Le gouvernement des États-Unis va révoquer le statut de protection temporaire (SPT) des Haïtiens sur le territoire américain à compter du 3 février 2026, ce qui risque de déclencher une vague migratoire en direction du Québec, de l’ampleur de la crise du chemin Roxham.
Cette décision a été rendue publique le 26 novembre dans un communiqué émis par le Département de la sécurité intérieure des États-Unis (DSI). La secrétaire du DSI, Kristi Noem, a conclu « qu’Haïti ne remplissait plus les conditions légales requises pour le SPT ».
Le DSI, en collaboration avec les Services de citoyenneté et d’immigration ainsi qu’avec d’autres agences, a décidé qu’il n’était pas dans l’intérêt national des États-Unis de garder les Haïtiens sur son territoire.
Même si le DSI a déterminé que la situation en Haïti est préoccupante, la Secrétaire Noem soutient que l’intérêt national doit primer, notamment sur les plans de la sécurité publique, de la sécurité nationale, de l’immigration et de l’économie.
Le Département de la sécurité intérieure invite donc les Haïtiens détenteurs du statut de protection temporaire à s’enregistrer via une application mobile pour l’auto-déportation avant la date du 3 février 2026. En contrepartie, un billet d’avion leur sera payé, le gouvernement américain leur versera 1000$ et ils seront admissibles à une potentielle application future pour émigrer aux États-Unis.
Migration de masse vers le Québec
L’été dernier, Indocile Média avait publié un article sur les migrants haïtiens qui devaient s’en venir en masse au Québec à partir des États-Unis, afin d’éviter l’expulsion.
L’ex-agente de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Julie Dion, soutenait que l’arrivée de milliers de migrants à la frontière était plus que probable. Elle n’était pas la seule. En effet, Kelly Sundberg, lui aussi ancien agent de l’ASFC, avait effectué une mise en garde similaire quelques mois plus tôt.
L’ex-agente Dion croit que cette fois-ci est la bonne. Si les Américains maintiennent la révocation du statut de protection temporaire des Haïtiens pour le mois de février, on doit s’attendre à l’arrivée de plusieurs milliers de migrants à la frontière dans les prochaines semaines.
Une frontière poreuse sous pression
Rebel News avait rapporté l’entrée irrégulière au Canada de dizaines de migrants illégaux en une seule nuit, dont plusieurs étaient Haïtiens, au mois de juillet dernier. Sans compter cet article de Radio-Canada qui détaille l’interception d’un camion cube rempli de migrants à la frontière avec le Québec, au mois d’août.
Combien d’autres camions n’ont pas été interceptés? Combien d’autres migrants ont traversé illégalement la frontière depuis l’été dernier? Impossible à dire! Les chiffres officiels ne représentent pas la réalité.
Comme l’agent Sundberg l’a dit, ce que le gouvernement laisse croire au public concernant la frontière est « trompeur ». Il n’est pas le seul à soutenir une telle chose, le lanceur d’alerte de l’AFSC, Luc Sabourin, a déjà mentionné, lui aussi, que la frontière était une vraie passoire.
À cela, il faut ajouter que plusieurs postes frontaliers sont fermés la nuit, donc, laissés sans surveillance! Et, de l’aveu même du président national du syndicat des douanes et de l’immigration, Mark Weber, l’ASFC est rendue inopérante.
L’ensemble de ces facteurs crée les conditions idéales pour une vague migratoire vers le Québec de l’ampleur de celle de la crise du chemin Roxham, il y a quelques années.











