Le poste frontalier de Saint-Zacharie est un point de contrôle où circule presqu’uniquement des poids lourds.
Quatre ressortissants britanniques ont été interceptés alors qu’ils pénétraient illégalement aux États-Unis en passant par le Québec, le 3 avril dernier. Ibrahim Ayyub Khan, Mohammed Sultan Saleh, Ali Mohammed Ali Abdullah et Hameed Mohammed Nagi ont été repérés alors qu’ils prétendaient faire de la randonnée dans un coin perdu du Maine.
Les quatre individus ont éveillé les soupçons de deux travailleurs acéricoles qui se rendaient au Québec par le Golden Road, un chemin forestier privé, alors que les suspects se dirigeaient vers le sud, aux alentours de 9h15. Ils ont alerté le Service des douanes et de la protection frontalière américaine (U.S. Customs and Border Protection) du poste de Saint-Zacharie, dans la MRC des Etchemins.
Moins d’une heure plus tard, les deux hommes reviennent du côté américain avec un nouveau renseignement : une voiture en panne attend les hommes à environ 15 kilomètres de là et son conducteur demande de l’essence aux passants.
Un agent de la Patrouille frontalière et un agent du Service des douanes ont été intercepter les migrants clandestins à bord d’un véhicule de patrouille balisé. Ils les ont trouvés environ cinq kilomètres plus loin d’où ils avaient été aperçus par les travailleurs acéricoles. Ceux-ci tentaient de se cacher dans la forêt aux abords du chemin lorsqu’ils ont été appréhendés.
Interrogés au poste frontalier de Jackman, les suspects ont affirmé qu’ils faisaient de la randonnée en forêt et qu’ils s’étaient égarés. Or, les agents ont saisi une caméra Gopro sur laquelle les individus mentionnent explicitement qu’ils sont rendus aux États-Unis. Autre fait préoccupant, le conducteur a mis une main sous le siège avant de sortir du véhicule lorsqu’il a été arrêté. Les agents ont découvert une arme de poing chargée, de type 9mm, à cet endroit. Plus accablant encore, l’examen forensique du téléphone du conducteur révèle des messages textes sur les heures d’arrivée et la logistique.
Visiblement, c’est à un réseau de passeurs dont nous avons affaire ici. Sans compter qu’en mars 2025 la prolongation du visa temporaire d’Ali Mohammed Ali Abdullah a été refusée par les autorités américaines. Or, le type débarque de l’avion le 1er avril 2026, et le 3 avril il tente d’entrer subrepticement aux USA.
La frontière comme une passoire
Cette fois-ci les malfrats ont été arrêtés et devront faire face à la justice. Ils ont été inculpés pour entrée sans inspection sur le sol américain et ont tous plaidé non coupable.
Mais comme Indocile Média le répète depuis près d’un an maintenant, la frontière canado-américaine est une véritable passoire et sa surveillance est complètement lacunaire.
Plusieurs articles que nous avons faits avec le lanceur d’alerte de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Luc Sabourin, vont en ce sens. Comment se fait-il que Ali Mohammed Ali Abdullah soit arrivé au Canada sans être détecté, alors que visiblement son intention était d’entrer illégalement aux USA ? C’est parce que le filtrage de sécurité pour pénétrer en sol canadien est mauvais. Un système de sécurité sérieux aurait probablement pu déceler les intentions de cet individu, mais gageons qu’il n’a probablement même pas été interrogé à la douane. Pourquoi ?
Peut-être parce que la diminution du personnel de l’ASFC a engendré une diminution des fouilles et des interrogatoires, comme l’a expliqué le président national du syndicat des douanes et de l’immigration, Mark Weber, en comité parlementaire. Peut-être aussi que de mettre des bornes électroniques d’auto-déclaration ce n’est pas la meilleure idée pour empêcher quelqu’un de mal intentionné de rentrer au pays ?! Peut-être aussi parce qu’il y a de la corruption au sein de l’appareil d’État fédéral jusque dans les plus hautes sphères, soit les hauts fonctionnaires qui répondent directement du ministre ? Comme Luc Sabourin le dit lui-même : « aujourd’hui, je peux dire que l’Agence des services frontaliers du Canada n’a plus aucune intégrité ni aucune imputabilité ».
La GRC a beau faire voler un hélicoptère au-dessus de la tête de Rebel News lorsque ses journalistes vont mettre des caméras de chasse pour filmer des Haïtiens qui traversent entre l’État de New York et le Québec, personne n’est dupe, c’est du show off.
En vérité, la non-protection des frontières participe du sabordage programmé de l’écosystème migratoire du Canada, dont on repère les traces dans quelques rapports ici et là.
Le Canada s’est engagé à verser plus de 25 milliards de dollars à l’Ukraine, alors qu’à domicile il n’arrive pas à surveiller et à protéger sa propre frontière. Rien n’est laissé au hasard en politique. Tout est question de volonté. C’est un choix.
* Ce texte a été rédigé en partie avec les informations de la publication substack The Robinson Report et du National Post.











