Israël a frappé le dépôt pétrolier Shahran, au nord-ouest de Téhéran. Crédit photo: Agence France-Presse
La confrontation majeure qui a cours à l’heure actuelle entre Israël et l’Iran était depuis longtemps prévisible. Par-devers l’assentiment démocratique du peuple américain, l’état profond (deep state) en avait décidé ainsi, il y a près de 25 ans, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Alors qu’Israël et l’Iran s’échangent des tirs de missiles hypersoniques depuis quelques jours en visant des cibles stratégiques respectives, cette guerre, qui semble prendre le public occidental par surprise, ne devrait surprendre personne. Il y a longtemps qu’elle était planifiée, voire désirée, que ce soit par les « war hawks » néoconservateurs américains ou israéliens.
En effet, les révélations du général à la retraite de l’armée américaine, Wesley Clark, lors d’une entrevue à la chaîne Democracy Now!, en 2007, dévoile que la décision de déstabiliser le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord a été déterminée par l’état profond, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Il soutient que, lors d’une visite au Pentagone, en 2001, un général lui a mentionné qu’un plan avait été développé (probablement par le secrétaire à la défense de l’époque, Donald Rumsfeld et d’autres acteurs) pour envahir sept pays.
Clark avait expliqué que son collègue général lui avait montré une note classifiée attestant du plan développé. « Ceci est un mémo qui décrit comment nous allons éliminer sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, et la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan en terminant avec l’Iran ».
Or, si l’on retrace l’histoire des 25 dernières années, on se rend compte que l’Irak a été envahi en 2003. La Syrie a connu des perturbations dès 2011 et un changement de régime a finalement éjecté du pouvoir Bachar-el-Assad en décembre 2024. L’OTAN a décapité la Libye en 2011. Le Liban est un état déchu et dysfonctionnel à cause de ses multiples guerres opposant le Hezbolla et Israël. Les Américains ont effectué des frappes aériennes en Somalie à partir de 2007. Bien qu’il y ait eu de récents troubles au Soudan, cela relève plutôt d’une dynamique interne et non d’une intervention américaine (cet État est peut-être le seul de la liste qui a été épargné). Et nous sommes au point où la dernière phase du plan pourrait être implémentée, c’est-à-dire le cas de l’Iran.
Bien sûr, Israël est inquiet que l’Iran acquière l’arme nucléaire et, dans cette optique, il effectue des frappes préventives. Il faut aussi noter qu’Israël et les États-Unis agissent souvent en parfaite collaboration. On pourrait presque dire qu’Israël est le bras armé des États-Unis au Moyen-Orient et que rien ne se passe sans l’assentiment de l’un pour l’autre, ou presque.
Monde unipolaire et globalisme
Il importe de mentionner la nature foncièrement anti-démocratique d’une telle entreprise. Un état-profond qui échafaude des plans pour déstabiliser certaines régions du monde sur le long terme ne tient absolument pas compte de la volonté du peuple. En fait, les globalistes et leurs agents ne s’en soucient pas, seul compte le pouvoir et l’argent.
Ainsi, l’état profond néoconservateur américain est aligné stratégiquement avec le projet globaliste, puisqu’il défend une vision du monde unipolaire, c’est-à-dire l’assouvissement hégémonique de l’empire américain pour contrôler la planète : ressources naturelles, accès stratégiques, etc.
Mais avec la montée en puissance des BRICS et son affiliation avec le sud global, la vision du monde unipolaire est fortement concurrencée par un retour à une décentralisation du pouvoir mondial, à travers des sphères d’influence régionale, soit une vision multipolaire.
Nous sommes dans une période de transition entre ces deux visions concurrentes et le système est instable, ce qui augmente le risque de débordement, comme nous le voyons ces jours-ci entre Israël et l’Iran.











