L’animateur de Radio-Canada, Olivier Niquet, a ridiculisé un méfait criminel dans son topo sur le reportage de Rebel News, le 1er octobre, en plus de banaliser la violence d’un antifa à l’endroit d’une femme, soit la journaliste Alexandra Lavoie. Non seulement n’y a-t-il pas matière à rire, mais un tel manque de jugement est gravement pathétique.
L’histoire débute lorsque le chanteur évangélique américain, Sean Feucht, est débarqué à Montréal dans le cadre de sa tournée pan-canadienne. L’homme est un conservateur de droite qui souscrit à la vision des États-Unis de Donald Trump, ce qui en fait de prime abord un paria aux yeux de la petite bourgeoisie médiatico-politique de Montréal. Après maintes tractations, la tenue de son concert aura finalement lieu dans une église évangélique.
La racaille antifa débarque et fait ce qu’elle sait faire de mieux, c’est-à-dire régurgiter ses inepties en assimilant un chanteur chrétien au fascisme. Mais au sein de cet amas bigarré d’individus malpropres et de wokes de la race postmoderne à cheveux bleu, vert, rose et aux multiples piercings, un homme se démarque et pénètre sournoisement dans le lieu de culte, se faisant passer pour un fidèle. Il dégaine deux bombes fumigènes et les projette sur la scène avant de prendre la poudre d’escampette.
Pendant quelques mois, Rebel News recherche l’individu en question. La semaine dernière, la section montréalaise du média de droite a publié un reportage qui démontre hors de tout doute que l’individu en question est un employé de la Défense nationale, répondant au nom de Gabriel Lepage.
Niquet l’insouciant
Dans l’émission du premier octobre de la Journée est encore jeune, Olivier Niquet a cru bon de tourner au ridicule le reportage de Rebel News qui confronte Gabriel Lepage. Bien sûr, certains propos de la journaliste sont risibles, tout le monde sait qu’il n’y a nul besoin d’avoir fréquenté l’armée pour savoir utiliser une bombe fumigène.
Le problème c’est qu’en ridiculisant le contenant du reportage, c’est-à-dire la manière dont l’information est véhiculée, Olivier Niquet banalise aussi par le fait même le contenu des événements entourant cette histoire. Or, ce contenu implique des gestes criminels. Lancer des grenades fumigènes dans un lieu de culte est un méfait criminel, probablement passible d’une peine de travaux communautaires. Sans compter que, selon Rebel News, le geste a occasionné des milliers de dollars de dommages au système de ventilation de l’église en question.
En plus, dans le reportage, Alexandra Lavoie se fait agresser par un antifa masqué qui lui fonce dessus à vélo et l’assène de coups avant de repartir en criant tel un homme excédé par la violence et la colère. En ridiculisant la violence inhérente de ces actes, Olivier Niquet leur accorde de la légitimité.
Ce qui est pathétique dans cette affaire, c’est non seulement le manque de jugement de l’animateur et de son employeur, mais aussi le fait de constater que le privilège du bobo de Rad-Can permet d’accepter des comportements qui ne passeraient jamais eu-ils été commis par des ressortissants de la droite.
Et contrairement à ce que pense Olivier Niquet, le fait qu’un homme qui travaille à la Défense nationale puisse mobiliser des antifas pour venir à sa rescousse en quelques minutes est plus que troublant. Cela soulève des questions légitimes. On sait que la GRC a des unités d’agents provocateurs, ce qui avait été dénoncé par les syndicats par le passé. Cette piste ne peut être évacuée, même s’il s’agit de la Défense nationale.
Niquet l’ironique
Le procédé ironique de Niquet est insupportable. Il manie l’ironie comme un impotent du langage, tout comme le reste de sa clique d’éternels adulescents. Comme lorsqu’il dit, Rebel News a fait une « grande » enquête en mettant l’accent tonique sur ce mot. Ou encore, lorsqu’il prononce le mot « attaque » en l’encadrant de guillemets avec ses doigts.
Rainer Maria Rilke disait de l’ironie qu’il fallait la rechercher dans la profondeur des choses, Niquet la ramasse plutôt au ras du sol.
Lui est-il déjà venu à l’idée que des citoyens qui respectent la loi et se rassemblent dans un lieu privé ont le droit à la paix, qu’importe le degré d’illégalisme qu’accorde le chroniqueur au méfait commis? Une « bombe à saveur de fraise », quel imbécile quand même!
S’il y a quelqu’un qui ne peut être pris au sérieux dans cette histoire, ce n’est pas la journaliste de Rebel News qui mène un journalisme de combat sur le terrain jour après jour, mais l’impudent employé de la société d’État.











