La crédibilité de Radio-Canada a été entachée dans le dossier du transgenrisme aux olympiques à la suite d’une plainte de l’organisme Déclaration internationale des droits des femmes (DIDF). Le média d’État a retiré un reportage diffusé au Téléjournal du 26 mars de toutes ses plateformes, en plus de devoir modifier un article de l’Associated Press (AP) qui était trompeur.
DIDF a logé deux plaintes les 26 et 27 mars derniers auprès de l’ombudsman de Radio-Canada, Pierre Champoux. La première visait un article de l’AP paru sur le site de Radio-Canada Info dont le titre original, « Les athlètes transgenres de sexe féminin seront exclues des Jeux olympiques », a été modifié pour « Les femmes transgenres seront exclues des épreuves féminines aux Jeux olympiques ».
La coordonnatrice de la DIDF pour le Québec, Ghislaine Gendron, a relevé quatre inexactitudes dans l’article, dont deux dans le titre uniquement, montrant l’alignement idéologique des médias de masse, que sont Radio-Canada et l’AP, sur la question du transgenrisme.
Premièrement, la nouvelle directive du Comité international olympique (CIO) ne vise pas les athlètes transgenres de sexe féminin, mais bien les athlètes transgenres de sexe masculin, soit l’inverse de ce que soutenait le titre d’origine de l’article. C’est une confusion majeure.
Deuxièmement, le titre laissait entendre que les athlètes transgenres seront bannis des Jeux olympiques (JO), ce qui est faux. « À aucun endroit dans la politique ne peut-on lire qu’un athlète transgenre ou non-binaire sera exclu des Jeux olympiques », a écrit Mme Gendron dans sa plainte. « Insinuer que « les athlètes transgenres seront bannis » fait preuve d’un grand manque de professionnalisme, est inexact et induit en confusion les lecteurs et les lectrices », a-t-elle poursuivi.
Comme cela est expliqué dans la plainte, les catégories aux JO sont basées sur le sexe et non sur les identités psychologiques, ce qui veut dire que les hommes qui s’identifient comme femmes pourront quand même participer dans leur catégorie masculine respective.
Sur ces deux points, Radio-Canada a donné raison à la plaignante et a modifié le titre de l’article.
Troisièmement, l’article affirme que cette politique du CIO est « une nouvelle politique d’admissibilité qui s’aligne sur le décret du président des États-Unis, Donald Trump, concernant le sport féminin ».
La directrice intérimaire des politiques journalistiques de Radio-Canada, Dominique Poirier, a répondu à Mme Gendron en lui signifiant que cette mention du décret de Trump est « un rappel factuel et contextuel qui ne fait aucun lien avec la décision du CIO ».
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est quand même étrange qu’une assertion qui n’a « aucun lien » avec la décision du CIO se retrouve dans le premier paragraphe de l’article!
La quatrième inexactitude relevée dans la plainte concerne le boxeur algérien Imane Khelif. L’article mentionnait qu’il « avait été attaqué sur son identité de genre ». Or, la coordonnatrice de la Déclaration internationale des droits des femmes au Québec souligne que le boxeur avait plutôt été accusé d’avoir menti sur son sexe.
En fait, Imane Khelif serait atteint d’une différence du développement sexuel. Comme le souligne Mme Gendron, « la condition dont sont atteints ces athlètes est un déficit de l’enzyme 5-alpha réductase, une condition médicale qui n’atteint que les hommes. Ces athlètes possèdent une prostate, ils produisent des gamètes mâles (du sperme), sont souvent infertiles, ont des testicules (quelquefois à l’intérieur) et ont des tailles « atypiques » de leurs parties génitales. Ils ne développent pas de poitrine féminine. »
Radio-Canada a changé le texte et remplacé l’expression « identité de genre » par « identité biologique ». Une expression qui n’est pas moins ambiguë dans le contexte, puisque le sexe est un donné biologique, pas une identité.
Téléjournal 22 h
Quant au reportage du Téléjournal de 22 h du 26 mars, la DIDF a logé une seconde plainte le 27 mars, en soulevant deux inexactitudes.
D’une part, le reportage s’ouvre sur une phrase qui est au mieux une inexactitude et au pire un mensonge : « Le CIO a longtemps évité de se prononcer sur la place des athlètes transgenres dans le sport de haut niveau ».
En effet, le CIO s’est prononcé à au moins deux reprises sur les athlètes transgenres, soit en 2015 et en 2021, où il a modifié ses directives officielles sur les athlètes transgenres : une information accessible à tous sur le site du CIO.
Quant à la deuxième inexactitude, elle a été repérée dans cette phrase de la narration du reportage : « Les compétitions féminines seront maintenant réservées aux femmes biologiques qui ne présentent pas de différence de développement sexuel ».
Or, la DIDF fait remarquer que ce n’est pas ce que la nouvelle politique du CIO mentionne, mais plutôt l’inverse, c’est-à-dire que ce sont les hommes biologiques qui ne pourront plus concourir dans la catégorie féminine. Radio-Canada a commis exactement les mêmes erreurs que l’AP, ce qui laisse croire que la société d’État a calqué son explication de cet enjeu sur celle de l’agence de presse.
Radio-Canada a retiré le reportage de toutes ses plateformes : un aveu tacite que la couverture de la société d’État ne respectait pas ses propres normes journalistiques.











