants par femme était de 1,6 en 2024 et au Québec de 1,33, alors que le taux de reproduction de la population doit être de 2,1 pour que la société se perpétue.
Les solutions
Le problème est à ce point important que l’Heritage Foundation croit qu’il faut lancer un projet Manhattan sur le plan culturel pour revitaliser l’institution de la famille à l’échelle nationale et ainsi revigorer la nation, en misant sur l’aide des « communautés religieuses, des organisations civiques et des gouvernements ».
L’étude suggère de mettre en place une série de mesures fiscales favorables au modèle de la famille traditionnelle avec des crédits d’impôt pour les couples mariés avant l’âge de 30 ans; la mise en place d’un crédit d’impôt substantiel pour les couples mariés qui ont des enfants avec des bonus au-delà de deux enfants; un crédit d’égalisation pour les couples qui voudraient effectuer la garde parentale à la maison.











