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La mortalité hivernale des abeilles s’avère très inquiétante depuis 2022 au Québec, mettant à mal la survie de l’industrie apicole, tout comme celle des colonies d’abeilles dont l’activité pollinisatrice constitue un facteur essentiel pour près de 40 % des fruits et des légumes que nous mangeons.
La situation est peut-être pire que ce que l’on pourrait croire. « Nous pourrions assister à un effondrement irréversible de ce secteur vital », a écrit Maggie Lamothe Boudreau dans une lettre d’opinion en janvier dernier. La première vice-présidente des Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ) tire la sonnette d’alarme. Elle soutient que les apiculteurs sont « à genoux » et que cette forte mortalité met « tout un pan de notre écosystème en péril ».
Des taux de pertes insoutenables
Elle parle même d’une hécatombe hivernale, dont les taux de mortalité atteignent de 30 % à 50 % dans certaines régions du Québec, comparativement à des taux de perte des colonies d’abeilles beaucoup plus faible autrefois, variant de 10 % à 20 %.
Le président de l’AADQ, Raphaël Vacher, abonde dans le même sens, et discute « d’épisodes catastrophiques », précisant qu’en 2022, « les pertes ont été de 50 % et en 2024 de 40 % ». Or, la dernière fois qu’un événement aussi majeur avait affecté les abeilles et l’industrie apicole du Québec remonte à 2003, soit 19 ans avant l’épisode de 2022. Le fait que les taux de mortalités élevés deviennent monnaie courante d’une année à l’autre est plus que préoccupant, soutiennent les deux porte-paroles.
Des causes connues
Deux causes principales qui provoquent la mort des abeilles ont été identifiées, à savoir la présence d’un acarien parasite, le varroa destructor, et l’épandage de pesticides. Le varroa provient d’Asie et se nourrit des corps gras de l’abeille, ce qui l’affaibli et l’empêche de résister au froid des hivers québécois. Le pire, c’est que ce parasite se reproduit de façon exponentielle.
En ce qui concerne l’exposition aux pesticides, le Réseau d’avertissements phytosanitaires affirme que l’empoisonnement des abeilles se produit généralement de manière graduelle. Autrement dit, les abeilles sont victimes d’une intoxication chronique qui relève d’une exposition aux pesticides sur le long terme, plutôt qu’une intoxication aigüe, qui elle survient après une forte exposition, comme une surdose en quelque sorte.
De quels produits est-il question ? Pesticides, acaricides, insecticides, fongicides, herbicides. La liste est longue et les substances toxiques nombreuses. Il importe de savoir qu’elles restent dans l’environnement et que les abeilles les ingèrent progressivement par l’entremise de l’eau, du pollen ou du nectar contaminé qu’elles consomment. Des outils d’information ont même été développés pour minimiser l’impact de l’utilisation de ces substances sur les abeilles et les cultures.
Dans le cadre de cet article, les Apiculteurs et apicultrices du Québec ont refusé notre demande d’entrevue et nous avons travaillé à partir d’informations disponibles dans la sphère publique numérique.











