Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Gary Anandasangaree, a passé un sale quart d’heure, hier, en commission parlementaire, alors qu’un député conservateur a exposé son ignorance sur les dossiers des 600 étrangers qui sont activement recherchés par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) dans le but d’être déportés, et sur l’embauche des 1000 agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour lutter contre le trafic de fentanyl.
Le député conservateur de Kamloops, Frank Caputo, n’y est pas allé de main morte avec le ministre Gary A., lors de la séance du Comité permanent de la sécurité publique nationale. Il a tout simplement refusé que les six minutes de questions qui lui étaient imparties soient remplies par le ministre avec des «salades de mots» fabriquées par des attachés de communication.
600 étrangers recherchés
Le Globe and Mail avait sorti une nouvelle cet été, stipulant que 600 étrangers sur le territoire canadien qui devaient être expulsés étaient sur la liste des individus recherchés par l’ASFC. De ces 600 étrangers, près de 400 d’entre eux purgent une peine de prison pour des crimes de nature sexuelle.
Lorsqu’il a été interrogé par Kaputo, le ministre a été incapable de donner l’heure juste sur ce dossier, à savoir où sont ces 600 illégaux sur le territoire. Le ministre se palabrait plutôt dans des élucubrations, du genre «l’ASFC travaille activement à déporter les individus qui sont sur le territoire illégalement».
Bref, ce que faisait Anandasangaree est une technique de communication vieille comme le monde en politique: il s’agit de parler la langue de bois, d’énoncer des généralisations sur le sujet en tournant autour du pot sans jamais répondre à la question.
Or, Kaputo en a décidé autrement et n’a pas hésité à maintes reprises à interrompre le ministre pour lui faire savoir qu’il ne répondait pas à la question. Pis encore, le député conservateur reformulait ses questions afin qu’il puisse y répondre par un simple oui ou non, ce qu’il a été incapable de faire.
1000 agents de la GRC
Lors des dernières élections fédérales, au mois d’avril 2025, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’était engagé à embaucher 1000 agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour mettre un frein à la crise transfrontalière du fentanyl.
En commission parlementaire, Kaputo a demandé au ministre Anandasangaree combien d’agents avaient été engagés depuis lors. Ce dernier n’a pas réussi à fournir une réponse claire, il n’avait aucun chiffre à offrir. Et lorsque Kaputo l’a remis à sa place, lui faisant savoir qu’il ne répondait pas à la question encore une fois, Gary A. lui a répondu: «Monsieur Kaputo, je ne suis pas ici pour vos vidéos TikTok, ok»
Il importe de savoir que le ministre de la Sécurité publique du Canada est une des personnes qui possèdent les informations les plus sensibles au pays, soit l’information des corps policiers, comme celle de la GRC, ou des agences de renseignements, comme celle des Services canadiens de renseignement de sécurité (SCRS), ou celles des douanes avec l’ASFC ou encore des informations de nature militaire. Qu’il ne soit pas en mesure de répondre aux questions concrètement signifie que lui personnellement — en tant que ministre — n’a obtenu aucun résultat dans ces deux dossiers, autrement il le ferait savoir, plutôt que de passer pour un incompétent à la face du pays entier.
Idem avec le programme de rachat des armes à feu, dont il a ultimement la charge, mais dont il a dit qu’il savait qu’il ne fonctionnerait pas. Le ministre Anandasangaree a été enregistré à son insu et l’enregistrement avait été coulé dans les médias, ce qui avait mené les conservateurs à réclamer sa démission.
Bref, y a-t-il un pilote à la barre du gouvernement libéral?











