Le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de presque 1000 % en neuf ans au Canada, passant de 16 000 en 2015 à 172 000 pour la seule année de 2024, alors que le Québec et l’Ontario absorbent près de 90 % de toutes les demandes!
Le tableau interactif ci-dessous a été effectué à partir des données longitudinales du ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et représente un outil de pointe unique pour comprendre l’évolution des demandeurs d’asile au Canada. (L’analyse des données vient après le tableau)
L’analyse par province révèle que sur les 777 690 demandes d’asile qui ont été effectuées au Canada de 2015 à 2025, le Québec et l’Ontario ont presque reçu la totalité des demandeurs, soit près de 334 000 pour le Québec et un peu plus de 347 000 pour l’Ontario. Cela totalise 88 % des demandes.
La vue d’ensemble des données démontre que l’explosion des demandes d’asile s’est produite de 2021 à 2022, passant de 24 870 à 91 645, c’est-à-dire quasiment le quadruple. Le nombre de demandes a continué de croître jusqu’à son sommet en 2024 avec 171 835 demandes, avant de subir une décroissance de 2024 à 2025.
Lorsqu’on examine les données par pays d’origine, on constate que Haïti, l’Inde, le Mexique et l’Iran sont systématiquement dans le top cinq des pays avec le plus de demandes à partir de 2021. La Colombie perd ce statut au profit du Nigéria en 2023. On note aussi une forte croissance des demandes des Indiens en 2024 (32 280) et des Haïtiens en 2025 (17 610).
De 55 % d’hommes en 2015, on atteint 63,3 % en 2024 : près de deux hommes pour chaque femme. Cette tendance suggère une migration de moins en moins familiale et de plus en plus composée d’individus seuls, principalement masculins. À partir de 2021, on remarque que la disparité entre les sexes s’accélère pour atteindre un sommet en 2024.
En ce qui concerne la variable sociodémographique de l’âge, on reçoit principalement des individus de moins de 45 ans et de plus de 14 ans. Les données de l’Ontario présentent une anomalie pour cette section.
Les données par point d’entrée révèlent trois profils distincts. L’Inde et le Mexique passent presque exclusivement par les bureaux intérieurs. Des personnes déjà au Canada sous visa étudiant ou visa de travail qui se tournent vers la demande d’asile sur place comme stratégie pour rester au pays. Haïti présente un profil mixte entre aéroports (14 075 en 2024) et bureaux intérieurs, avec une frontière terrestre marginale malgré Roxham.
Cela pourrait s’expliquer par le fait que leurs demandes ont dû être compilées comme des demandes intérieures et non frontalières, puisque les individus ne sont pas passés par un poste de frontière régulier, mais qu’ils sont entrés illégalement.
Le Nigéria est le cas le plus révélateur : les entrées frontalières explosent en 2022 (10 660, apogée de Roxham), chutent après sa fermeture, puis remontent à 13 850 en 2025, suggérant une résurgence des passages irréguliers.











