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Une tendance s’est emparée de l’Occident depuis quelques années, comme l’avènement d’une récurrence sociétale dans un monde post-pandémique qui implose: nos sociétés sont de plus de plus endettées, le système social vit une crise des services publics, et les sociétés sont plus en plus violentes.
La question qui vient immédiatement à l’esprit lorsqu’on pose ce constat, c’est de se demander comment et pourquoi les sociétés occidentales sont sur la voie de la déstructuration économique et de l’anomie sociale.
Il y a trois éléments singuliers qui marquent les esprits à cet effet. Le premier relève des politiques monétaires durant la période de la pandémie de COVID-19, soit l’adoption d’assouplissements quantitatifs. En bon français, on parle simplement ici d’impression d’argent. Tous les pays occidentaux ont mis en place ce type de politique monétaire pour faire face à la pandémie : les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, l’Angleterre, l’Australie et même le Japon.
L’impression d’argent augmente le nombre d’unités monétaires disponibles sur le marché et les gouvernements dépensent sans compter. En fait, selon le prix Nobel d’économie de 1976, Milton Friedman, ce sont les deux seuls facteurs qui créent l’inflation : l’impression d’argent et les dépenses de l’État.
L’impression de billet frais et un gouvernement social-démocrate qui dépense à tout vent sont en fait des cadeaux empoisonnés qui font augmenter les prix de tous les biens et services : du carburant à la miche de pain en passant par le coût du loyer et de la police d’assurance jusqu’au prix d’un espresso, rien, absolument rien n’y échappe. L’inflation est une taxe déguisée sur la classe moyenne.
Immigration de masse et système social
Il y a une immigration massive qui envahit l’Occident depuis la fin de la pandémie. En fait, les États-Unis ont mené une politique catastrophique de frontière ouverte sous la gouvernance de l’administration Biden. De l’aveu même de Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni, ce type de politique a aussi été mis en place en Angleterre. En plus de son immigration régulière, l’Union européenne est aux prises avec une migration illégale depuis des années. Et à voir les statistiques au Canada, il n’y pas de doute qu’une telle politique d’immigration de masse est en vigueur ici aussi. Il faut en plus ajouter les dizaines de milliers de demandeurs d’asile qui entrent au pays chaque année, dont 40000 en 2022 au chemin Roxham, en plus des illégaux qui franchissent la frontière à pied sans jamais être comptabilisés. Sans compter les entrées frauduleuses avec les faux mariages et les fraudes d’identités de passeports qui sont plus nombreuses qu’on pourrait le croire.
En somme, pour les quatre premiers mois de 2025, le Canada a accueilli 817 000 nouveaux immigrants. Ce qui veut dire qu’il accueillerait 3 268 000 immigrants cette année, du jamais vu pour un pays de 40 millions d’habitants! Par exemple, au Québec uniquement, le solde migratoire international était de 150 000 en 2022, 200 300 en 2023 et 158 400 en 2024.
En fait, il s’agit d’être lucide, au Canada, nous assistons en direct au déploiement de l’Initiative du siècle sous nos yeux, quoi qu’en disent les gouvernements, dont l’objectif est l’atteinte d’une population de 100 millions d’habitants, d’ici 2100. Un projet qui aura des conséquences sociales considérables : d’ici la fin du siècle, les Franco-catholiques et les Anglo-protestants, qui ont bâti ce pays, deviendront une minorité.
Les médias de grand chemin n’oseront jamais établir un lien de cause à effet entre la crise des services publics et l’immigration de masse, parce qu’ils craindraient de se faire traiter de raciste par la gauche woke, mais Indocile Média n’a pas peur de nommer le réel. Par exemple, lorsque La Presse écrit un article sur la pression à la hausse des prix de l’immobilier à Montréal, mais ne discute pas de la cause principale de la croissance de la demande, soit l’immigration de masse.
Ce n’est pas compliqué, la société est un écosystème, si l’on en change les composantes, cela va affecter l’ensemble de l’œuvre. Ainsi, une augmentation draconienne de la population sur une courte période engendre une pression sur tous les aspects de l’écosystème : services à la population (garderie, école, hôpitaux,), adaptation culturelle, accès au logement, marché du travail, etc.
Sécurité
Le plus troublant avec cet enjeu est l’aspect sécuritaire. Une donnée de base de la sociologie démontre que plus une population est vieillissante, moins elle est criminogène. Les sociétés occidentales sont justement vieillissantes. Par exemple, l’Institut de la statistique du Québec a récemment révélé que l’accroissement naturel au Québec s’est établi à -1 400 personnes en 2024. Cela signifie qu’il y a eu plus de décès que de naissance.
À l’inverse, lorsqu’une population est plus jeune, notamment avec des hommes entre 15 et 30 ans, cela constitue un facteur d’accroissement de la criminalité. En fait, la variable démographique « est ce qui influe le plus sur le niveau de criminalité au sein d’une société ». Ceci dit, selon le bilan démographique du Québec 2025, la plus forte catégorie d’immigrants que l’on reçoit en masse selon l’âge, c’est celle des 20 à 34 ans.
La question qui se pose maintenant consiste à savoir si la criminalité a augmenté. La réponse à cette question est positive, du moins pour la ville de Montréal, où tous les indicateurs de la criminalité sont à la hausse, hormis les violences par arme à feu. Évidemment Indocile Média postule que la déferlante migratoire qui s’est abattue sur le Québec n’est pas étrangère à ce constat.
Et du côté de l’Europe, qui a 10 ans d’avance sur le Canada en matière d’immigration de masse, les incarcérations ont augmenté de 3,2% en 2023. Juste à titre informatif, en 2021, les étrangers représentaient 25% des détenus en France, 32% en Italie, 26% en Allemagne, 60% en Grèce, 44% en Belgique, 29% en Espagne et 15% au Portugal.
En somme, les pays occidentaux font face à des dépenses publiques et des politiques monétaires expansionnistes qui créent une inflation galopante, rendant le coût de la vie de plus en plus inaccessible. Pendant ce temps, tous expérimentent des politiques de frontières ouvertes avec des flux migratoires qui pèsent lourd sur l’écosystème social, engendrant une crise des services publics, du moins au Canada et au Québec. Ces flux migratoires en provenance du tiers monde rajeunissent les populations, mais influencent la criminalité à la hausse.
Nous sommes témoins d’un bouleversement social comparable à celui du 19e siècle, où les liens sociaux se sont effrités, comme l’a décrit Karl Polanyi dans son livre « La Grande Transformation ».
Dans cet Occident où il ne fait plus bon vivre, le nouveau cycle de transformation ne fait que commencer. Attendez-vous à des années de turbulence.











