L’offensive de La Presse sur la supposée montée l’extrême droite dans les nations occidentales s’avère à la fois pathétique, trompeuse et a certainement pour effet d’apeurer son lectorat, déjà fortement endoctriné. Sa méthode est simple : il s’agit tout simplement de renverser la réalité en minimisant les impacts négatifs de l’immigration massive et en amplifiant les discours catastrophistes sur la radicalisation.
Il est difficile de trouver les mots justes pour pleinement décrire la malhonnêteté intellectuelle de l’article de La Presse sur les enjeux entourant la manifestation du 13 septembre qui a eu lieu à Londres.
L’extrême droitisation à toutes les sauces
Un des problèmes de la gauche postmoderne des années 2020 réside dans la manipulation du langage. Les mots n’ont plus la même définition qu’au 20e siècle ou qu’au début du 21e siècle, entraînant une perte de sens des phénomènes politiques. Les gauchistes galvaudent les termes du débat par un usage abusif, ce qui engendre la vacuité d’une signification tangible.
Le journaliste Vincent Brousseau-Pouliot donne en fait dans la politique fiction. Voyons voir, il nous dit que la plupart des experts s’entendent pour décrire l’extrême droite selon les critères suivants :
1-valorisation exacerbée de l’identité nationale historique
2-rejet par principe de toute forme de progressisme
3-tendance à l’autoritarisme
4-aversion à l’égard des contre-pouvoirs
5-aversion à l’égard des droits des minorités
6-tendance à ne pas toujours respecter les règles du jeu démocratique et les institutions
Ce qui achoppe avec cette définition du concept de l’extrême droite, c’est que les deux premiers critères relèvent strictement du conservatisme politique. Ils n’ont rien d’extrême, sauf l’utilisation du langage employé par le journaliste pour les décrire avec des termes comme « exacerbée » et « toute forme ». Il traite l’information dans l’absolu.
Quant à la référence à l’autoritarisme, elle n’est pas juste. L’autoritarisme est un type de régime politique dans lequel il y a une disparité entre la société civile et l’État, bien qu’il n’y a pas d’élections et d’alternance du pouvoir: il y a une séparation entre les forces vives de la société civile et l’État.
Or, historiquement l’extrême droite a été observée dans des systèmes totalitaires, qui fusionnent les forces de la société civile et de l’État, telles que le régime nazi en Allemagne et fasciste en Italie, dans les années 1930-1940.
Les points quatre et cinq sont corrects. Si l’extrême droite est associée au totalitarisme, il est clair qu’il n’y a pas de contre-pouvoir ni de tolérance pour les minorités, étant donné que la société civile et l’État ne font qu’un.
Le point six de sa définition est absurde, puisque l’extrême droite n’évolue jamais dans un régime démocratique qui fait preuve de pluralisme avec plusieurs partis politiques, mais gouverne de manière monopolistique avec un parti unique.
En somme, la définition de l’extrême droite que donne La Presse est un mélange de conservatisme et d’attitudes politiques relevant des franges réactionnaires d’un régime autoritaire. Un amalgame pernicieux puisque le conservatisme politique est compatible avec la démocratie.
Aller dire que la Pologne, la Hongrie, l’Italie et le Brésil ont des gouvernements d’extrême droite, et les comparer aux régimes de l’Allemagne et de l’Italie des années 1930-1940 relève du mensonge et de la désinformation. Au pire, la Hongrie est une démocratie illibérale, mais aucun de ces pays ne se qualifie comme un régime autoritaire, alors encore moins comme des gouvernements d’extrême droite, généralement associé au totalitarisme.
Ceci dit, vous voyez où mène cette définition selon les six critères précédents? Identité nationale : vous êtes fiers de votre pays, vous êtes d’extrême droite; progressisme : vous vous opposez au progressisme de la gauche woke, vous êtes d’extrême droite; autoritarisme : vous êtes en faveur de la loi et l’ordre, vous êtes d’extrême droite; contre-pouvoir : vous dénoncez le gouvernement des juges, vous êtes d’extrême droite; droits des minorités : vous en avez plus qu’assez d’entendre parler des droits des LGBTQ2+ et de la discrimination positive à l’embauche pour les minorités, vous êtes d’extrême droite; règles du jeu démocratique : vous croyez que la fraude électorale est possible dans les nations occidentales : vous êtes d’extrême droite.
Rhétorique
Notons au passage l’utilisation d’un procédé rhétorique que l’on observe souvent dans les pages de La Presse : l’antiphrase. L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce que l’on pense réellement. Son procédé est simple, il inverse le sens des propos dans une sorte d’admission pour ensuite affirmer le contraire.
C’est exactement ce qui se passe dans ce paragraphe lorsque Brousseau-Pouliot écrit : « Bien sûr, il est tout à fait sain dans une démocratie de critiquer la politique d’immigration d’un gouvernement ou de réfléchir à la capacité d’accueil et aux seuils de façon sensée et factuelle. Or, à la manifestation de Londres, plusieurs orateurs étaient à fond dans les discours racistes ».
La rhétorique est un procédé qui vise la persuasion, mais qui ne fait pas preuve de rationalité.
Grand remplacement
Brousseau-Pouliot cite l’organisateur de la manifestation, Tommy Robinson, un journaliste qui a documenté le phénomène des « grooming gangs » en Angleterre, pendant des années.
« Ce n’est pas juste l’Angleterre qui est envahie. Ce n’est pas juste l’Angleterre qui est violée. Toutes les nations occidentales font face au même problème : une invasion et un remplacement orchestrés et organisés des citoyens européens sont en cours. »
Le journaliste poursuit son texte en affirmant que cette citation constitue un discours raciste et que le grand remplacement n’existe pas. En fait, l’Europe subit une immigration de masse depuis des années. Brousseau-Pouliot passe sous silence que même le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, a admis qu’il y avait une politique de frontières ouvertes et que cela constituait une expérience.
Pourtant, des bateaux remplis de migrants illégaux continuent de toucher terre chaque semaine en Angleterre. Si ce n’est pas une invasion, qu’est-ce que c’est? Quant à la référence au viol, elle est tout à fait juste. Les gangs de violeurs pakistanais qui ont agressé des adolescentes blanches pendant des années en Angleterre sont un phénomène connu et documenté.
Et en ce qui a trait au remplacement de population, il est la conséquence inévitable de l’immigration massive. Ce n’est pas une théorie du complot, c’est un fait résultant des politiques de frontières ouvertes pendant plusieurs années, tant en Angleterre, que dans l’Union européenne, qu’aux États-Unis sous l’administration Biden ou au Canada sous celle de Justin Trudeau.
La désinformation des médias de masse est toujours pathétique, mais, lorsqu’elle inverse la réalité et manipule le langage en changeant la signification des concepts, elle devient carrément dangereuse.











