D’importantes saisies de précurseurs chimiques servant à fabriquer des drogues synthétiques, telles que le fentanyl, la MDMA ou le GHB ont été annoncées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) dans les derniers jours, venant renforcer la thèse que le Canada est désormais la terre promise pour les organisations criminelles transnationales.
L’ASFC et la GRC ont annoncé hier avoir intercepté 4300 litres de précurseurs chimiques en provenance de la Chine, au port de la municipalité Delta dans la région métropolitaine de Vancouver. La rafle avait été effectuée à la mi-mai et les produits chimiques devaient être livrés à Calgary.
La saisie consiste en « 3 600 litres de 1,4-butanediol – précurseur du GHB, également connu sous le nom de drogue du viol; 500 L de chlorure de propionyle – un précurseur du fentanyl et 200L de Gamma butyrolactone (GBL) », tel que le stipule le communiqué.
La GRC a aussi annoncé la semaine dernière qu’elle avait démantelé un super laboratoire à Schomberg, une municipalité ontarienne située à une heure de route au nord de Toronto. Cette fois-ci la rafle a eu lieu au début du mois de septembre. Les forces de l’ordre ont saisi pour 10 millions de dollars de précurseurs chimiques.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé à Indocile Média qu’elle a saisi « environ 239 kilogrammes de substances présumées être de la MDMA, du GHB et de la méthamphétamine ». Toutefois, elle attend les résultats des analyses officielles de Santé Canada.
Cette rafle constitue le démantèlement du plus gros laboratoire clandestin de l’histoire du crime en Ontario.
Une plaque tournante pour les organisations criminelles
De telles saisies et le démantèlement d’un laboratoire clandestin de cette envergure signifient d’une part, que ces produits devaient servir à la production industrielle de stupéfiants, et d’autre part, que les organisations criminelles transnationales sont bien implantées au Canada.
C’est le cas des triades chinoises qui s’occupent de l’importation depuis la Chine des produits chimiques servant à la fabrication des drogues de synthèse. Mais aussi des cartels de la drogue du Mexique, qui ont bénéficié de l’exemption de visa pour les ressortissants mexicains sous l’ère Trudeau, entre 2016 et 2024, afin de voyager au Canada.
Comme Indocile Média l’a déjà traité antérieurement, le Canada est devenu une plaque tournante pour les organisations criminelles transnationales, notamment en ce qui a trait à la production de fentanyl. Les triades se sont progressivement installées au Canada depuis les années 1990 et ont infiltré les sphères politiques et les agences de sécurité et de police, ce qui leur permet d’opérer sans difficulté en territoire canadien.
Rappelons simplement que l’ex-chef du renseignement de la GRC, Cameron Ortis, purge une peine d’emprisonnement de 14 ans pour avoir vendu de l’information des ‘‘Five eyes‘‘ à des organisations criminelles transnationales. Pendant son procès, il avait affirmé qu’il y avait d’autres suspects de haut niveau qui étaient corrompus dans les forces de l’ordre, mais il n’y a pas eu d’autres arrestations depuis. Sans compter que le Département d’État américain (State Department) et l’Administration de la lutte contre la drogue (DEA) s’inquiètent du fait que des ministres ou de hauts fonctionnaires fédéraux empêchent des enquêtes sur ces organisations criminelles.
Il faut comprendre que, lorsque le président américain, Donald Trump, mentionne qu’il impose des tarifs au Canada, entre autres choses à cause de la production canadienne de fentanyl qui inonde le marché américain, il dit vrai. Cette mesure de rétorsion économique sert à mettre de la pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il agisse et qu’il mette un terme à ce trafic de stupéfiants transfrontalier. Les opioïdes synthétiques ont causé un peu plus de 70 000 morts par année aux États-Unis, entre 2021 et 2024.
Infrastructure de sécurité lacunaire
Il importe aussi de comprendre que l’ASFC n’a pas les moyens d’effectuer son travail adéquatement. Lors de son passage devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, le président national du syndicat des douanes et de l’immigration, Mark Weber, avait affirmé que l’agence compte plus de bureaucrates que d’agents de terrain, que seulement 1 % des marchandises est fouillé et inspecté, que la direction donne des directives qui empêchent les agents de faire correctement leur métier et que le climat de travail au sein de l’agence est toxique.
Compte tenu de la corruption et de l’impuissance de l’infrastructure de sécurité canadienne, il n’est pas surprenant que les organisations criminelles internationales choisissent le Canada comme base pour la production de drogues, facilitant ainsi leur pénétration aux États-Unis à travers la très poreuse frontière canado-américaine, qui s’étend sur plus de 6000 kilomètres, d’est en ouest.
Le Parti libéral du Canada a dit durant la dernière élection fédérale que le trafic de fentanyl vers les États-Unis ne représentait qu’un pour cent des saisies à la frontière. C’était évidemment un portrait biaisé qui ne reflète pas la réalité.
Nous avons un énorme problème d’organisations criminelles transnationales dans ce pays et la population est très naïve à ce sujet et très peu informée.











