On traite de complotistes ceux qui lisent les intentions du pouvoir. Pourtant, l’histoire leur donne parfois raison. Quand Mark Carney parle lui-même du « nouvel ordre mondial », il faut se demander qui, au juste, décide de ce qu’on a le droit de croire.
Pendant des années, les médias ont qualifié les gens qui croient que le nouvel ordre mondial existe de « complotistes », c’est-à-dire des personnes qu’on voudrait catégoriser comme folles parce qu’elles rapportent des faits et émettent des hypothèses sur les événements présents ou à venir, dans une optique qui n’est pas celle du discours officiel.
La fabrique de la « vérité »
Le discours officiel est lui-même fabriqué non pas à partir de la réalité objective, sans l’exclure nécessairement, mais à partir des positions des gouvernements, des institutions étatiques, des chercheurs universitaires (les experts), des lobbys, des grandes Organisations non-gouvernementales (ONG), des services de renseignement, etc. Vous avez compris le principe, le discours officiel émane d’institutions porteuses du sceau d’une autorité qui consacre la parole vraie, ce que Foucault qualifie de véridiction. Autrement dit, on consacre une existence à la réalité avec ce qui s’instaure comme la parole dominante sur un enjeu donné — devenant dès lors la parole acceptable — au-delà de toute ontologie, comme un filigrane protéiforme qui s’inscrit dans l’épistémè d’une époque, tout en la nourrissant. Vous m’excuserez ce petit aparté philosophique, je remets mon chapeau de journaliste à l’instant.
Ainsi, pendant des années, les médias, qui sont le relai communicationnel de la parole officielle, ont nié tout discours sur le nouvel ordre mondial, le qualifiant justement de complotiste.
Carney et la consécration soudaine du « nouvel ordre mondial »
Tout dernièrement, par contre, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a ouvertement discuté du nouvel ordre mondial lors d’un discours en Irlande. Soudainement, l’expression n’est plus complotiste, puisque les gardiens de la parole officielle lui ont consacré la légitimité d’exister dans l’espace public. L’expression qui était suspecte obtient maintenant le sceau de la normalité.
Les individus qui ont dénoncé le nouvel ordre mondial pendant des années pouvaient bien évoquer des hypothèses de toute sorte sur la volonté des élites de les contrôler : de la 5G en passant par le salaire universel de base, jusqu’à l’implantation d’une puce dans la paume de la main pour payer l’épicerie, ceux-ci ne pouvaient pas procéder à partir d’une information factuelle parfaite. Mais, on pouvait trouver des traces de la réalisation potentielle de ces événements à l’extérieur du discours officiel — non pas sans fondement et parfois même à partir de sources crédibles — mais ignorées par les médias de masse. On peut penser à des journalistes d’enquête indépendants, des chercheurs renégats ou même des élites globalistes qui révèlent littéralement ce qu’elles ont entendu dans des cercles restreints de clubs sélects, où on applique la règle du Chatham house.
Les Twitter Files et le « complexe industriel de la censure »
Un excellent exemple de cela réside dans les Twitter files qui ont notamment été rédigés par Matt Taibbi et Michael Schellenberger, deux journalistes indépendants américains. En somme, ils ont découvert que les réseaux sociaux durant la pandémie de COVID-19 avaient été censurés à la demande des gouvernements, que ces réseaux sociaux avaient collaboré avec le FBI et d’autres agences de renseignement pour censurer l’internet et que les soi-disant fact-checkers avaient, eux aussi, collaboré à ce que Schellenberger a appelé le « complexe industriel de la censure ».
Tirer sur le messager : la mécanique du discrédit
Étant donné que ce type de discours fait concurrence au discours officiel, il a été attaqué par les médias de masse. Les Twitter files ne sont qu’un exemple parmi une tonne d’événements de la sorte. La formule est simple et souvent identique à chaque fois. Lorsqu’un discours s’extrait de la sanction des institutions garantes de la véridiction, il doit nécessairement être discrédité et identifié comme faux, puisqu’il entre en confrontation directe avec la détermination médiatique de la réalité. On catégorisera donc l’agent qui incarne ce discours comme un complotiste, un nazi, on le qualifiera d’extrême droite et on lui réservera la litanie des noms d’oiseaux, parce qu’il doit être décrédibilisé afin que le message qu’il porte le soit aussi. Il s’agit de tirer sur le messager.
L’évitement : ce qu’on tait n’existe pas
Une autre stratégie employée par les médias de masse consiste simplement à ignorer une information ou un élément de nouvelles et à ne pas publier sur le sujet en question. Pourquoi ? Parce que ce dont les médias ne traitent pas n’est pas censé exister officiellement.
Dernièrement, au Québec, on a pu constater deux cas flagrants d’évitement médiatique d’événements majeurs : la mort de Henry Nowack en Angleterre et le rapport sur les gangs de violeurs pakistanais du député anglais Rupert Lowe. Ces deux événements à portée mondiale ont soit été complètement ignorés (le rapport) soit n’ont pas obtenu l’attention médiatique qu’il mérite (Nowack).
Le rapport fait mention de 250 000 jeunes filles et adolescentes violées et torturées durant des décennies, ce qui aurait dû faire les manchettes plusieurs jours, même ici, au Québec. Alors que la mort de Nowack est similaire à celle de George Floyd, les deux ont prononcé « je ne peux pas respirer » et les deux étaient en état d’arrestation. La mort de Floyd cadrait avec le récit antiraciste woke parce qu’il était noir, alors que Nowack qui était blanc, n’a pas eu le dixième de la couverture médiatique historique de Floyd, qui se chiffre en millions d’articles avec les années. Et l’assassin de Nowack lui a bel et bien été condamné pour son meurtre, mais par antiracisme la police a préféré croire le bourreau plutôt que la victime lors de l’arrestation.
