Le président américain Joe Biden en compagnie du président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d’une visite à Kiev, le 20 février 2023. Crédit photo: AFP.
Dans un article paru plus tôt cette semaine sur le site internet du média The Hill, un professeur de l’Université du Texas qui enseigne la stratégie militaire et la gestion de conflits a donné raison au président Trump, à savoir que s’il avait été au pouvoir en 2022, l’invasion russe de l’Ukraine ne se serait jamais produite.
À la suite de la rencontre entre les présidents Trump et Poutine en Alaska, il y a une semaine, le professeur Alan J. Kuperman a publié un article dans lequel il avance trois arguments pour soutenir son propos, et souligne au passage que, pendant des années, les médias américains n’ont fait que désinformer sur les enjeux réels entourant ce conflit.
Il soutient que la responsabilité du déclenchement de l’invasion repose bien plus sur les épaules de Joe Biden que sur celles de Poutine. Voilà une assertion qui fera grincer des dents l’auditoire régulier des médias de masse traditionnels. Depuis 10 ans, on lui rabâche sans cesse les oreilles avec la rhétorique du méchant Trump républicain et, depuis 2022, avec celle d’un Poutine annexionniste, mégalomane, fou.
Premièrement, Kuperman prétend que l’affirmation de « l’invasion non provoquée » ou du conflit « non provoqué » qui a maintes et maintes fois été répétée dans les médias est tout simplement fausse. En fait, c’est plutôt l’inverse qui est vrai. Les éléments d’extrême droite qui ont perpétué des actes de violence contre les populations russophones au sud-est de l’Ukraine ont clairement provoqué la Russie. Ce sont ces éléments extrémistes qui ont pris le pouvoir de force après le renversement du président pro-russe Victor Yanukovych en 2014, lequel avait un mandat démocratique légitime.
Deuxièmement, la responsabilité de l’échec des accords de Minsk 1 et 2 incombe principalement à l’actuel président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky. Celui-ci n’a jamais respecté les accords, et au lieu de garantir une autonomie politique partielle à la région du Donbass, il a continué à importer des armes de l’OTAN et renié ses promesses électorales de 2019, soit d’implémenter Minsk! Alors que Zelensky disait une chose, il faisait son contraire et recherchait la protection de l’OTAN.
Troisièmement, Joe Biden a contribué à la perpétuation et à l’escalade de la violence. Vers la fin de l’année 2021, lorsque les troupes russes se rassemblent à la frontière avec l’Ukraine et que Poutine requiert l’effectivité des accords de Minsk, que fait Biden? Il ne force pas Zelensky à les respecter et à s’engager sur la voie diplomatique, mais affirme plutôt que « si la Russie envahit, les États-Unis vont répondre décisivement et rapidement, ce qui a été interprété comme un feu vert par Volodymyr Zelensky pour défier Poutine », soutient Kuperman.
Or, la volonté du 47e président des États-Unis de rétablir le dialogue avec la Russie et d’entamer des démarches de négociations en vue d’établir une paix durable détonne avec les actions de son prédécesseur.
Jamais il n’aurait été imaginable de voir un tel article publié dans le média The Hill, dans les dernières années ou même dans les derniers mois. À chaque fois qu’il y a un conflit, la caste médiatique sert à qui veut l’entendre la propagande de guerre pour formater l’opinion publique, souvent dictée par ceux qui sont au cœur du pouvoir au sein de l’Empire américain lui-même.
Dans un contexte de la sorte, les médias canadiens et québécois ne sont que la courroie de transmission de l’information américaine. Ils sont insignifiants en matière de nouvelles internationales et le public est manipulé : son consentement est fabriqué.











