M

Soutenir notre mission

Soutenir Indocile Média, c’est appuyer un média indépendant engagé à chercher, questionner et préserver une information libre.

Vous pouvez contribuer par un don (monétaire ou en Bitcoin) ou en souscrivant à un abonnement. Votre soutien fait toute la différence. Merci infiniment!

Accueil 5 À la une 5 Immigration massive et faux documents : les illégaux se cherchent des cartes
Immigration massive et faux documents : les illégaux se cherchent des cartes

La demande pour les faux documents — tels que les passeports, les permis de conduire, les cartes d’assurance maladie — est en recrudescence au Québec, ce qui est causé par le système d’immigration brisé de l’ère libérale, alors que des dizaines de milliers d’individus se trouvent illégalement sur le territoire canadien.

Le marché du monde interlope n’est pas si différent de celui de l’économie propre, c’est-à-dire qu’il répond à des incitatifs fondés sur l’offre et la demande. 

C’est un peu la même chose avec l’immigration massive. Plus il y a d’immigrants en situation irrégulière sur le territoire, plus il y aura une demande accrue pour les faux documents. 

Et justement, ces deux éléments sont réunis au Québec. La Sûreté du Québec (SQ) a démantelé deux laboratoires clandestins de fabrication de faux documents à Montréal en 2025 et en 2026. Selon les communiqués de la SQ, les laboratoires en question possédaient des équipements ultras sophistiqués.

La première perquisition a permis de saisir 1000 documents falsifiés, comme des permis de conduire, des cartes de résidence canadienne, des cartes de la Régie d’assurance maladie et des cartes d’assurances sociales, le 21 mars 2025. 

Le deuxième laboratoire a été démantelé le 8 juillet dernier. Les équipements saisis permettaient de fabriquer des passeports du Canada, de la France, de la Suisse et de l’Italie, ainsi que des permis de conduire du Québec, de l’Ontario et de plusieurs autres provinces, en plus de l’État américain de la Floride. On pouvait aussi y fabriquer de faux certificats de naissance, des cartes d’assurance maladie et des permis d’acquisition d’armes à feu. 

La question qu’un lecteur averti doit se poser à ce stade-ci du texte, c’est comment Indocile Média peut-il conclure qu’il y a une recrudescence de la demande pour les faux documents au Québec ? 

Le processus est simple, mais révélateur. Nous avons téléchargé les 1256 communiqués de presse disponibles sur le site de la SQ, lesquels cumulent six ans d’information, c’est-à-dire de 2020 à 2026. À partir de cette liste, un programme informatique a extrait les données pertinentes. 

Or, il n’y a qu’en 2025 et 2026 que deux laboratoires de fabrication de faux documents ont été perquisitionnés et démantelés par la SQ.

Si on se positionne dans une logique de marché, il n’y a qu’une réponse possible à ces événements : ces laboratoires avaient été mis sur pied parce qu’il y avait une demande pour ce type de produits. Et logiquement, s’il y a une demande pour de faux documents, c’est qu’il y a plus de personnes sur le territoire du Québec et du Canada qui sont ici illégalement et qui ont besoin de faux papiers pour fonctionner dans la société. 

L’écueil de l’immigration massive

De 2021 à 2025, Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC) a accordé environ 2,6 millions de permis d’étude à des étrangers, toutes catégories confondues. Pour la même période, IRCC a émis près de 4,36 millions de permis de travail à des étrangers, encore une fois, toutes catégories de permis confondues. 

L’ensemble de ces données suggèrent que près de sept millions de personnes ont foulé le sol canadien sur des visas et permis temporaires, depuis 2021. À cela on doit ajouter les demandes d’asile, dont l’arriéré s’élevait à 300 000 en septembre 2025. Et c’est sans compter tous les illégaux qui traversent la frontière à pied à partir des États-Unis, sans que rien ne soit fait, puisque notre frontière est une véritable passoire.

Vous aurez compris que ça commence à faire du monde qui sont ici, soit de manière temporaire, soit de manière irrégulière ou illégale. Des individus qui ne voudraient pas rentrer dans leur pays une fois leur séjour terminé au Canada pourraient se tourner vers la filière des faux documents. 

Ce n’est pas du tout impossible, puisque plus tôt cette année, la vérificatrice générale a établi que 153 000 étudiants étrangers n’avaient pas respecté les conditions de leur permis d’étude. On a aussi appris que l’IRCC n’avait enquêté que 4000 d’entre eux, faute de budget! 

Lorsque la ministre de l’Immigration du Canada, Lena Diab, est questionnée en comité parlementaire, elle n’arrive pas à répondre aux questions. Notamment, sur le nombre de personnes qui sont au pays et dont les visas sont expirés. 

Ce n’est pas surprenant, on a un peu plus de 150 000 étudiants étrangers qui ne vont pas à leurs cours et qui disparaissent dans la nature, et on arrive seulement qu’à en enquêter 4000! Alors, imaginez tout le reste : les travailleurs étrangers, les faux demandeurs d’asile et les illégaux qui traversent la frontière.

Pas étonnant que la SQ ait démantelé deux laboratoires sophistiqués qui donnent dans la fabrication de faux documents en 15 mois. Là où il y a une demande, l’offre s’installe.

Vous avez apprécié cet article ? Faites un don pour soutenir la presse libre!

En argent ou en Bitcoin, quel que soit le moyen choisi, votre soutien est essentiel. Merci du fond du cœur!

Pas encore membre Indocile ?

Soutenez une presse libre et rigoureuse. Abonnez-vous pour accéder à du contenu exclusif et soutenir un journalisme sans compromis!

Ne manquez pas nos publications, rejoignez-nous

Partager l’artIcle et relayez la voix des indociles

Cela pourrait vous intéresser

À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

Catégories

Derniers articles

Découvrez nos ouvrages & nos abonnements

Derniers articles