Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a accusé l’ancien premier ministre, Justin Trudeau, d’avoir « probablement enfreint » le Code criminel dans les affaires SNC-Lavalin et l’Aga Khan, lors de son passage au podcast de Northern Perspective, ainsi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’avoir « couvert » ses agissements. Le commentariat médiatique de gauche le lui a reproché, mais il y a certainement un fondement à ses allégations.
Pierre Poilievre n’est pas le seul à affirmer la possibilité que l’ex-premier ministre du Canada ait posé des gestes criminels lorsqu’il était à la tête du pays. Il y a une semaine environ, Indocile Média a rapporté le témoignage du journaliste Sam Cooper devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, qui a eu lieu le 7 octobre.
Son témoignage est une véritable bombe! Il dévoile des préoccupations quant à la corruption du gouvernement libéral, de la GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).
On y apprend que Justin Trudeau a été vu en compagnie de hauts placés du crime organisé chinois de la Colombie-Britannique, lors d’une opération de surveillance.
On y apprend aussi que le Département d’État américain (State Department) et l’Administration de la lutte contre la drogue (Drug Enforcement Administration) sont inquiets que des ministres du gouvernement canadien ou des hauts fonctionnaires n’interviennent pour bloquer des enquêtes.
On y apprend que l’ancien chef du renseignement de la GRC, Cameron Ortis, qui purge à l’heure actuelle une peine de 14 ans de prison pour avoir vendu des renseignements des « Five eyes » à des organisations criminelles, avait mentionné que d’autres suspects de haut rang étaient compromis dans les forces de l’ordre. Ortis a été condamné en 2024, mais, depuis lors, il n’y a pas eu d’autres arrestations.
Comme le souligne Sam Cooper, on peine à saisir pleinement la gravité de tout ça, qui dit-il, a résulté en une perte de confiance avec nos alliés des « Five eyes » et à la « quasi-rupture avec Washington », ce qui serait « lié aux tarifs [commerciaux] que nous subissons maintenant ».
Mais lorsque le chef du Parti conservateur effleure ce genre de problèmes, nos bons médias de masse s’insurgent.
La GRC : des enquêtes à géométrie variable
Indocile Média collabore avec des lanceurs d’alerte de manière ponctuelle. Certains souhaitent conserver l’anonymat, d’autres avancent à visage découvert, ce qui est le cas de Luc Sabourin, un ancien agent subalterne de l’ASFC. Sa fonction était de travailler avec une base de données internationales des alliés du Canada, pour signaler les passeports frauduleux, volés ou illégitimes à tous les ports d’entrées permettant d’accéder au territoire canadien.
M. Sabourin a été un lanceur d’alerte à l’interne, dont le cheminement a mené le Bloc Québécois à déposer le projet de loi C-290 sur la protection des lanceurs d’alerte, mais il est tombé en désuétude avec le changement de législature.
Or, Luc Sabourin a constaté plusieurs infractions criminelles au fil des années dans l’exercice de ses fonctions, notamment la destruction de plus de 300 passeports confisqués, dont certains appartenaient certainement à des membres du crime organisé. Cela est formellement illégal. Lorsque l’ASFC veut disposer d’un passeport qu’elle a saisi, elle doit le retourner à l’ambassade du pays de son ressortissant.
L’ex-agent subalterne de l’ASFC a surmonté un véritable parcours du combattant, allant de l’intimidation de la part des hauts gestionnaires de l’agence jusqu’aux menaces de mort par des organisations criminelles. Personne ou presque ne lui a tendu la main, alors qu’à toutes les étapes, il a tenté de dénoncer ces gestes criminels.
C’est notamment le cas de la Division de la sécurité nationale de la GRC, à qui il a fourni des preuves pour qu’une enquête criminelle soit effectuée sur la destruction des passeports. La GRC lui a envoyé une lettre avec fins de non-recevoir, stipulant que ce n’était pas son rôle d’enquêter ce genre de chose.
Si la GRC refuse d’enquêter sur les crimes allégués qui portent atteinte à la sécurité nationale, qui va le faire ? Il va de soi que d’affirmer que la GRC choisit scrupuleusement ses enquêtes est un euphémisme.
Il faudrait peut-être considérer que les propos de Pierre Poilievre soient vrais, et que la GRC fait parfois un travail « méprisable » (despicable) et qu’en son sein, il y a des éléments corrompus.











