Une scène du quotidien dans le quartier du petit Haïti à Brooklyn, New York. Crédit photo: Agence France-Presse
Des dizaines de milliers d’Haïtiens pourraient converger vers la frontière avec le Québec à partir des États-Unis en voyage d’autobus organisés, dans les prochaines semaines, pour éviter l’expulsion du territoire américain, le tout alors que la sécurité à la frontière canadienne est compromise comme jamais.
Une ex-agente de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), madame Julie Dion, a confié à Indocile Média qu’il était plus que probable que des mouvements de masse importants se dirigent vers le Québec pour éviter l’expulsion des États-Unis, d’ici le mois de septembre.
Une agente chevronnée
L’ex-agente Dion fait partie d’un groupe de quatre employés chevronnés qui a tenu tête à la corruption au sein de l’ASFC, dont la figure de proue est le lanceur d’alerte, Luc Sabourin. Il a exposé de nombreuses pratiques illégales, qui mettent en péril la sécurité nationale. Les quatre ex-agents ont tous été limogés par l’ASFC.
Or, Julie Dion était en poste à Haïti au début des années 2010 pour aider à développer un département des douanes et former des agents frontaliers. Elle a failli y laisser sa vie après qu’elle et son équipe aient saisi un camion dix-roues rempli de cocaïne en provenance du Venezuela. Sa tête avait été mise à prix.
L’ex-agente de l’ASFC, Julie Dion, en mission sur le terrain à Haïti avec son équipe de la Douane Immigration Police (DIP).
Aujourd’hui, elle est bien établie au Québec, mais elle a gardé le contact avec ses anciens coéquipiers du temps des opérations à Haïti. Certains d’entre eux, qui sont d’origine haïtienne, sont désormais établis aux États-Unis et sont bien au fait de ce qui se trame dans la diaspora.
« On parle de préparation d’envergure avec des autobus pour déplacer de grands groupes de personnes », a mentionné Julie Dion. « Il est clair qu’ils ne voudront pas retourner en Haïti après avoir goûté au confort et aux douches à l’eau chaude. Entrer au Canada par le Québec fait partie de leur plan », a-t-elle ajouté, précisant que les Américains allaient les « pousser de notre bord ».
Un tsunami d’immigrants illégaux et de demandeurs d’asile
Les propos tenus par l’ex-agente Dion coïncident justement avec ceux d’un autre ex-agent, Kelly Sundberg, qui ont fortement été médiatisés à la fin de l’année dernière, sur l’émission de Travis Dhanraj, qui est devenu le principal lanceur au Canada en ce qui concerne CBC/Radio-Canada.
Sundberg soutient que le gouvernement du Canada ment à la population en matière de sécurité frontalière depuis au moins une décennie. Il affirme que nous « nous apprêtons à subir un tsunami de personnes qui vivent illégalement aux États-Unis qui vont demander l’asile au Canada », précisant que nous n’avons pas les effectifs nécessaires pour y répondre et que le crime organisé va s’incorporer à ce mouvement migratoire.
Une frontière poreuse très mal surveillée
Non seulement y a-t-il un manque d’effectifs pour sécuriser la frontière avec les États-Unis, mais, en plus, l’ASFC a réduit les heures d’ouverture de 35 postes frontaliers à la grandeur du Canada, depuis le 6 janvier 2025, dont 10 au Québec qui sont désormais fermés de nuit.
Une décision très mal avisée aux yeux du lanceur d’alerte Luc Sabourin, qui croit que « la porte est grande ouverte aux passeurs de migrants illégaux qui veulent opérer la nuit et au crime organisé pour le trafic d’armes et de stupéfiants ». Le syndicat du personnel frontalier avait d’ailleurs décrié la situation à l’époque.
Sabourin soutient que des sources sur le terrain au sein de l’ASFC l’ont informé que, justement, des passages illégaux avaient lieu à travers les champs la nuit à proximité du poste de frontalier de Lacolle.
Pis encore, le député du Parti conservateur du Canada, Ron Chhinzer, a publié sur son compte X le courriel d’une source au sein de l’ASFC qui l’informe que des réductions de dépenses de 2 % du budget de l’agence sont à venir. Cette information s’inscrit dans le contexte où le gouvernement Carney cherche à réduire les dépenses de l’État.
Rappelons que toutes ces lacunes surviennent alors que l’immigration de masse bat son plein au Québec et au Canada, et où le filtrage pour sélectionner les candidats qui posent le pied en sol canadien est déficient.











