La dernière entrevue de Stéphan Bureau avec le fondateur de GardaWorld et milliardaire canadien-français, Stéphan Crétier, tranche de manière incisive avec la bien-pensance des médias de masse, alors que plusieurs de ses points de vue abondent dans le même sens que ceux d’Indocile Média, notamment sur les médias, la sécurité, la criminalité, l’immigration de masse et la justice.
Durant l’entrevue, monsieur Crétier a qualifié le magazine The Economist de « vraie farce », affirmant que cette revue était remplie de « cochonneries ». Plus loin dans l’entrevue, il dira qu’il considère qu’entre 30 % et 40 % de ce qu’on lit dans les médias constitue de la désinformation.
Plus informé que la moyenne des ours
Le lecteur se demandera peut-être bien en quoi un propriétaire de compagnie de sécurité est qualifié pour évaluer l’information des médias de masse. Il importe de savoir qu’avec 132 000 employés mondialement, GardaWorld n’est pas qu’une compagnie de sécurité. L’entreprise possède plusieurs volets, dont la production de renseignements (intelligence) par l’entremise de sa filiale Crisis 24.
L’entrepreneur soutient que l’activité de cette filiale est l’équivalent d’une CIA privée qui dessert les grandes fortunes, c’est-à-dire qu’elle sert à colliger, à traiter et à analyser de l’information véritable et à produire des rapports pour ses clients. Vous aurez compris que monsieur Crétier est plus informé sur l’état du monde que la moyenne des ours. Lorsqu’il parle, on écoute.
Frontières et sécurité
Monsieur Crétier ne passe pas par quatre chemins, selon lui, les tarifs qu’imposent les États-Unis au Canada ne s’expliquent pas sur la base d’enjeux commerciaux, mais consistent plutôt à pressuriser le Canada contre sa mauvaise gestion sécuritaire des dix dernières années de gouvernance libérale.
En effet, la frontière canadienne est devenue une véritable passoire, le Canada a accueilli des milices étrangères sur son territoire, le Canada est devenu une plaque tournante pour les activités criminelles transnationales, la GRC a un problème de corruption et d’ex-agents des renseignements canadiens et de la GRC soutiennent que le leadership politique est compromis au fédéral. À ce triste tableau, il faut ajouter la voix du patron de GardaWorld.
Profilage ou le courage de nommer le réel
D’ailleurs, Crisis 24 s’est associée avec Palantir pour produire un logiciel qui fonctionne avec l’intelligence artificielle (IA) pour l’évaluation des risques criminels sur la base d’un aspect prédictif, un peu comme dans le film Minority Report, ou autrement dit, on mise sur la détection et la prévention des menaces.
Or, la prédictibilité des crimes, comme le dit Stéphan Crétier, relève du profilage. Les outils permettent de déterminer de façon très précise où auront lieu les crimes et qui sont les personnes susceptibles de les commettre. On parle de certains quartiers, de certaines communautés.
Par exemple, selon le rapport annuel 2021-2022 du Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada, les personnes noires représentent 9,2 % de la population carcérale canadienne, mais uniquement 3,5 % de la population en général. Ce qui donne un ratio de 2,63 entre leur proportion dans la société civile et la représentation dans les centres fédéraux de détention, soit une surreprésentation relative de 163 %.
Immigration illégale et criminalité
Le fondateur de GardaWorld affirme que le business entourant l’immigration illégale — à savoir le kidnapping et les demandes de rançon — est plus rentable que le trafic de drogue. Il soutient aussi que ce type d’immigration entraîne un haut niveau de criminalité.
Monsieur Crétier prétend à juste titre que cette immigration déstabilise un pays, entre autres choses sur les plans de la société et de l’identité. Il considère même que les déplacements de populations représentent un plus grand danger que les changements climatiques. Ce qui fait écho à ce que le président Trump avait dit devant l’ONU en septembre dernier.
Laxisme judiciaire
Un des moments les plus saisissants de l’entrevue survient lorsque l’actionnaire de contrôle de GardaWorld mentionne qu’il y a environ 100 000 personnes qui font l’objet d’un mandat d’arrestation dans la grande région de Montréal.
Il identifie la cause de ce problème comme étant dû à la loi qui remet les criminels en liberté sous caution trop facilement. Un enjeu qu’Indocile Média a identifié plus tôt cette année, en l’associant à la réforme du Code criminel sous le gouvernement Trudeau, qui a provoqué du laxisme judiciaire et qui a favorisé les criminels récidivistes à récidiver.











