La Coalition Avenir Québec sera liquidée aux prochaines élections, avec le départ du chef, François Legault, et de plusieurs ténors du parti, les dés sont joués pour la CAQ, qui ne pourra pas remonter la pente d’ici le mois d’octobre.
On aime répéter la boutade de Bourassa, qui stipule qu’en politique, « six mois c’est une éternité », signifiant par là qu’il peut se passer à peu près n’importe quoi pour renverser la vapeur à court terme.
Dans le cas de la CAQ, on voit mal comment les huit prochains mois pourraient lui être favorables. Les sondages sont une véritable catastrophe pour la formation politique depuis des mois, à tel point que l’agrégateur de sondages du site QC125 la gratifie de 15 % du vote en 4e place après le PCQ, le PLQ et le PQ. Ce résultat donne à la CAQ une projection de zéro siège à l’Assemblée nationale. C’est ce qui s’appelle se faire liquider.
Or, si la CAQ n’avait fait que changer de chef pour insuffler un peu de vie à sa marque politique, on aurait pu croire à un coup à la Mark Carney pour renverser le momentum, mais la vérité c’est que le parti se désagrège.
Les départs s’accumulent depuis quelques mois: Maïté Blanchette Vézina démise de son poste de ministre a claqué la porte en septembre dernier; Lionel Carmant qui était ministre responsable des Services sociaux a choisi de siéger comme indépendant à la fin du mois d’octobre; Christian Dubé a démissionné de son poste de ministre de la Santé et a quitté le caucus de la CAQ en décembre; le premier ministre François Legault a annoncé sa démission le 14 janvier et, dans les jours qui ont suivi, Geneviève Guilbault, ministre des Affaires municipales, et Sonia Lebel, ministre de l’Éducation, ont affirmé qu’elles ne se représenteraient pas pour un autre mandat.
Ça commence à faire beaucoup! Non seulement le parti est au plus bas dans les sondages, mais il se déstructure. S’il survit à ce cycle électoral, il est évident que ce sera à titre de parti de l’opposition pour plusieurs années.
En fait, la CAQ traîne son bilan, qui est celui de François Legault, les deux étant indissociables. En somme, ce parti aura voulu incarner la troisième voie, mais son nationalisme a été au mieux timide, et sans dire qu’il n’a été qu’une façade, il a certainement servi d’appel du pied (dog whistle) pour rallier les électeurs. Sans compter que l’immigration de masse s’est produite sous sa gouvernance, et on ne peut blâmer uniquement le fédéral. La CAQ a failli à protéger la nation. Son premier mandat aura aussi été marqué par deux longues années d’autoritarisme durant la crise sanitaire, une période que plusieurs Québécois ont encore sur la conscience. Quant au second mandat, il est entaché par une panoplie de scandales financiers liés à l’échec de la filière batterie, se chiffrant en milliards de dollars. La CAQ est finie, kapout!
Octobre 2026
La redistribution des sièges en vue de la campagne de cet automne se fera donc sans la CAQ dans l’équation. Réglons immédiatement le cas des partis sans potentiel de croissance, soit QS et le PLQ.
QS est un parti constitué de wokes et de communistes et on peut le qualifier d’islamo-gauchiste. Il sera toujours relayé à la marge avec quelques sièges, pour des députés dont la seule tâche sera celle du signalement de vertu.
Le PLQ a abandonné les Canadiens français en embrassant le multiculturalisme radical des années Couillard. Il est désormais le parti des immigrants et n’arrive presque pas à faire élire de députés à l’extérieur de l’île de Montréal. Il pourra espérer mieux dans une ou deux décennies lorsque les boomers seront décédés et que le changement de peuple sera complété avec l’immigration de masse.
Reste le Parti Québécois et le Parti Conservateur du Québec. Le premier a le plus à perdre. Les sondages lui octroient environ 35 % des intentions de vote et QC125 projette 76 sièges pour la formation politique. Il a de bonnes chances de l’emporter dans les circonstances actuelles, mais plus la date butoir des élections va se rapprocher, plus la carte de la peur du référendum sera jouée par ses adversaires. D’ailleurs, si le PQ veut remporter un référendum, il lui faudrait environ 70 % du vote canadien-français en faveur du Oui, ce qui n’arrivera pas. Malheureusement, il s’hypnotise lui-même en croyant que le vote ethnique pourrait choisir autre chose que l’option du Non. En somme, le projet référendaire est voué à l’échec et une défaite signera l’arrêt de mort de la nation canadienne-française, puisqu’à chaque défaite, il faut concéder du territoire. Comme disait Clausewitz, la guerre c’est la continuation de la politique par d’autres moyens. Or, l’inversion de cette formule est tout aussi vraie et le PQ devrait le savoir.
Le PCQ par contre, est le parti qui a le plus à gagner. Il a récemment envoyé un signal nationaliste en faisant la promotion de la natalité et en dénonçant les excès en matière d’immigration. S’il joue cette carte avec le Québec francophone, en plus de véhiculer un discours de droite économique, il pourrait briser son enclos de la région de Québec et aller piger dans le vote de la CAQ et du PQ, surpassant les huit sièges qu’on lui attribue à l’heure actuelle.











