La gouvernance économique de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est un lamentable échec qui aura coûté des centaines de millions de dollars au peuple québécois, notamment à travers la soi-disant filière batterie, dont le fiasco financier n’a d’égal que la médiocrité entrepreneuriale de ce gouvernement.
Alors que le premier ministre du Québec, François Legault, réitère à qui veut l’entendre que ce qui compte c’est la moyenne au bâton, la présidente-directrice générale (PDG) de General Motors (GM), Mary Barra, a vendu 40% de ses actions de la compagnie, au début du mois de septembre.
Quand un patron d’entreprise «short» son propre «stock», c’est un indice révélateur que l’entreprise connait des difficultés et que des nouvelles défavorables sont à prévoir.
Comme de fait, la mise à l’arrêt du projet Ultium Cam à Bécancour s’inscrit dans cette veine-là. La phase 2 du projet – issue d’un partenariat entre GM et la compagnie sud-coréenne POSCO – devait produire des ingrédients nécessaires à la fabrication des cathodes utilisées dans les batteries des véhicules électriques (VE).
Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la minière brésilienne Vale, voisine de l’usine d’Ultium Cam, et qui devait produire du sulfate de nickel nécessaire à la fabrication des cathodes, annule son investissement.
Bref, on assiste à l’effondrement du projet du gouvernement Legault de constituer une filière économique qui mise sur des technologies vertes avec la Vallée de la transition énergétique. Le capitalisme d’État est une avenue risquée qui vous apporte la gloire ou l’opprobre. En l’occurrence, ici, c’est le second cas de figure que retiendra l’histoire pour ce gouvernement.
Faire ses devoirs
On se demande réellement pourquoi la CAQ a pu croire que c’était une bonne idée de commencer à investir dans la composition d’une filière de batteries de VE aussi tardivement qu’en 2023! Alors que rien n’est construit, et qu’il faut tout bâtir à partir de zéro; la production ne débutant que des années plus tard.
Dans le marché de l’innovation technologique, si vous n’êtes pas les premiers, vous êtes les derniers. Mauvais timing donc, 10 ans trop tard!
Nos grands comptables et entrepreneurs que sont François Legault et Pierre Fitzgibbon n’ont pas su saisir l’environnement économique du marché des VE et se sont alliés à des entreprises perdantes sur le plan de l’innovation technologique, telles que GM et Ford: des entreprises d’un autre siècle.
Lorsqu’on consulte les résultats financiers de GM pour 2024, on constate que la compagnie a perdu 500 millions avec son projet de Cruise Robotaxi, qui a été abandonné. Et qu’en un an, d’octobre 2024 à octobre 2025, elle a vendu 144 668 VE aux États-Unis.
En comparaison,Tesla a vendu 497 099 véhicules dans le monde au troisième trimestre de 2025, soit presque autant que BMW avec 514 620, et dépassant Mercedes avec 441 500 et Audi à environ 400 000.
Crédit: @invest_answers
Tesla construit des VE depuis 2008 et possède plusieurs méga-usines aux États-Unis, en Allemagne et en Chine, où l’intégration économique y est verticale, c’est-à-dire que les batteries et les véhicules sont fabriqués dans la même usine. En plus, l’entreprise travaille sur le système full self-driving (FSD) depuis 2014.
Et ses flottes de Robotaxis, des voitures qui se conduisent seules à l’aide du système FSD opéré par l’intelligence artificielle, sont actives dans plusieurs grands centres aux États-Unis et atteignent plus de 27 millions de personnes.
Pendant ce temps, rien n’a encore été fabriqué à Bécancour, pas une cathode, pas une batterie. Les usines sont encore en construction.
Des pertes énormes
Il faut se remémorer ces paroles de l’ancien ministre de l’Économie dans une entrevue qu’il avait accordée à Radio-Canada en 2023. « Il y a des risques, mais je pense que c’est l’investissement qu’on doit faire pour s’assurer qu’on établira une structure industrielle qui va bénéficier aux prochaines générations », avait dit Fitzgibbon à l’époque.
Ces risques se sont maintenant concrétisés: 270 millions perdus dans Northvolt, 143 millions dans Lion Électrique, 20 millions dans Taiga. C’est sans compter le milliard investi dans la minière Nemaska Lithium et tous les autres flops présents et à venir: Airbus (400M$), Recyclage Carbone Varennes (221M$), etc.
Tout le discours idéologique entourant les technologies vertes a poussé le gouvernement Legault à prendre des risques dans des secteurs économiques qui n’ont pas fait leurs preuves.
Ce n’est pas au gouvernement de jouer aux grands entrepreneurs et de faire du capitalisme d’État. Le Québec est un petit joueur économique à l’échelle mondiale, qui n’a pas les moyens de subventionner des grappes industrielles comme le feraient les États-Unis ou la Chine. Il doit plutôt créer un environnement économique compétitif pour attirer des industries ici.
Lorsque le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, affirme en point de presse à l’Assemblée nationale que le gouvernement a joué avec l’argent des Québécois comme si c’était de l’argent de Monopoly, il a complètement raison.
La CAQ a parié avec les deniers publics, dans un mélange de développement économique et de népotisme, et elle a perdu. Elle accumule les déficits budgétaires et les services publics sont dans un état lamentable. Au final, c’est tout le modèle de l’État providence qu’il faut revoir et le rôle de l’État dans l’économie.











