Une note de renseignement qui a été produite par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) en 2024 explique que les triades chinoises échangent des précurseurs chimiques pour la production du fentanyl contre un poisson nommé le totoaba, dont la convoitée vessie natatoire (poche abdominale) vaut 80 000 USD par kilogramme sur le marché noir en Asie.
La note de renseignements de l’AFSC qu’Indocile Média a reçu par l’entremise d’une demande informelle d’accès à l’information « précise que le crime organisé chinois fournit aux cartels les précurseurs chimiques et l’équipement nécessaire à la production de fentanyl. En échange, les cartels fournissent aux organisations criminelles chinoises des espèces sauvages mexicaines menacées », à savoir ici le totoaba, dont la vessie natatoire est employée dans la cuisine et la médecine chinoise.
Le totoaba est une espèce de poissons en danger que l’on retrouve dans le Golf de la Californie et sur la côte de l’État mexicain de la Baja California. Il peut atteindre deux mètres de longueur et il est aussi surnommé la « cocaïne de la mer ». Au courant des dernières années, l’ASFC a saisi des quantités indéterminées de totoabas, qui doit essentiellement servir de monnaie d’échange contre la drogue.
Blanchiment d’argent
Comme Indocile Média l’a déjà mentionné antérieurement, la présence des triades chinoises en Colombie-Britannique est importante, notamment à Vancouver, où le port est une plaque tournante d’importation et d’exportation pour les produits illicites. Les triades se sont alliées aux criminels locaux ainsi qu’aux cartels mexicains et elles possèdent un réseau bancaire souterrain qui leur permet de blanchir de l’argent dans les casinos étatiques de la province.
En fait, cette forme de paiement a l’avantage d’éviter le blanchiment d’argent qui attire davantage l’attention à cause des transferts de capitaux, mais il a la même fonction financière et permet de se substituer au regard des agences de surveillance fiscale et de capitaux. Il reste néanmoins que des importateurs canadiens sont au cœur d’un schéma financier qui a été traqué par le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).
Système frontalier défaillant
La note de renseignements précise que le Canada est probablement devenu un point de transit pour ce type de commerce illicite, ce qui serait tout à fait cohérent puisque l’incapacité systémique de l’ASFC à accomplir son mandat est patente. Comme le directeur du syndicat national des douanes et de l’immigration, Mark Weber, l’a indiqué lors de son témoignage au début du mois devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, uniquement 1 % des marchandises qui traversent la frontière est fouillé.
Les passeurs utilisent des stratagèmes rudimentaires en dissimulant les vessies natatoires à travers du poisson congelé sans le déclarer, ou encore, ils adoptent les mêmes techniques que les trafiquants de drogue. Ils les cachent dans les compartiments vides des véhicules, dans des pneus de rechange et les réservoirs d’essence pour traverser les frontières terrestres.
Les entités engagées dans le trafic d’animaux sauvages sont souvent catégorisées comme des organisations transnationales poly-criminelles qui opèrent aussi dans plusieurs autres champs du monde interlope, tels que le trafic de drogues et d’êtres humains.











