L’État canadien a dépensé près de deux milliards de dollars pour effectuer de la recherche woke en sciences humaines, entre 2010 et 2024, ce qui représente 28 % du budget de presque tous les projets de recherche du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).
Le tableau interactif ci-dessous, Prisme, a été construit à partir des données longitudinales du CRSH et représente un outil de pointe d’une grande précision pour comprendre l’évolution du financement de la recherche en sciences humaines au Canada. Et notamment, l’imprégnation de l’idéologie woke dans la recherche.
Notez que le Fonds de soutien à la recherche qui représente le plus gros poste de dépenses du CRSH n’a pas été pris en compte dans l’analyse, car il finance la logistique et les immobilisations liées à la recherche et non la recherche elle-même. (L’analyse des données vient après le tableau)
Vue d’ensemble
L’ensemble des 150 235 projets en recherche en sciences humaines au Canada totalisent une somme de 6,78 milliards en subventions. De ce total, 41 000 projets sont de nature woke, soit 27 % d’entre eux pour environ 28 % du budget total, c’est-à-dire 1914 millions de dollars.
Thèmes
On observe une augmentation constante de la part du financement des projets de recherche woke à partir de 2015, ce qui correspond à l’entrée sur la scène politique du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Le plus gros poste de dépenses est la recherche autochtone avec 838 M$. Il est suivi par la recherche en matière d’équité, diversité et inclusion (EDI) avec 731 M$. Le troisième poste revient aux projets d’études féministes avec 381 M$. Quant aux autres thématiques wokes que sont la justice sociale, la race, le genre et la censure, elles totalisent ensemble 609 M$. (Un projet peut relever de plusieurs thèmes ; les montants par thème ne sont pas additifs.)
Programmes
Une analyse par programme démontre que le wokisme dans les sciences humaines n’est pas confiné, mais qu’il est plutôt transversal à l’ensemble des programmes, laissant supposer qu’il est l’idéologie dominante du monde universitaire à notre époque.
Provinces et institutions
Lorsqu’on regarde la répartition cumulative des budgets de recherche woke par province, et le pourcentage de budget woke, on constate que l’Ontario (818 M$) arrive en première place, suivi du Québec (392 M$), de la Colombie-Britannique (266 M$) et de l’Alberta (178 M$). Le reste des provinces est somme toute assez marginal. Conséquemment, les institutions universitaires qui ont reçu le plus d’argent sont en Ontario (University of Toronto et Université York). L’Université de la Colombie-Britannique arrive en troisième place et celle de l’Alberta en quatrième, et McGill en cinquième. Fait intéressant, les bourses attribuées directement à des chercheurs, soit les bourses individuelles, arrivent tout de suite après. Ces cinq institutions plus les bourses individuelles cumulent presque 700 M$.
Disciplines
Plus encore que l’analyse par programme, l’analyse selon la discipline démontre l’imprégnation du wokisme à travers pratiquement tous les champs des sciences humaines et sociales. Des études sur les femmes à la géographie, en passant par la sociologie de l’éducation, jusqu’à l’histoire de l’art, rien n’y échappe. Le wokisme est partout. La sociologie est woke à 38 %, l’histoire à 38 %, les sciences politiques à 34 %, le droit à 29 %. Notons au passage que les projets dans les études sur les femmes et l’histoire des femmes sont à 90 % wokes, des disciplines gangrenées par l’idéologie.
Projets
La section projets comprend les 41 045 projets wokes répartis sur 821 pages, à titre de 50 projets par page. On y mentionne l’année, le programme auquel il appartient, l’institution d’appartenance, le montant de la subvention accordée et le thème woke qui le définit. Des onglets de catégorie par thèmes et années, ainsi qu’une barre de recherche, permettent de fouiller les projets de manière systématique. Transparence oblige, le fichier CSV est disponible pour ceux qui voudraient s’amuser avec les données.
Tranches
On constate qu’il n’y a pas de corrélation entre la grosseur de la subvention et le wokisme du projet, qui semble uniformément réparti entre 22 % et 37 % des projets, dès qu’on dépasse 10k $.
Méthodologie
La méthodologie repose sur l’analyse automatisée des titres et mots-clés déclarés par les chercheurs dans les 150 235 projets financés par le CRSH entre 2010 et 2024, à partir des données ouvertes publiées par l’organisme fédéral. Un dictionnaire de 261 termes répartis en sept thèmes (équité, diversité et inclusion (EDI), race et racisme, genre et sexualité, féminisme, autochtones, justice sociale et censure) permet d’identifier les projets à connotation idéologique.
Des règles d’exclusion éliminent les faux positifs dans les contextes médical, biologique, historique, financier et grammatical. Le Fonds de soutien à la recherche et le Programme des coûts indirects, qui financent la logistique universitaire plutôt que la recherche, ont été retirés de l’analyse.
Seules les entrées du chercheur principal sont retenues pour éviter le double comptage. Cette méthode est conservatrice : elle ne capture que les projets dont le vocabulaire idéologique apparaît explicitement dans le titre ou les mots-clés, et ne prétend pas mesurer le contenu réel de la recherche produite.











