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CBC piège des Canadiens aux opinions conservatrices dans une opération de dénigrement

Lindsay Shepherd, auteure du livre pour enfants A Day with Sir John A, a révélé sur X avoir été victime d’un stratagème élaboré, orchestré par une fausse compagnie de production qui agissait pour le compte de la CBC. Pendant des mois, des individus utilisant de faux noms et de fausses identités ont cultivé sa confiance, ont simulé des réunions professionnelles, ont créé de faux documents commerciaux et ont orchestré un faux tournage. Tout ça dans le but de la piéger lors d’une entrevue filmée où ils se sont retournés contre elle.



Shepherd décrit un processus de manipulation systématique. Une fausse entreprise nommée « Heritage Figures Canada », et dotée d’un site web fictif, l’a « embauchée » comme consultante. De faux prototypes d’une figurine de Sir John A. Macdonald ont été fabriqués. Puis, lors d’une seconde entrevue filmée, le piège s’est refermé. L’objectif : la dénigrer et, à travers elle, salir la mémoire du premier Premier ministre du Canada.

Pour le lecteur canadien-français, la relation historique à Macdonald est toute autre, puisque c’est l’homme qui a fait pendre Louis Riel en 1885 et qui dit : « Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur. » Dire que le Québec garde un goût amer de la mémoire de cet homme n’est pas un euphémisme. Mais là n’est pas la question. 

Il s’agit de la CBC, laquelle est financée à hauteur de 1,4 milliard de dollars par année avec les deniers publics, qui piège des citoyens canadiens avec des opinions conservatrices alors qu’elle devrait représenter la diversité des voix du pays. 

Plus inquiétant encore, Shepherd affirme avoir repéré une clause dans le formulaire de consentement autorisant l’utilisation de l’intelligence artificielle, ce qui laisse planer la possibilité que le vidéo soit manipulé ou que des deepfakes soient produits à partir de son image.

Un député conservateur ciblé

Shepherd n’est pas un cas isolé. Le député conservateur de la Colombie-Britannique, Aaron Gunn, a révélé sur X que la même opération a tenté de l’attirer dans le même piège, lui faisant miroiter la promesse de « revendiquer l’héritage de Sir John A. Macdonald ».

La correspondance interne du bureau de Gunn, rapportée par Juno News, montre que son équipe a été informée que le projet était préparé pour CBC, qui serait supposément « sous pression pour offrir un point de vue équilibré sur John A. Macdonald ». Gunn a flairé le piège et a décliné la participation le 4 mai, mais pas avant que les faux producteurs aient passé des mois à tenter de l’amadouer.

Un système, pas un incident

Selon l’enquête de Juno News, l’opération porte le nom de code « Counting Coup » : une référence à une tactique de guerre autochtone visant à humilier l’adversaire. Le projet est une production de CBC Entertainment et d’APTN, financée en partie par une subvention de 6,3 millions de dollars de Patrimoine canadien à l’Indigenous Screen Office, donc par les contribuables canadiens.

Les fausses identités utilisées ont été démasquées : « Olivia Goldman » de « Nova Frame Productions » et « Pam Gibson » de « Forge Media » étaient en réalité Molly Gore, une productrice américaine de documentaires écosocialistes, et Igor Vamos, membre du groupe activiste The Yes Men, connu pour ses canulars politiques. Au moins huit personnes ont été ciblées, dont l’auteur Jerry Amernic, la professeure Frances Widdowson, le commentateur Jonathan Kay et un agent de la GRC dont l’identité n’a pas été révélée.

Une dérive inacceptable

Ce qui est en cause ici dépasse largement le canular. La CBC est le diffuseur public du Canada, ou le média d’État canadien, c’est selon. Elle est financée par l’ensemble des Canadiens, peu importe leurs convictions politiques, et son mandat est de représenter la diversité des voix du pays, y compris celles des conservateurs. 

Tendre des embuscades à des citoyens, à des auteurs et à un député élu en utilisant de faux noms, de fausses entreprises et des mois de manipulation, le tout avec l’argent des contribuables, ce n’est pas du journalisme. Ce n’est pas du divertissement. C’est une dérive institutionnelle qui devrait préoccuper tout le monde, peu importe leur allégeance politique.

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À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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