Des programmeurs informatiques américains ont recréé la boîte courriel de Jeffrey Epstein à partir des 23000 pages de documents, dont 2300 courriels, qui ont été relâchés publiquement, le 12 novembre dernier. Et ce qu’on y apprend est à couper le souffle!
Les deux informaticiens ont utilisé l’intelligence artificielle de Google (Gemini) avec un traitement de reconnaissance des caractères optiques (Optical Character Recognition) pour numériser chacun des courriels qui ont été rendus publics par la Commission de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis (House Oversight Committee). Ils ont ensuite cloné la boîte courriel d’Epstein et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux, le 21 novembre. La publication a fait le tour du web et est rendue à 4 millions 600 milles vues sur X, au moment d’écrire ces lignes.
We cloned Gmail, except you're logged in as Epstein and can see his emails pic.twitter.com/6KsBY8kh3p
— Riley Walz (@rtwlz) November 21, 2025
Le rabbit hole
Il y a des tonnes de discussions dont certaines dévoilent des contenus rocambolesques, incroyables, insolites et parfois même glaçants.
Comme cette correspondance étrange avec le généticien anglais Steve Jones, qui discute de femmes victimes de crime d’honneur et qui envoie à Epstein des photos en disant que ces femmes sont belles (alors qu’elles sont mortes).
On a aussi droit au récit rocambolesque de ce qui pourrait être la véritable histoire de Dominique Strauss-Kahn alors qu’il était le chef du Fonds monétaire international (FMI) et qu’il a été arrêté à New York dans un contexte d’agression sexuelle en 2011. Epstein aurait reçu une sorte de compte rendu d’un rapport des services secrets russes, qui explique que les Américains auraient piégé Strauss-Kahn parce qu’il aurait découvert qu’il n’y avait plus d’or dans la réserve fédérale de Fort Knox! (Il se pourrait très bien que ce soit de la désinformation, mais il reste que ça s’est tout de même retrouvé dans la boîte courriel d’Epstein)
Ou encore des échanges douteux concernant l’aventure de Trump avec Stormy Daniels (actrice porno) où Epstein répond à son interlocuteur, « as-tu récupéré ton argent ».
Des discussions géopolitiques détaillées sur le Moyen-Orient avec Larry Summers.
Un échange de mauvais goût où Epstein envoie à Lawrence Maxwell Krauss (physicien canado-américain) une liste des conférencières qui vont témoigner lors du Women World Summit 2018 sur les comportements sexuels inappropriés qu’elles ont subis de la part d’hommes. Krauss répond, « on devrait faire une conférence pour homme nous aussi et y inviter Kevin Spacey, Bill Clinton, Al Franken et Woody Allen ». (Ce qui laisse supposer des choses qu’on ne peut publiquement dire ici.)
Bref, l’Internet en a pour des mois à disséquer les informations contenues dans ces courriels. Notons finalement que les noms suivants semblaient être des contacts réguliers d’Epstein.
-Michael Wolff, journaliste et auteur américain connu pour son livre controversé sur Trump Fire and Fury.
–Larry Summers, économiste et ancien secrétaire au Trésor sous Clinton et jusqu’à tout récemment président de Harvard.
-Steve Bannon, ex-conseiller en chef de Trump et influent journaliste américain indépendant.
-Ken Starr, avocat et procureur américain qui a mené l’enquête sur le scandale Lewinsky menant à l’impeachment de Clinton.
-Joi Ito, entrepreneur (venture capitaliste) américano-japonais et ancien directeur du MIT Media Lab de 2011–2019.
-Ghislaine Maxwell, femme britannique et américaine et ex-compagne d’Epstein condamnée en 2021 pour trafic sexuel de mineures. Elle est la fille du magnat des médias Robert Maxwell.
-Noam Chomsky, intellectuel américain et professeur émérite au MIT en philosophie et science du langage.
-Tom Pritzker, milliardaire américain et président de la Pritzker Organization.
-Alan Dershowitz, professeur émérite à la Harvard Law School et auteur de best-sellers.
-AI Seckel, expert en illusions optiques et sensorielles et auteur du livre Masters of Deception.











