Il n’aura fallu que 120 jours au gouvernement Carney pour pleinement révéler l’imposture de son parti, dont seule la manipulation de l’opinion publique aura su mettre au pouvoir. Tous les problèmes soulevés en campagne électorale, tels que la négociation des tarifs ou encore les conflits d’intérêts du PM refont maintenant surface, comme prévu.
Les médias de masse nous ont vendu Carney comme l’homme avec le meilleur curriculum pour négocier les tarifs vis-à-vis Trump. C’est un échec.
Le Canada fait face à des tarifs de 35 % qui devraient entrer en vigueur le 1er août. Dans une lettre que l’administration Trump a envoyée au premier ministre, on y mentionne, notamment, le problème de la production de fentanyl au Canada. Comme Indocile Média l’a montré, le Canada est devenu le premier producteur de fentanyl en Amérique du Nord. La seule chose que cette administration a faite aura été d’instaurer une taxe sur les services numériques avant de la retirer devant la colère de Trump.
Elle tente par ailleurs de diversifier les marchés d’exportation en se tournant vers l’Europe. Or, l’entité européenne est devenue une technocratie structurelle bardée de règlements qui contraignent la légitimité des gouvernements nationaux.
Un rapprochement économique pourrait être favorable, mais le climat politique est inquiétant en Europe. Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, promeut avec ferveur un projet de monnaie numérique de banque centrale (Central Bank Digital Currency – CBDC) qui n’est autre qu’un outil de contrôle des populations. Les économies des pays européens sont plombées par une croissance famélique, tous parlent de réarmement et les problèmes liés à l’immigration massive dépassent l’entendement. Un partenaire de choix l’Europe? Plus ou moins, le commerce s’est toujours effectué selon l’axe nord-sud au Canada, avec notre plus proche voisin, les États-Unis.
Conflits d’intérêts
Vendredi dernier, le Commissariat aux conflits d’intérêts et à l’éthique a publié la liste des entreprises avec lesquelles Carney a un intérêt. Il y a en 103! Soit, elles ont un lien avec Brookfield, la firme du PM, soit, il a occupé un rôle de gestion dans une de ces entreprises. Et c’est sans compter les 16 pages qui précisent les centaines d’entreprises dans lesquelles il a des actions et qu’il a dû mettre dans une fiducie sans droit de regard. On comprend mieux pourquoi Carney ne voulait pas déclarer ça avant la campagne électorale, alors même qu’il était PM. En fait, les conflits d’intérêts potentiels sont tellement nombreux qu’on se demande comment il sera en mesure de gouverner en les évitant complètement?
Coupures dans la fonction publique
La vitesse avec laquelle l’électorat libéral est rattrapé par l’ironie du sort donne le vertige. Les centrales syndicales avaient appelé à ne pas voter pour les Conservateurs au début de l’année, puisque Pierre Poilièvre, le chef conservateur, appelait ouvertement à la réduction de l’appareil d’État. Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement Carney a mandaté ses ministères pour réduire le « fardeau administratif ».
La bande des coudes levés s’est bien fait avoir avec celle-là.
Endettement et déficit
Le gouvernement fédéral ne présentera pas de budget avant l’automne, mais l’Institue C.D. Howe a publié une étude sur le déficit budgétaire des prochaines années. On découvre qu’un déficit de 92 milliards est prévu pour 2025-26, et d’un peu plus de 70 milliards pour les années subséquentes, jusqu’en 2029. Ces données ne sont pas figées dans le temps et pourraient varier avec la diminution de la fonction publique, mais l’enjeu dépasse largement celui des colonnes de chiffres.
À peine est-il en poste, que ce gouvernement a des problèmes de transparence et de rationalité.











