Le rapport Enseigner à l’école au Québec face à la misogynie, l’antiféminisme, l’homophobie et la transphobie, de Francis Dupuis-Déri et commandé par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), souffre d’un biais de représentativité majeur : les 110 personnes interrogées ont été recrutées exclusivement par l’entremise du réseau syndical de la FAE et dans des camps syndicaux, ce qui mine la validité des conclusions. Les a priori idéologiques sont évidents.
Le rapport fait preuve d’indulgence envers l’homophobie d’origine musulmane tout en ciblant sévèrement les jeunes Québécois de souche, une incohérence dans le traitement qu’on peut qualifier de deux poids deux mesures. La tendance à attribuer une cohérence doctrinale à des comportements d’adolescents immatures dont le cerveau est encore en développement s’avère un angle mort patent qui n’a pas été pris en compte dans le rapport. Et les médias traditionnels comme Radio-Canada, La Presse et Le Devoir ont relayé ce rapport sans en questionner la rigueur méthodologique.
L’ensemble de ces éléments peut être théorisé sous l’appellation de « gauchisme structurel », c’est-à-dire que l’endoctrinement idéologique des universités en science sociale trouve son relais dans la société civile et les institutions par le militantisme syndical, et sur la place publique par des médias qui endossent les positions d’extrême gauche de Depuis-Déri, sans broncher, alors que l’homme est ouvertement associé au mouvement Antifa.
Quant aux recommandations, comme l’ajout de drapeaux arc-en-ciel dans les classes, elles risquent de provoquer l’effet inverse en alimentant les réactions négatives chez les jeunes qui se sentent déjà saturés de sensibilisation. Ainsi, paradoxalement, la meilleure façon de diminuer les gestes à caractère homophobe et transphobe serait de diminuer les activités de sensibilisation et d’endosser le principe de vivre et laisser vivre.










