Le Parti Québécois a décidé de reporter le référendum sur la souveraineté du Québec après le passage du 47e président américain à la Maison-Blanche, ce qui est une très bonne chose, mais pas pour la raison invoquée par la formation politique.
Très peu de gens ont une conception réaliste de la politique. C’est le point de vue défendu par Indocile Média : le conflit structure la vie politique et oblige à distinguer les amis des ennemis ; le pouvoir, qui s’établit dans les rapports de force, est une réalité première ; le politique est indépendant de la morale et il est motivé par la raison d’État plutôt que par la vertu ; la sécurité et l’ordre occupent un rôle de premier plan.
Sur la base de ces concepts, il est facile de comprendre pourquoi repousser la tenue d’un référendum est une excellente nouvelle pour la nation québécoise. Un troisième référendum sur la souveraineté du Québec n’est pas gagnable, puisqu’il y a trop d’immigrants qui voteront non et, malgré le fait que l’électorat du Parti libéral du Québec ne soit composé qu’à 25 % de Canadien français, les fédéralistes de souche sont nombreux dans tous les partis.
Se lance-t-on dans la bataille que l’on sait perdue d’avance ? Le PQ ressemble à ces preux chevaliers du Moyen Âge qui, se sachant inférieurs en nombre, ne refusaient jamais le combat et sur l’honneur mourraient, ayant accompli leur devoir.
Quel rapport me dira-t-on ? Suivez-moi bien. Paul St-Pierre-Plamondon se rend au studio de QUB radio et lance, sur un air un peu débonnaire avec une voix mièvre, qu’il a « confiance aux Québécois et consulter les Québécois est une chose normale ». Ces paroles sont franchement irresponsables.
Le référendum, ce n’est pas une partie de mini-putt où on se tape dans les mains un après-midi ensoleillé du mois d’août. Ce n’est pas une « chose normale » qu’on traite à légère, comme un bel exercice démocratique. Croire cela est d’une naïveté sans borne.
Le référendum est une tentative de résolution historique d’un conflit de légitimité entre deux États qui se disputent la gouvernance d’un territoire. Ce conflit de légitimité a commencé par une guerre (1756-1763), mais sa poursuite est politique. D’où le renversement de la formule de Clausewitz que j’aime à citer : la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens.
Alors qu’il est clair qu’Ottawa envisage la souveraineté du Québec avec une conception réaliste, la légèreté du Parti Québécois sur la question référendaire est préoccupante.
Pourquoi ? Parce que lorsqu’on perd une guerre, on doit céder du territoire. Le Québec a perdu deux référendums. Le premier a mené à la constitution de 1982 sans la signature du Québec et le second à la Loi sur la clarté référendaire, histoire de bien verrouiller le processus de sécession d’une province.
Comment Ottawa répliquera-t-il à une troisième défaite référendaire ? En s’assurant qu’il n’y ait plus jamais d’autres référendums. Et je vous laisse imaginer comment il s’y prendra. Son ingénierie sociale a déjà débuté, le changement de peuple est entamé avec l’immigration massive.
Donc, ne pas tenir un référendum permet évidemment de ne pas s’exposer aux conséquences de la défaite. Du moins, ne pas en accélérer les effets.
Le PQ joue la carte de l’étapisme, mais il peut encore changer son fusil d’épaule et mettre en œuvre l’indépendance incrémentale.
Trump, cet épouvantail
Le chef du PQ a admis que le référendum ne se fera pas tant que le président Trump est au pouvoir aux États-Unis. Les péquistes ne sont pas fous à temps plein, comme on dit.
Même si cette décision pose problème à plusieurs égards, désamorcer la carte trumpienne pour la campagne électorale est une riposte de moins aux adversaires du PQ. C’était nécessaire, puisqu’apparemment, gagner des élections au Canada en faisant peur à la population fonctionne très bien. C’est tout ce qu’a eu à faire Carney pour se saisir de l’État canadien.
Alors, agiter l’épouvantail de Trump pour combler la vacuité d’un programme électoral déficient ou un bilan de huit années de gouvernance catastrophique aurait été plus que tentant à la CAQ, surtout que son vote est essentiellement composé de boomers.
Quel est le rapport avec la composition du vote ? Les boomers et les vieux X (60 ans et plus) sont les dernières générations qui regardent la télé, lisent les journaux et qui écoutent la radio, bref qui consultent les médias traditionnels.
Et les médias traditionnels dépeignent le président américain comme un être ignoble depuis dix ans, conditionnant leur auditoire à le détester. Donc, un parti politique qui calibre bien son message et qui transpose cette détestation par une énergie mobilisatrice en s’imposant comme un rempart au président américain aura toutes les chances de l’emporter. Repousser le référendum était un geste stratégique, tout à fait cohérent pour éviter l’hystérisation du débat.
On aurait envie de dire, à la suite de Duplessis : « peuple de caves ». Mais la faute revient essentiellement aux médias de masse. Comment voulez-vous prendre des décisions éclairées sur la réalité, si l’information sur laquelle vous vous basez est erronée, fausse, biaisée ou qu’elle est issue des agences de presse globalistes qui mènent une propagande anti-Trump depuis une décennie ?
Par exemple, Indocile Média a produit une série de quatre articles sur les documents déclassifiés de la Maison-Blanche le soir de l’adresse à la nation du président Trump. Cinquante‑huit documents des agences de renseignement (CIA, FBI, NSA, CNI) montrent qu’il y a eu de l’influence étrangère lors des élections américaines de 2020, ainsi que de la fraude électorale.
Les médias de masse vous ont parlé de ça ? Oui, uniquement pour discréditer le président avec un expert de plateau qui, le soir même ou le lendemain, sans avoir lu les 58 documents déclassifiés, vous a dit que c’était de la bullshit. Peut-être faudrait-il mettre en pleine face à ces soi-disant experts qu’un document de la CIA atteste que des journalistes des grands médias américains ont été payés par la Chine pour écrire des histoires négatives sur Trump. Ou que la liste électorale au Michigan a été manipulée par l’organisation Get out the vote. Mais non, car ça n’entre pas dans la projection de la réalité du monde que les médias de masse tentent de façonner.
Ainsi, Trump en lui-même n’est pas le problème, mais plutôt l’instrumentalisation de la peur de Trump par les médias.
Cela étant dit, le report du référendum est un geste pragmatique qui s’inscrit dans une lignée réaliste de la politique, mais il faut pousser la logique jusqu’au bout et ne pas le tenir, afin d’éviter de conduire la nation à l’abattoir.
Il faut aussi changer la perspective méta politique en cessant de financer les médias de masse avec d’énormes crédits d’impôt. Le PQ peut utiliser ce levier, une fois aux commandes de l’État.
Si cette formation politique est sérieuse, elle devra se rapprocher de l’administration Trump comme l’ont fait les indépendantistes albertains. La Maison-Blanche sous Trump est nationaliste et s’oppose au dessein globaliste imposé aux nations de l’Occident par une caste de banquiers. À bon entendeur, salut !
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Dans le cadre de cet article, Indocile Média avait soumis trois questions au Parti Québécois. Nous déplorons le fait que celui-ci n’ait pas répondu plus de 24h plus tard.











