M

Soutenir notre mission

Soutenir Indocile Média, c’est appuyer un média indépendant engagé à chercher, questionner et préserver une information libre.

Vous pouvez contribuer par un don (monétaire ou en Bitcoin) ou en souscrivant à un abonnement. Votre soutien fait toute la différence. Merci infiniment!

Accueil 5 À la une 5 Projet de loi C-9: une loi conçue pour brimer la liberté d’expression des opposants politiques
Projet de loi C-9: une loi conçue pour brimer la liberté d’expression des opposants politiques

par | 23 Sep 2025

Le ministre de la Justice du Canada a déposé un projet de loi visant à lutter contre la haine, mais cette nouvelle législation révèle une instrumentalisation du droit qui a le potentiel d’attaquer la liberté d’expression et d’emprisonner les dissidents politiques. 

Le projet de loi C-9 qu’a présenté Sean Fraser, le ministre de la Justice du Canada, le 19 septembre dernier, a de quoi inquiéter la population canadienne.  En prétendant lutter contre les discours haineux, qui sont déjà interdits par le Code criminel, il accorde des pouvoirs de répressions juridiques au gouvernement en place pour combattre les opinions politiques divergentes. 

Cette loi est sournoise puisqu’elle procède par associations fallacieuses en mettant de l’avant des énormités pour lesquels tout le monde est en accord, mais en les associant avec des concepts ambigus, dont la subjectivité des définitions ouvre toute grande la porte à condamner plus facilement des citoyens qui, sans quoi, ne feraient que s’exprimer librement. 

Une question de définition

C-9 définit qu’un crime haineux est une infraction «prévue par la présente loi ou toute autre loi fédérale en étant motivé par de la haine fondée sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, la déficience mentale ou physique, l’orientation sexuelle ou l’identité ou l’expression de genre».

Le problème avec ce qui précède c’est la définition que donne le projet de loi du mot haine:  «Sentiment plus fort que le dédain ou l’aversion et comportant de la détestation ou du dénigrement». Voyez-vous comment on procède par association? Le mot « haine » est soudainement devenu « dénigrement ».

Dans l’environnement woke postmoderne qui prévaut aujourd’hui, où des concepts de micro-agressions, de safe-space et de cancel culture font partie du langage quotidien d’une partie de la population, l’association de la haine au dénigrement est une pente glissante. Son acception ne peut s’extirper de celle de l’esprit du temps, lequel est empreint d’intolérance.

Il faut se souvenir que Trudeau avait qualifié les personnes qui ont refusé le vaccin de racistes et de misogynes. Une instrumentalisation du discours à des fins politiques, bien sûr, mais si le gouvernement a gelé les comptes en banque de camionneurs qui klaxonnaient devant le parlement comme s’ils étaient des terroristes, n’allez pas croire que des accusations de  «dénigrement» (qui sont maintenant devenues de la haine) ne seront pas elles aussi instrumentalisées.

Vous critiquez l’immigration de masse au Canada d’une manière un peu trop véhémente, et la théorie du genre sans la moindre concession. Attention! Vous pourriez vous trouver accusé de dénigrement. 

Des peines plus sévères que pour les crimes violents

Les peines associées à ce type de crimes sont absolument ridicules et détonnent complètement avec l’approche soft on crime que les libéraux ont adoptée dans les dernières années. Les sentences varient selon la gravité de l’infraction entre cinq ans, 10 ans, 14 ans ainsi qu’à perpétuité. Or, Indocile Média a déjà démontré que l’approche des libéraux en matière de réforme du droit criminel était un véritable danger pour la société, notamment avec la réduction des peines minimales pour certains crimes violents, ainsi qu’avec les remises en liberté sous caution complètement laxistes. 

Étendu des prérogatives de la loi

Il importe aussi de souligner que l’étendu de cette loi ratisse large pour deux raisons. D’une part, la définition du crime haineux comprend les infractions comprises dans « toute autre loi fédérale », ce qui veut dire que, par association, toute infraction criminelle peut devenir un crime haineux. 

