La proportion de la surmortalité des moins de 50 ans est presque trois fois plus importante que celle de la population générale depuis 2020, ce qui veut dire que les 0-49 ans meurent à un taux anormalement élevé depuis cinq ans.
Le taux de surmortalité entre 2020 et 2025 des moins de 50 ans s’élève à 13,56 % contre 4,7 % pour l’ensemble de la population, soit presque le triple. Selon les données de la surmortalité hebdomadaire publiées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le 15 janvier, les décès excédentaires qui affectent cette tranche d’âge s’élèvent à 15,66 % en 2025, mais la pire année a été 2023 avec 18,21 %, un niveau largement supérieur à celui observé chez les personnes âgées.
Pour l’ensemble de la population et sur l’ensemble de la période analysée (5 ans), 70,9 % des semaines ont affiché une surmortalité positive, c’est-à-dire plus de décès que la normale. Cela démontre que l’excès de mortalité n’était pas un phénomène ponctuel propre à la pandémie, mais bien une situation qui s’est maintenue sur plusieurs années.
Il importe de savoir que la surmortalité totalise les décès qui dépassent les projections statistiques normales pour une catégorie. Par exemple, si on prévoit que 1000 personnes vont mourir chez les 60-69 ans en 2026, mais qu’il en meurt effectivement 1200, on dit que le taux de surmortalité est de 20 % pour cette tranche d’âge cette année-là, c’est-à-dire le rapport entre le nombre de morts effectif et le nombre de morts projeté, soit (décès observés / décès attendus) – 1, multiplié par 100 pour obtenir le pourcentage.
2025 : l’hécatombe
Pis encore, dans les deux dernières années, les quatre derniers mois de 2025 ont été les pires en matière de surmortalité pour les moins de 50 ans, avec des taux de 17,4 % en septembre, 18,23 % en octobre, 22,12 % en novembre et 24,65 % en décembre. Le tout alors que la moyenne de tous les âges confondus était respectivement de 2,42 %, 1,08 %, 4,38 % et 8,28 %.
La question qui est sur toutes les lèvres, c’est pourquoi les jeunes meurent-ils autant ? Selon les données de Statistique Canada et de l’ISQ, la hausse des décès par surdose chez les 25-44 ans explique en partie ce phénomène.
Quant à la répartition par le sexe, les hommes ont subi une surmortalité légèrement plus élevée que les femmes : 5,0 % contre 4,4 %, soit un écart de 0,64 point de pourcentage.
À l’international
Lorsqu’on se compare, on se console. Le Québec arrive au 15e rang sur 17 pour la surmortalité, ce qui est bien parce que ça signifie que moins de décès excédentaires sont survenus ici qu’ailleurs. Le taux moyen sur cinq ans est de 5 %, alors que des pays comme l’Italie affiche 10,5 %, les Pays-Bas 10 % et les États-Unis 9,6 %. Les taux de morts excédentaires sont donc assez élevés partout en Occident.
L’espérance de vie diminue
Ces données concordent avec celles publiées par Statistique Canada sur la baisse de l’espérance de vie ajustée sur la santé, qui a reculé de 3,5 ans depuis son sommet de 2010-2012. Ensemble, ces indicateurs suggèrent que les conséquences de la pandémie sur la santé de la population québécoise s’étendent bien au-delà des décès directement attribués au COVID-19.











