La santé mentale des Canadiens s’est complètement détériorée depuis 2015. Tous les indicateurs de Statistique Canada signalent un déclin important, que ce soit en matière de perception de la santé mentale, de la dépression ou du stress chronique.
Après avoir fait la démonstration que la qualité de vie des Canadiens s’était étiolée depuis 2021, Indocile Média poursuit son enquête statistique du côté de la santé mentale, et le portrait n’est pas reluisant du tout.
Si notre analyse précédente révélait un effondrement de la qualité de vie depuis 2021, les données sur la santé mentale montrent que la crise couvait depuis bien plus longtemps. En remontant jusqu’en 2015, on constate que la détérioration a débuté il y a près de 10 ans, la pandémie n’ayant fait qu’accélérer une tendance déjà inquiétante.
En fait, la situation est inquiétante. Le pourcentage de la population canadienne qui disait avoir une excellente santé mentale est passé de 72 % en 2015 à 53,7 % en 2024, ce qui représente une diminution de 25 % en près de 10 ans! Ça représente un déclin massif avec une chute marquée autour de la pandémie de COVID-19, comme on peut le constater sur le graphique suivant.
Mauvaise santé mentale, dépression, stress
Autrement dit, le nombre de Canadiens qui admettent que leur santé mentale est mauvaise a explosé. En 2015, il y avait 1,64 million d’individus avec une mauvaise santé mentale contre 4,83 millions en 2024, soit le triple. On est passé d’un Canadien sur 18 à un Canadien sur six qui avoue ressentir de la détresse psychologique.
Même son de cloche du côté de la dépression, où environ 2 millions de personnes de plus souffrent de dépression en 2024, pour un total de 4,24 millions, soit 86 % de plus.
Quant aux individus qui disent souffrir de stress chronique, ils étaient 6,21 millions en 2015 et 7,41 millions en 2024, ce qui représente une hausse de 19 %.
Un cocktail explosif de facteurs
Comment expliquer une telle dégradation? L’hypothèse que nous proposons est multifactorielle. Plusieurs éléments convergents semblent en cause. D’abord, la pandémie de COVID-19 a agi comme accélérateur d’une tendance déjà amorcée, en amplifiant l’isolement social et l’incertitude économique. Ensuite, la crise du logement et l’inflation galopante exercent une pression financière sans précédent sur les ménages canadiens, particulièrement les 25-54 ans qui portent le poids des hypothèques et de l’éducation des enfants.
À cela s’ajoutent la précarisation du travail, l’effritement des services publics et l’omniprésence anxiogène des réseaux sociaux. Cette tempête parfaite crée un climat d’insécurité généralisée où l’avenir apparaît de plus en plus sombre, alimentant un cercle vicieux de détresse psychologique collective.











