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Quand les médias préfèrent tirer sur le messager

Le député conservateur Jamil Jivani (à gauche) et le représentant au commerce de l’administration Trump, Jamieson Greer.

par | 10 Fév 2026

Le député conservateur Jamil Jivani s’est rendu à Washington la semaine dernière pour rencontrer le vice-président J.D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le président Donald Trump. Il en est revenu avec un message d’optimisme sur la possibilité de faire avancer les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis. La réaction de la sphère médiatique québécoise et canadienne ? Le ridiculiser.

« Freelancing mal cadré », « théâtre politique », « touriste », « député d’arrière-ban ». Le traitement médiatique de cette initiative était d’une prévisibilité affligeante. Plutôt que de s’intéresser au contenu des échanges, on s’est acharné sur la forme. On a rappelé que Jivani n’est ni ministre ni porte-parole en matière de commerce. On a insinué qu’il se positionne politiquement pour le futur. On a questionné la valeur de son amitié avec Vance, comme si un lien personnel avec le deuxième personnage le plus puissant des États-Unis était un détail négligeable.

Qui dialogue avec Washington ?

Mais posons-nous la vraie question : est-ce que quelqu’un dialogue avec Washington en ce moment ?

Les chiffres sont pourtant sans équivoque. Les États-Unis représentent 75-80 % des exportations canadiennes. Le commerce bilatéral entre nos deux pays s’élève à plus de 900 milliards de dollars par année. Près de 2,5 millions d’emplois canadiens dépendent directement de cette relation commerciale. Les tarifs de 35 % imposés par l’administration Trump frappent déjà nos industries de l’automobile, de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre. Des milliers de travailleurs canadiens subissent les conséquences de cette guerre commerciale au quotidien. General Motors a supprimé la troisième équipe à l’usine d’Oshawa. L’usine d’Ingersoll a fermé ses portes.

Et pendant que le Canada brûle sur les ponts avec la Maison-Blanche, que fait Mark Carney ? Il prend l’avion pour Pékin.

La Chine : une menace économique et sécuritaire

Le premier ministre préfère se rapprocher d’une dictature communiste plutôt que de s’asseoir avec notre plus important partenaire commercial! Il signe des ententes avec la Chine, un régime que la Commission Hogue sur l’ingérence étrangère a désigné comme « la menace la plus active et la plus sophistiquée pour le Canada ». Un pays dont les triades opèrent sur notre territoire, dont les agents ont infiltré nos institutions et qui est un allié géostratégique de la Russie. Et les médias subventionnés par Ottawa nous vendent ça comme de la « diversification économique ». Méchant Trump, gentil Carney! On connaît chanson!

Le Canada regarde passer le train

Le Mexique, lui, n’a pas attendu. Le 28 janvier, Mexico et Washington annonçaient des négociations formelles sur la réforme de l’ACEUM. Une semaine plus tard, un plan d’action conjoint sur les minéraux critiques était dévoilé. Le Canada n’était mentionné dans aucune de ces annonces! On est en train de revivre le scénario de 2017, où le Mexique avait fait avancer ses négociations bilatérales avec les États-Unis pendant que le Canada regardait le train passer. Ce n’est qu’à la toute dernière minute qu’Ottawa avait été inclus dans l’accord. À ce stade, de dire que les libéraux sont incompétents serait un euphémisme, il y a du calcul politique derrière tout ça. 

Du pragmatisme, pas du freelancing

Que Jivani ait un mandat officiel ou non n’est pas la question. La question, c’est que les portes sont ouvertes à Washington et que personne du côté canadien ne semble vouloir y entrer. Un député qui utilise ses relations personnelles pour ouvrir un canal de communication avec la Maison-Blanche, ce n’est pas du « freelancing ». C’est de l’initiative. C’est du pragmatisme. 

Les médias canadiens feraient mieux de se demander pourquoi un simple député d’arrière-ban réussit à obtenir des rencontres que le gouvernement n’arrive pas à décrocher, plutôt que de le tourner en ridicule. Quand votre maison est en feu et que quelqu’un arrive avec un seau d’eau, vous ne lui demandez pas s’il a son cours de pompier.

Halte aux signalements de vertu!

Le Canada a besoin de dialoguer avec les États-Unis, pas de signalement de vertu à Davos ni de poignées de main avec des dictateurs. Les travailleurs d’Oshawa, de Windsor, de l’Estrie et de partout au pays méritent mieux que l’inertie diplomatique d’un gouvernement qui préfère se rapprocher de Pékin plutôt que de protéger les emplois canadiens. Jamil Jivani l’a compris. Il serait temps que les médias et le gouvernement Carney le comprennent aussi.



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À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

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