Les signes avant-coureurs
Repérer les tendances liberticides, les politiques globalistes ou les événements « complotistes » s’effectue à la fois dans la sphère de l’officiel et de l’officieux.
Par exemple, on peut à juste titre croire qu’il se dessine au Canada une infrastructure du contrôle de l’internet pour déterminer la parole idéologiquement permise et celle qui doit être rejetée. Le Parti libéral du Canada (PLC) instrumentalise les lois pour étendre sa mainmise sur le pouvoir en le centralisant davantage, notamment avec des lois comme C-22, C-8, C-9 et désormais aussi C-34. Les médias de masse vous les vendront comme une nécessité pour la sécurité de nos enfants, pour contrer les discours haineux ou encore pour accorder plus de pouvoir aux policiers pour faire des enquêtes (en ayant la possibilité d’espionner tout le monde, soit dit en passant).
Donc, le repérage des effets normatifs sur la réalité a été effectué par des éléments officiels du discours : les lois. Et, leur divergence d’interprétation avec les médias de masse s’effectue à partir des éléments officieux du discours. Par exemple, fournir une pièce d’identité pour accéder aux réseaux sociaux (prévu à C-34) ressemble étrangement à l’identité numérique, chose pour laquelle les « complotistes » mettent en garde la société depuis des années. On nous dira que c’est pour protéger les enfants, lorsqu’en fait, les États et leurs agences pourront suivre vos moindre faits et gestes en ligne avec ce dispositif.
Tout comme la loi C-22, qui permet d’espionner tout le monde au Canada, selon certaines dispositions — parfois vastes et parfois précises. Les médias vous diront que c’est pour aider les policiers à faire leur travail, ce qui est faux. Ils possèdent déjà les outils nécessaires et les agences de renseignement des autres pays les aident.
C-22 et le prétexte sécuritaire
Par exemple, selon le journaliste indépendant, Sam Cooper, qui se spécialise dans la corruption de l’État canadien et le narco-trafic, la GRC avait été avertie par le Drug Enforcement Administration (DEA) américaine que des quantités stratosphériques de drogue et de précurseurs chimiques se trouvaient au super laboratoire de Falkland en Colombie-Britannique, en 2022. On parle de 54 kilos de fentanyl, 390 kilos de méthamphétamines, 35 kilos de cocaïne, 15 kilos de MDMA et des précurseurs chimiques du fentanyl pouvant produire 95 millions de doses mortelles. C’est assez de drogue pour tuer plus de deux fois la population canadienne en entier! Le tout avait été estimé à une valeur de 500 millions de dollars. Qu’a fait la GRC ? Elle a refusé l’enquête conjointe avec la DEA et elle a attendu deux ans avant de saisir le laboratoire, en 2024.
Est-ce que les médias — les hauts tenants du discours officiel — vous ont informé de ça ? Bien sûr que non. Mais apparemment, selon le PLC, les policiers doivent pouvoir espionner tout le monde pour contrer le crime. Cordonnier mal chaussé, pourrions-nous dire.
Ortis, les triades et la crédibilité de l’État
Saviez-vous que l’ex-chef du renseignement de la GRC, Cameron Ortis, a été condamné à 14 ans de pénitencier pour avoir vendu des informations secrètes des Fives eyes à des organisations criminelles transnationales ? Saviez-vous que Justin Trudeau a rencontré un kingpin des triades chinoises de la Colombie-Britannique (un vrai boss qui était accompagné d’un vétéran de l’armée chinoise) dans une salle de réunion d’un hôtel de Richmond, alors qu’il était premier ministre, lors de son premier mandat ? Le boss en question, Paul King Jin, était sous filature de la GRC au moment de la rencontre avec le PM.
Donc, le prétexte de la sécurité est faux. Les policiers ont déjà tous les outils nécessaires et nous sommes bien plus devant un gouvernement fédéral centralisateur qui est en train d’établir une société de contrôle et de surveillance totale.
Pourtant, les médias nous disent l’inverse et préparent le terrain aux représailles du fédéral contre les réseaux sociaux qui ne voudraient pas se conformer à C-22, à savoir Signal et Telegram. Encore une fois, on utilise le prétexte de la lutte contre le crime et le prétexte de la sécurité pour faire avancer un agenda liberticide qui contrevient au respect de la vie privée.
Les « villes 15 minutes » : écologie urbaine ou contrôle?
Autre exemple, les « villes 15 minutes » ont été décrites par les sphères « complotistes » comme étant une manière de contrôler et restreindre la circulation des individus sur le territoire. Le concept de ces villes a plusieurs ramifications, mais il est aujourd’hui vendu par les médias de masse comme étant l’apanage de l’écologisme urbain.
Or, ces villes existent en Chine et les habitants qui veulent y entrer et en sortir doivent scanner leur téléphone portable et parfois l’accès leur est refusé. Vous comprendrez que ce qui vient d’être expliqué a rarement été traité dans la sphère de l’officiel, mais a tout de même été repéré par ceux qui consultent la sphère des discours officieux, comme les médias alternatifs, par exemple. Et bien dernièrement, dans un article du journal Le Soleil, un expert d’une firme d’architecture de Québec s’est prononcé en faveur des villes 15 minutes. Ça fait sourciller, c’est évident.
Les médias de masse sont autant des vecteurs informatifs crédibles que les agents qui préparent l’opinion publique à accepter les changements sociétaux. Loin du quatrième pouvoir qu’ils prétendent incarner, puisqu’ils vivent désormais au crochet des États, on doit garder une suspicion constante à leur égard.