Et d’autre part, dans le sommaire de la loi on abroge «l’exigence de consentement préalable du procureur général aux poursuites pour des infractions de propagande haineuse». Le procureur général du Canada étant le ministre de la Justice, cela signifie que la procédure pour ce type de poursuite est désormais facilitée et ne nécessite plus son approbation. 

Il y a d’autres aspects de la loi qui semblent moins problématiques, comme criminaliser la croix gammée ou les doubles runes de la victoire nazie, ou encore protéger les lieux de cultes. 

Il faut cependant se demander pourquoi au moment où les grandes villes comme Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver connaissent une augmentation significative de la criminalité, au moment où le trafic de fentanyl n’a jamais été aussi important au pays, le Parti libéral du Canada choisit de s’attaquer à la propagande haineuse.

Soyons honnêtes, insidieusement, il vise la liberté d’expression de leurs adversaires politiques.

Vous avez apprécié cet article ? Faites un don pour soutenir la presse libre!

En en argent ou en Bitcoin, quel que soit le moyen choisi, votre soutien est essentiel. Merci du fond du cœur!

Pas encore membre Indocile ?

Soutenez une presse libre et rigoureuse. Abonnez-vous pour accéder à du contenu exclusif et soutenir un journalisme sans compromis!

Ne manquez pas nos publications, rejoignez-nous

Partager l’artIcle et relayez la voix des indociles

Cela pourrait vous intéresser

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

À propos

Julien Garon-Carrier

Fondateur d’Indocile Média

Journaliste et auteur, formé en communication et en science politique, engagé à défendre une information libre et sans compromis.

Catégories

Derniers articles

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

Les manifestations de l’organisation MTL4Palestine seraient-elles des appels au jihad sur le sol du Québec ? C’est ce qu’affirme Mandana Javan, une Québécoise d’origine iranienne qui s’est fait remarquer lors de la saga des prières devant la Basilique Notre-Dame à l’été 2025. En traduisant et en analysant les prières islamistes récitées en arabe dans les rues de Montréal, elle y découvre un vocabulaire de guerre sainte que les autorités québécoises ne décodent pas.

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

La crédibilité de Radio-Canada a été entachée dans le dossier du transgenrisme aux olympiques à la suite d’une plainte de l’organisme Déclaration internationale des droits des femmes (DIDF). Le média d’État a retiré un reportage diffusé au Téléjournal du 26 mars de toutes ses plateformes, en plus de devoir modifier un article de l’Associated Press (AP) qui était trompeur.

Découvrez nos ouvrages & nos abonnements

Derniers articles

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Frontière canado-américaine : comment Ali Mohammed Ali Abdullah a passé entre les mailles du filet sans éveiller le moindre soupçon

Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

MTL4Palestine : quand la prière de rue cache un appel au jihad

Les manifestations de l’organisation MTL4Palestine seraient-elles des appels au jihad sur le sol du Québec ? C’est ce qu’affirme Mandana Javan, une Québécoise d’origine iranienne qui s’est fait remarquer lors de la saga des prières devant la Basilique Notre-Dame à l’été 2025. En traduisant et en analysant les prières islamistes récitées en arabe dans les rues de Montréal, elle y découvre un vocabulaire de guerre sainte que les autorités québécoises ne décodent pas.

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

Radio-Canada retire un reportage truffé d’erreurs sur les athlètes transgenres et modifie un article de l’Associated Press

La crédibilité de Radio-Canada a été entachée dans le dossier du transgenrisme aux olympiques à la suite d’une plainte de l’organisme Déclaration internationale des droits des femmes (DIDF). Le média d’État a retiré un reportage diffusé au Téléjournal du 26 mars de toutes ses plateformes, en plus de devoir modifier un article de l’Associated Press (AP) qui était trompeur.