Signature de la Proclamation de la Constitution le 17 avril 1982. Crédit : Robert Cooper. Bibliothèque et Archives Canada, e008300499 – Flickr
Lors de la signature de la Constitution canadienne, en 1982, le Canada a été acclamé pour son progrès, pour son aspect moderne : on y avait enchâssé une Charte des droits et libertés et élevé sur un piédestal le multiculturalisme. 43 ans plus tard, cette idéologie promue par l’État se retourne contre la société qui l’a mise au monde.
Le Québec a eu beau avertir Ottawa sur les seuils insoutenables d’immigration qu’il lui imposait depuis des années, le Canada anglais faisait la sourde oreille. Aujourd’hui, l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta découvrent à leurs dépens l’immigration massive qui s’abat sur ce pays et qui met à mal son économie.
Le Toronto Sun rapportait en novembre dernier que, de septembre 2024 à décembre 2025, 4,9 millions de visas de résidents temporaires allaient expirer. Le ministre de l’Immigration de l’époque, Marc Miller, avait poussé le ridicule à son paroxysme en disant qu’il espérait que ces personnes quittent volontairement le pays.
La situation est simple: l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et Immigration, réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), n’ont pas les effectifs pour contrôler ces millions d’individus et faire respecter la loi.
Une source proche du dossier a informé Indocile Média que les autorités ne sont pas en mesure d’effectuer une nouvelle vérification de sécurité de l’identité des 4,9 millions de visas, tellement elles sont débordées à vérifier les cas des nouveaux immigrants qui arrivent au pays. Apparemment, il y aurait un arriéré variant entre six et 12 mois, sans compter tous les problèmes au filtrage avec l’imposition de quotas.
Multiculturalisme: une démocratie du clientélisme
Le multiculturalisme chartiste construit le réel en fondant la société canadienne dans l’apologie de la diversité à tout prix. Il en fait une obligation constitutionnelle et législative pour le gouvernement fédéral de le promouvoir de manière transversale à l’ensemble de ses politiques.
Concrètement, cela se reflète par des programmes gouvernementaux qui financent une foule d’organismes à but non lucratif qui s’occupent de la redistribution des argents et des services aux immigrants, et plus vastement à la promotion de la diversité culturelle.
Ces organisations sont très nombreuses (IRCC finance plus de 550 organismes) et deviennent autant de lobbys qui influencent les communautés culturelles et conséquemment leur orientation politique. Par exemple, on peut facilement imaginer que des communautés sikhes de l’ouest du Canada appuient massivement les Conservateurs, alors que les communautés arabes de l’Ontario et du Québec se rangent derrière les Libéraux.
Là où ça pose problème, c’est lorsque le gouvernement devient prisonnier de son idéologie. Indocile Média a reçu un mémorandum (F-01315550) de l’IRCC obtenu par la Loi d’accès à l’information qui discute du recalibrage et de la gestion du volume des résidents temporaires.
À la fin de ce document, on mentionne la chose suivante: « Les militants immigrationnistes et les clients actuels ou potentiels [c’est-à-dire les 550 organismes subventionnés] pourraient réagir défavorablement aux mesures de gestion du volume, compte tenu du plaidoyer de longue date en faveur de davantage d’accès. On s’attend également à ce que les employeurs canadiens réagissent défavorablement, car cela pourrait réduire le bassin de candidats pour les postes. »
Ainsi, un gouvernement qui tenterait de juguler l’immigration massive, qui afflige le Canada à l’heure actuelle, se verrait contraint de ménager les sensibilités des organismes qu’il finance lui-même, puisque, d’une part, il y a des votes à aller chercher en fin de compte et, d’autre part, le multiculturalisme compris dans la Constitution force les gouvernements à agir dans ce sens.
La boucle est bouclée, la révolution dévore ses enfants. Comme toutes les idéologies terminant en isme, il aurait peut-être été plus sage de ne pas en inscrire une sur un bout de papier, en 1982.











