M

Soutenir notre mission

Soutenir Indocile Média, c’est appuyer un média indépendant engagé à chercher, questionner et préserver une information libre.

Vous pouvez contribuer par un don (monétaire ou en Bitcoin) ou en souscrivant à un abonnement. Votre soutien fait toute la différence. Merci infiniment!

Accueil 5 À la une 5 La corruption de la GRC et de certains ministres fédéraux a miné la relation avec nos alliés des «five eyes», notamment les États-Unis
La corruption de la GRC et de certains ministres fédéraux a miné la relation avec nos alliés des «five eyes», notamment les États-Unis

Vancouver est une ville clé dans l’importation de drogues au pays et dans le réseau international de blanchiment d’argent au Canada. 

par | 13 Oct 2025

Des organisations criminelles transnationales ont corrompu des officiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et des dirigeants politiques du pays, à savoir des ministres et possiblement l’ex-premier ministre Justin Trudeau, à un point tel que la relation de sécurité avec nos alliés des «five eyes», notamment les États-Unis, est au point de rupture.

Il y a environ une semaine, le journaliste d’enquête canadien, Sam Cooper, a témoigné devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur la Gestion de la frontière Canada-États-Unis, concernant la corruption qui gangrène les institutions de ce pays. 

Ses révélations chocs démontrent la gravité de la situation, alors que l’État canadien pourrait avoir été capturé de l’intérieur par une puissance étrangère et que les Américains n’ont plus confiance dans nos corps policiers et douaniers, compromettant la sécurité nationale. 

La GRC, le crime et Justin Trudeau

Lors de son passage devant le Comité, M. Cooper a fait référence au cas de Cameron Ortis, l’ancien responsable du renseignement de la GRC qui a été condamné à 14 ans de prison l’année dernière, pour avoir transmis des informations des «five eyes» à plusieurs organisations criminelles transnationales, stipulant que ces organisations ont «une visibilité raffinée des plans d’enquête de la GRC».

Autrement dit, les criminels internationaux établis au Canada savent ce que fait la GRC parce que des taupes coulent l’information. Ortis avait partagé des renseignements sensibles avec «le cartel du Sinaloa, le Hezbollah, les triades chinoises impliquées dans le blanchiment d’argent à Vancouver», mais aussi avec «un réseau international iranien de blanchiment d’argent à Toronto suspecté de travailler avec un dangereux réseau pakistanais». 

Or, non seulement Cooper précise que la corruption a affecté l’ASFC et la GRC, mais le plus inquiétant dans son témoignage survient lorsqu’il mentionne que «des sources ont été grandement préoccupées lorsque l’ex-premier ministre [Justin Trudeau] a été aperçu avec des haut placés du crime organisé chinois de la Colombie-Britannique, lors d’une opération de surveillance [alors qu’il était premier ministre]».

Ces informations viennent corroborer les propos tenus plus tôt cette année par l’ex-agent du Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya, qui avait affirmé que tous les premiers ministres avaient été compromis à un moment ou un autre de leur carrière. 

Confiance précaire avec les États-Unis

Sam Cooper soutient que l’affaire Ortis a ébranlé la confiance des Américains à l’égard de leurs homologues canadiens en matière de renseignements de sécurité à un point tel que les deux pays étaient devenus réticents à s’échanger de l’information, conduisant «presque à la rupture avec Washington». Cooper croit d’ailleurs que les tarifs douaniers imposés au Canada sont reliés à cet enjeu de sécurité.

Corruption des ministres et de la haute bureaucratie

Pis encore, le journaliste d’enquête a été informé par des sources très crédibles, telles que David Asher, un enquêteur sénior du Département d’État américain, qui lui a confié que L’administration de la lutte contre la drogue (DEA) et le Département d’État (State Department) «étaient depuis longtemps préoccupés par la corruption de haut niveau au Canada qui avait bloqué des enquêtes sur le Hezbollah». 

