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Un rapport explosif de l’Armée canadienne expose le fiasco de la formation des recrues étrangères

par | 30 Avr 2026

Un rapport confidentiel des Forces armées canadiennes établit que la formation des étrangers pour devenir soldat et officier est très difficile. Les candidats en provenance de l’Afrique ont formé des clans rivaux, en plus de présenter des problèmes de communication à cause d’une piètre maîtrise du français et une mésadaptation culturelle à la société et l’armée canadienne.

Ce rapport issu de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes (ÉLRFC) de la garnison de Saint-Jean-sur-Richelieu a été transmis par une source anonyme à Juno News, un média indépendant de l’Ouest canadien basé à Calgary. Indocile Média a obtenu une copie du rapport de 15 pages, hier. Il stipule que les pelotons formés de résidents permanents sont durs à former et connaissent de mauvais résultats pour l’obtention de leur diplôme des Forces, faisant chuter le succès global des candidats à l’instruction d’une fourchette de 83 % à 87 %, à 77 %. Certains pelotons ont enregistré des taux d’échecs variant de 20 % à 40 %.

Des critères abaissés pour recruter plus

Les résidents permanents sont admissibles dans l’armée depuis 2022, mais ce n’est que depuis les changements survenus en décembre 2024 qu’un apport substantiel d’immigrants est venu garnir les rangs, en 2025. Des ajustements ont été apportés à la Norme médicale commune d’enrôlement et le Test d’aptitude des Forces canadiennes a été supprimé.

En langage clair, ça signifie que l’Armée canadienne a diminué le seuil des tests de santé physique et mentale, qu’elle a annulé le test de capacité cognitive (quotient intellectuel) et qu’elle a permis aux populations du tiers monde de devenir des militaires canadiens avant même d’être citoyen.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Les candidats retirés de l’instruction de 2018-19 à 2024-25 avoisinent 6,5 % contre près de 15 % pour les cohortes de 2025-26. Le ratio de candidats qui ont comparu devant des Comités de révision du progrès était d’environ 42 par 100 candidats de 2018-19 à 2024-25, contre 56 par 100 candidats en 2025-26, soit une augmentation de 32 %. Et les cessations d’instruction pour cause académique sont passées de 2 % en 2023-24 à 7 % en 2025-26, soit plus du triple.

Rivalités culturelles

Des rivalités entre les ethnies africaines se sont formées, à savoir entre les ressortissants du Cameroun et de la Côte-d’Ivoire, ayant conduit à des « conflits constants entre blocs culturels ». Le rapport parle même d’un véritable choc des cultures et d’un « risque élevé de friction dans les unités francophones ». Il faut savoir que certaines recrues n’étaient en sol canadien que depuis trois mois.

Les problèmes ont été plus marqués chez les candidats immigrants francophones plutôt que chez les anglophones, parce que les pelotons étaient composés de 50 % à 80 % de résidents permanents! Chez les anglophones les pelotons ne comptaient que 30 % d’étrangers.

Concrètement, cela a provoqué du racisme à l’égard du personnel militaire et entre les candidats issus d’ethnies différentes. Le personnel de l’ÉLRFC a 7,5 % d’instructeurs de sexe féminin et cela a été un défi particulier pour elles, tout comme pour les candidates féminines, « le manque de respect envers les femmes étant la préoccupation la plus courante ».

Notons aussi que les résidents permanents échouent le test initial de condition physique à un taux de près de 15 %, soit presque le double du taux de 7,89 % observé chez les citoyens canadiens.

Le recrutement récompense l’expérience de vie, ce qui fait en sorte que les candidats étrangers qui postulent sont significativement plus âgés que les citoyens canadiens. Par exemple, le document révèle que 71 % des candidats canadiens pour le cours d’officier ont moins de 24 ans, tandis que pour les candidats résidents permanents 71 % d’entre eux ont entre 30 et 44 ans.

Difficultés à communiquer

Le rapport mentionne que les difficultés à la communication sont sérieuses, notamment « des problèmes importants de compréhension orale ». Cela engendre des risques réels pour la performance des unités. « Le problème de compréhension linguistique verbale est aggravé pour tous les programmes d’instruction professionnelle nécessitant la communication par radio dans des scénarios tactiques et opérationnels », précise le rapport.

Incompréhension du système militaire

Le rapport stipule que plusieurs candidats n’avaient pas compris qu’ils seraient déployés géographiquement à travers le Canada et qu’ils devraient poursuivre l’instruction supplémentaire après la formation de soldat ou d’officier. « Un nombre surprenant de candidats résidents permanents croyaient qu’ils rentreraient simplement chez eux après l’instruction de base », peut-on lire dans le document confidentiel.

« La plupart des candidats officiers résidents permanents s’attendaient à une expérience de collège technique, et non à un programme d’endoctrinement militaire. » Ceux-ci concevaient d’ailleurs un poste d’officier dans les Forces armées canadiennes « comme un emploi de service public, plutôt qu’une occupation militaire ».

Le problème d’adéquation personne-emploi va même plus loin. Le rapport cite le cas d’un ministre anglican ordonné qui a été enrôlé comme officier d’artillerie et qui a finalement échoué le cours d’officier en raison de son malaise avec le maniement du fusil de service.

Les instructeurs québécois ont ouvertement soulevé « la question de savoir s’il est approprié d’accorder des commissions d’officiers à des non-citoyens canadiens ».

Crise de santé mentale

Le document révèle également une crise de santé mentale sans précédent à l’ÉLRFC. En 2025, 92 candidats ont été transportés vers des fournisseurs de soins de santé mentale externes, pour un total de 191 reprises. Les libérations pour conditions médicales identifiées durant l’instruction sont passées de 4 en 2024-25 à 16 en 2025-26, principalement pour des problèmes de santé mentale incluant l’anxiété, la dépression et des idées suicidaires, conséquence probable de l’abaissement des seuils des tests de santé.

Recommandations

Le Commandant de l’ÉLRFC, Lcol M.R. Kieley, qui a rédigé le rapport le 27 janvier 2026, formule une dizaine de recommandations, incluant le rétablissement d’un test d’aptitude, l’instauration de tests de langue officielle pour les résidents permanents, la limitation de leur proportion à 20-25 % par peloton et le rétablissement de tests de condition physique dans le processus de recrutement.

Le rapport a été traduit en français et il est disponible pour le téléchargement uniquement pour les membres, derrière le mur payant ci-dessous. 

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À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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