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MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

Crédit photo : Rebel News

par | 9 Avr 2026

Les manifestations de l’organisation MTL4Palestine seraient-elles des appels au jihad sur le sol du Québec ? C’est ce qu’affirme Mandana Javan, une Québécoise d’origine iranienne qui s’est fait remarquer lors de la saga des prières devant la Basilique Notre-Dame à l’été 2025. En traduisant et en analysant les prières islamistes récitées en arabe dans les rues de Montréal, elle y découvre un vocabulaire de guerre sainte que les autorités québécoises ne décodent pas.

Javan a publié deux textes sur X, les 7 et 8 avril, qui offrent une analyse détaillée des propos des islamistes qui prient dans les rues de Montréal, depuis 2023. La démarche employée par Mandana Javan est simple : elle analyse les allocutions de Montreal4Palestine qui passent sous le radar, puisqu’une partie substantielle de ces discours publics se fait en arabe. 

La prière ou l’appel au jihad 

Dans le texte du 7 avril, Javan s’inquiète du type de prière islamique que les représentants de MTL4Palestine ont récitée en public durant la fin de semaine de Pâques dans les rues de Montréal. Elle identifie cette prière comme la Du’a al-nawāzil, soit littéralement « invocation des calamités », une prière spécifique aux périodes de guerre sainte et de conquête de l’Oumma envers les non-musulmans.

Il importe de savoir que l’Oumma désigne la communauté mondiale de tous les musulmans, au-delà des frontières nationales, ethniques ou linguistiques. C’est l’idée d’une appartenance collective supranationale fondée sur la foi islamique commune.

Ainsi, quand la prière invoque la victoire de l’Oumma « face aux non-musulmans », elle cadre le conflit non pas comme une cause nationale palestinienne, mais comme un affrontement civilisationnel entre l’ensemble des musulmans et les non-musulmans, ce qui est précisément ce que Javan identifie comme un marqueur jihadiste, et à raison !

Plusieurs éléments mentionnés dans la prière qu’elle a analysée sont sans équivoque. Un appel à la victoire militaire — « accorde la victoire à nos frères opprimés » ; la logique de la rétribution œil pour œil — « celui qui les assiège, assiège-le, celui qui les combat, combats-le, celui qui les affame, affame-le » ; l’appel à la destruction des ennemis « ne laisse subsister aucun injuste sur terre […] apaise nos cœurs par ta vengeance » ; le code implicite de l’appel au jihad — « utilise-nous dans ton chemin » ; la répétition du serment collectif qui est un engagement militant — « par Allah le très grand » ; l’engagement à « renforcer la puissance » qui doit être lu comme une promesse de soutien au combat. 

Autrement dit, l’argument central de Javan consiste à exposer le processus pernicieux de la forme religieuse (prière, invocations) qui sert de couverture à un discours de guerre. Pour un public initié, cela constitue un appel clair à l’action violente, même si les autorités québécoises n’en décodent pas la signification. 

De la prière à l’action politique 

Dans son texte du 8 avril, Mandana Javan montre qu’il y a en fait un mélange de discours politique et de rhétorique religieuse lors des allocutions publiques de MTL4Palestine. Le texte de Javan intègre une vidéo du représentant de l’organisation. On y entend un discours absolutiste : « de la rivière à la mer », « c’est soit nous, soit nous, et personne d’autre ». L’adversaire y est déshumanisé : « nous ne pouvons pas vivre côte à côte avec des criminels/génocidaires ». Et le cadre du conflit est étendu au Québec : « de Montréal à Jérusalem, les fidèles sont opprimés ». On a envie de demander à cet homme où sont les génocidaires à côté desquels il vit ? Évidemment, ils ne sont pas à Montréal, sauf si cette rhétorique politique désigne un ennemi commun à l’Oumma, soit le « non-musulman ».

Sans l’ombre d’un doute, nous sommes face à un discours politique explicite, rejetant toute coexistence et étendant le cadre du conflit à Montréal.

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À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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