Indocile Média avait d’ailleurs dévoilé, il y a quelques semaines, que des voitures volées pour le compte du Hezbollah sont expédiées partout à travers le monde à partir du port de Montréal. 

«D’autres sources que je ne peux nommer ont dit qu’elles craignent qu’au niveau ministériel ou dans la haute bureaucratie des enquêtes sensibles sur des réseaux menaçants peuvent être bloquées», a déclaré le journaliste d’enquête.

Cooper prétend aussi que, lors de son procès, Cameron Ortis avait pointé d’autres «suspects de haut niveau» qui étaient eux aussi corrompus, mais aucune autre arrestation n’a eu lieu à ce jour.  

Le modèle de Vancouver

En 2021, Sam Cooper a publié un livre s’intitulant Willful blindness, qui décrit exactement comment opère le crime transnational au Canada, notamment pour la production des drogues de synthèse, comme le fentanyl, ou encore pour le blanchiment d’argent. 

En somme, le port de Vancouver est contrôlé par les triades chinoises qui importent les produits précurseurs pour la fabrication des stupéfiants à partir de la Chine. Ces groupes criminels transnationaux se sont alliés avec les criminels locaux, comme les Hell Angels pour la fabrication et la distribution des drogues. Ils s’occupent aussi de blanchir les recettes des ventes dans les casinos de la Colombie-Britannique et ont mis en place un réseau bancaire souterrain pour y arriver. Les cartels mexicains sont de la partie tout au long de la chaîne d’importation, de fabrication et de distribution. 

Vous avez apprécié cet article ? Faites un don pour soutenir la presse libre!

En en argent ou en Bitcoin, quel que soit le moyen choisi, votre soutien est essentiel. Merci du fond du cœur!

Pas encore membre Indocile ?

Soutenez une presse libre et rigoureuse. Abonnez-vous pour accéder à du contenu exclusif et soutenir un journalisme sans compromis!

Ne manquez pas nos publications, rejoignez-nous

Partager l’artIcle et relayez la voix des indociles

Cela pourrait vous intéresser

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

Catégories

Derniers articles

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

Les manifestations de l’organisation MTL4Palestine seraient-elles des appels au jihad sur le sol du Québec ? C’est ce qu’affirme Mandana Javan, une Québécoise d’origine iranienne qui s’est fait remarquer lors de la saga des prières devant la Basilique Notre-Dame à l’été 2025. En traduisant et en analysant les prières islamistes récitées en arabe dans les rues de Montréal, elle y découvre un vocabulaire de guerre sainte que les autorités québécoises ne décodent pas.

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

La crédibilité de Radio-Canada a été entachée dans le dossier du transgenrisme aux olympiques à la suite d’une plainte de l’organisme Déclaration internationale des droits des femmes (DIDF). Le média d’État a retiré un reportage diffusé au Téléjournal du 26 mars de toutes ses plateformes, en plus de devoir modifier un article de l’Associated Press (AP) qui était trompeur.

Découvrez nos ouvrages & nos abonnements

Derniers articles

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

Les manifestations de l’organisation MTL4Palestine seraient-elles des appels au jihad sur le sol du Québec ? C’est ce qu’affirme Mandana Javan, une Québécoise d’origine iranienne qui s’est fait remarquer lors de la saga des prières devant la Basilique Notre-Dame à l’été 2025. En traduisant et en analysant les prières islamistes récitées en arabe dans les rues de Montréal, elle y découvre un vocabulaire de guerre sainte que les autorités québécoises ne décodent pas.

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

La crédibilité de Radio-Canada a été entachée dans le dossier du transgenrisme aux olympiques à la suite d’une plainte de l’organisme Déclaration internationale des droits des femmes (DIDF). Le média d’État a retiré un reportage diffusé au Téléjournal du 26 mars de toutes ses plateformes, en plus de devoir modifier un article de l’Associated Press (AP) qui était trompeur.