Vancouver est une ville clé dans l’importation de drogues au pays et dans le réseau international de blanchiment d’argent au Canada.
Des organisations criminelles transnationales ont corrompu des officiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et des dirigeants politiques du pays, à savoir des ministres et possiblement l’ex-premier ministre Justin Trudeau, à un point tel que la relation de sécurité avec nos alliés des «five eyes», notamment les États-Unis, est au point de rupture.
Il y a environ une semaine, le journaliste d’enquête canadien, Sam Cooper, a témoigné devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur la Gestion de la frontière Canada-États-Unis, concernant la corruption qui gangrène les institutions de ce pays.
Ses révélations chocs démontrent la gravité de la situation, alors que l’État canadien pourrait avoir été capturé de l’intérieur par une puissance étrangère et que les Américains n’ont plus confiance dans nos corps policiers et douaniers, compromettant la sécurité nationale.
La GRC, le crime et Justin Trudeau
Lors de son passage devant le Comité, M. Cooper a fait référence au cas de Cameron Ortis, l’ancien responsable du renseignement de la GRC qui a été condamné à 14 ans de prison l’année dernière, pour avoir transmis des informations des «five eyes» à plusieurs organisations criminelles transnationales, stipulant que ces organisations ont «une visibilité raffinée des plans d’enquête de la GRC».
Autrement dit, les criminels internationaux établis au Canada savent ce que fait la GRC parce que des taupes coulent l’information. Ortis avait partagé des renseignements sensibles avec «le cartel du Sinaloa, le Hezbollah, les triades chinoises impliquées dans le blanchiment d’argent à Vancouver», mais aussi avec «un réseau international iranien de blanchiment d’argent à Toronto suspecté de travailler avec un dangereux réseau pakistanais».
Or, non seulement Cooper précise que la corruption a affecté l’ASFC et la GRC, mais le plus inquiétant dans son témoignage survient lorsqu’il mentionne que «des sources ont été grandement préoccupées lorsque l’ex-premier ministre [Justin Trudeau] a été aperçu avec des haut placés du crime organisé chinois de la Colombie-Britannique, lors d’une opération de surveillance [alors qu’il était premier ministre]».
Ces informations viennent corroborer les propos tenus plus tôt cette année par l’ex-agent du Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya, qui avait affirmé que tous les premiers ministres avaient été compromis à un moment ou un autre de leur carrière.
Confiance précaire avec les États-Unis
Sam Cooper soutient que l’affaire Ortis a ébranlé la confiance des Américains à l’égard de leurs homologues canadiens en matière de renseignements de sécurité à un point tel que les deux pays étaient devenus réticents à s’échanger de l’information, conduisant «presque à la rupture avec Washington». Cooper croit d’ailleurs que les tarifs douaniers imposés au Canada sont reliés à cet enjeu de sécurité.
Corruption des ministres et de la haute bureaucratie
Pis encore, le journaliste d’enquête a été informé par des sources très crédibles, telles que David Asher, un enquêteur sénior du Département d’État américain, qui lui a confié que L’administration de la lutte contre la drogue (DEA) et le Département d’État (State Department) «étaient depuis longtemps préoccupés par la corruption de haut niveau au Canada qui avait bloqué des enquêtes sur le Hezbollah».
Indocile Média avait d’ailleurs dévoilé, il y a quelques semaines, que des voitures volées pour le compte du Hezbollah sont expédiées partout à travers le monde à partir du port de Montréal.
«D’autres sources que je ne peux nommer ont dit qu’elles craignent qu’au niveau ministériel ou dans la haute bureaucratie des enquêtes sensibles sur des réseaux menaçants peuvent être bloquées», a déclaré le journaliste d’enquête.
Cooper prétend aussi que, lors de son procès, Cameron Ortis avait pointé d’autres «suspects de haut niveau» qui étaient eux aussi corrompus, mais aucune autre arrestation n’a eu lieu à ce jour.
Le modèle de Vancouver
En 2021, Sam Cooper a publié un livre s’intitulant Willful blindness, qui décrit exactement comment opère le crime transnational au Canada, notamment pour la production des drogues de synthèse, comme le fentanyl, ou encore pour le blanchiment d’argent.
En somme, le port de Vancouver est contrôlé par les triades chinoises qui importent les produits précurseurs pour la fabrication des stupéfiants à partir de la Chine. Ces groupes criminels transnationaux se sont alliés avec les criminels locaux, comme les Hell Angels pour la fabrication et la distribution des drogues. Ils s’occupent aussi de blanchir les recettes des ventes dans les casinos de la Colombie-Britannique et ont mis en place un réseau bancaire souterrain pour y arriver. Les cartels mexicains sont de la partie tout au long de la chaîne d’importation, de fabrication et de distribution.











