Yves Boisvert participe activement à entretenir la peur de son lectorat. Les médias traditionnels n’ont jamais aimé Donald Trump, mais laisser entendre qu’il est un dictateur qui pourrait suspendre la démocratie, en effrayant les derniers boomers qui lisent La Presse sur un iPad, est en tout point pathétique.
Dans sa chronique du 15 juin dernier, Boisvert affirme que l’actuel président des États-Unis pourrait escamoter les élections de mi-mandat en invoquant la Loi sur l’insurrection. Il va sans dire que l’échafaudage du raisonnement qui mène à cette conclusion s’avère aussi bancal que la spéculation dont il fait l’objet, 18 mois avant que les électeurs américains ne se rendent aux urnes.
Le journaliste de La Presse affirme que, puisque le président Trump a tenté d’invalider le droit du sol, qui stipule que toute personne née aux États-Unis devient automatiquement citoyen, et qu’il a déployé la Garde nationale et l’armée dans les rues de Los Angeles lors des émeutes au début du mois, il pourrait annuler les élections de mi-mandat.
Un texte de la sorte est franchement hypocrite de la part de Boisvert. Nous y reviendrons dans un instant, mais commençons par nous intéresser aux arguments du chroniqueur.
Droit du sol
Celui-ci nous informe que le droit du sol est garanti par la Constitution américaine. Oui, c’est vrai. Mais savez-vous ce qui constitue aussi une obligation quasi constitutionnelle de la part du gouvernement fédéral des États-Unis? La protection des frontières.
Durant les quatre années catastrophiques de la présidence Biden, la frontière sud a été complètement abandonnée. C’était une politique de frontières ouvertes intentionnelles, qui a gravement nui à la sécurité des États-Unis, laissant entrer au pays des millions d’étrangers, dont des milliers de criminels et assurément un certain nombre de terroristes.
Il faut se souvenir de la gravité de la situation. À un moment donné, en 2023, il y avait des milliers de migrants illégaux qui pénétraient en territoire américain par jour, par la passe à El Paso! Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, avait même mobilisé la garde nationale de son État pour protéger la frontière.
Dans ce contexte, est-il juste et adéquat d’octroyer le droit du sol aux enfants de tous ces migrants illégaux que l’administration Trump travaille activement à expulser? Lorsqu’un gouvernement est corrompu et qu’il a perverti ses fonctions en les utilisant contre le bien commun de manière aussi importante que l’ont fait ceux qui contrôlaient le président Biden, il faut parfois un remède aussi fort que le problème qui l’a créé. À situation exceptionnelle, moyen exceptionnel.
Garde nationale et armée, ou l’hypocrisie de Boisvert
Au début du mois de juin, des émeutes ont secoué Los Angeles parce que le Service de l’immigration et des douanes (ICE) effectuait des interpellations de migrants illégaux dans la métropole.
Les choses ont rapidement dégénéré, et l’extrême violence des images qui nous est parvenue avait de quoi choquer : des policiers coincés sous un viaduc se sont fait lancer des pavés par la foule, des voitures ont été incendiées en pleine rue et en plein jour, et des commerces ont été pillés et détruits. Cette compilation donne le ton de ce qui s’y est passé.
Les émeutes qui ont eu lieu au début du mois de juin, à Los Angeles, ont été marquées par une violence extrême.
Or, qu’on fait les dirigeants démocrates, soit la mairesse de Los Angeles, Karen Bass, et le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom? Trop peu! (la mairesse Bass a déclaré un couvre-feu, mais il était tard dans la crise) Et il là le problème. Pourquoi Newsom n’a-t-il pas lui-même appelé la garde nationale en renfort, alors que L.A. était à feu et à sang? Calcul politique ou incompétence, ou les deux? Aller savoir, mais dans tous les cas quelque chose devait être fait et l’ampleur de la situation justifiait une telle action.
Bien sûr, un juge en a décidé autrement, nous dit le bon chroniqueur, et nous savons tous que des juges militants, ça n’existe pas aux États-Unis. Mais là n’est pas le point dans cette affaire.
En ce qui concerne Yves Boisvert, ce qui marque l’imaginaire, c’est l’hypocrisie dont il fait preuve par son éthique à variable sélective. Par exemple, lorsqu’un juge de la Cour fédérale décide que le recours à la Loi sur les mesures d’urgence durant le convoi des camionneurs d’Ottawa était déraisonnable, en 2022, ça c’est mal. Boisvert avait même écrit à l’époque: « À moins d’exiger des gouvernements un degré d’absolue perfection, c’est plutôt ce jugement flottant au-dessus des nuages qui ne me semble pas raisonnable. »
Or, les événements du convoi des camionneurs se sont démarqués par leur aspect pacifique. Ni voiture brûlée, ni policier blessé. Les manifestants distribuaient de la nourriture aux itinérants, balayaient les trottoirs et dansaient devant le parlement du Canada.
Si l’on suit le raisonnement de Boisvert, il est légitime d’employer la force devant des manifestants pacifiques, mais devant de violentes émeutes, il aurait fallu ne rien faire. Le chroniqueur de La Presse ne fait que dévoiler au grand jour sa détestation de Trump et la colonisation de son espace mental par un narratif qu’il croit vrai, et qu’il tente de transmettre aux lecteurs de La Presse.
Donc, pour ce qui est de son élucubration pathétique du 47e président qui suspendrait les élections de mi-mandat, on repassera sur la validité de son jugement…











